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Affaire Rémi et la FAIB : au delà de l’émotion, voici ce que le ministre a dit

L’ affaire a fait tache d’huile, dans un contexte assez délicat sur un sujet sensible. Tout est parti du 13 mai 2020, quand le ministre de la communication Rémi Fulgence Dandjinou faisait le point du conseil des ministres. Lors de la traditionnelle séance de questions réponses, le porte parole du gouvernement s’acquittera de son devoir en tentant d’éviter les écueils. Le lendemain, la communauté musulmane demande des excuses publiques de la part du ministre, sur la base de propos attribués au ministre, publiés sur les réseaux sociaux. Sauf que ces propos n’ont pas été dits tel que rapportés.

<< Si on a un nouveau cas de contamination dans une mosquée, les acteurs tireront l’entière responsabilité. La question religieuse est très sensible mais, les acteurs doivent jouer leur rôle dans le respect des mesures sanitaires >>. C’est cette phrase la base du problème.

Des  faîtières mulsulmanes comme la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso (CJMB) et la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) ont pensé à juste titre que de tels propos stigmatisent cette communauté religieuse.

Le ministre aurait dû dire, « les lieux de culte » au lieu des « mosquées ». Pensent certains. Mais pour d’autres, l’autre partie de la phrase : <<la question religieuse est très sensible mais, les acteurs doivent jouer leur rôle dans le respect des mesures sanitaires>>, contenues dans les propos du ministre indique bien qu’il fait cas de tous les autres confessions religieuses.

Quoi qu’il en soit, le Ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement M. Remis Fulgance DANDJINOU s’est rendu à la FAIB s’expliquer et s’excuser de ses propos qui divisent plus d’un. Il a regretté l’usage de ses propos sortis de leur contexte.

Et il y a bien eu sortie de contexte

Rémi Dandjinou répondait à la préoccupation du journaliste Karim Zango, sur les mesures restrictives contre le covid19 qui « ne sont pas respectées » dans les lieux publics et les « mosquées ». Ce dernier demandait aussi si ce non-respect était une « défiance de l’autorité de l’Etat » et quelles actions celui-ci entreprendrait.

« Nous avons allégé des mesures, nous avons permis à la vie de reprendre un tant soit peu. C’est un pari collectif. Il nous faut nous assurer que ce pari collectif ne va pas entraîner une résurgence de la contamination et donc une résurgence de maladie. (…) Il faut que les gens comprennent. Pour ce qui est des marchés, chacun de nous doit s’assumer. Les associations faîtières ont pris des engagements pour la réouverture de ces marchés.  Elles les prennent face à la population,  face à l’opinion publique. Elles les prennent aussi face à une question de santé publique. Et si jamais nous avons par exemple un nouveau cas de contamination dans une mosquée et que ça décède.  Elles en porteront la responsabilité. Pour autant le ministre en charge des cultes, comme à chaque conseil des ministres a été interpellé par le président du Faso, pour qu’il parle avec les faitières. Le changement peut s’apporter de deux façons, soit par une adhésion des personnes et c’est lui qui est productif, soit par une volonté de l’imposer et la majeure partie du temps ça échoue. Donc il faut que les acteurs intègrent cette nécessité-là ». C’est ce qu’avait dans un premier temps répondu le porte-parole du gouvernement. (14mn40s – 16mn20s, vidéo live de Infos Science Culture le 13 mai 2020 à 16h).

Plus tard, à la 18ème mn, en répondant à la même question, et en faisant le lien avec les nouvelles vagues de contamination qu’a connu Séoul (korée du Sud) lors de la réouverture des bars et boites de nuit, Rémi Dandjinou indiquait :  » Les mosquées c’est pareille, La question religieuse est une question sensible. Mais il faut que les acteurs comprennent que c’est parce que nous sommes en vie que nous avons ces capacités de discuter. (…) Le premier ministre a été claire, si jamais la levée des restrictions devait être mise à mal par nos attitudes on allait retourner à un confinement. C’est clair et c’est net. Si les commerçants trouvent aujourd’hui qu’il est de bon ton d’aller au marché et qu’ils ne veulent pas respecter les barrières. Si le marché devient un foyer de la contamination nous seront obligés de refermer les marchés. (…) Ce n’est pas tant la capacité à soigner le problème mais la capacité de nos structures à prendre en charge effectivement les malades ».

En clair, la FAIB s’est basée sur une version peu fidèle des propos du ministre ce jour. Certains estiment que Rémi Dandjinou aurait dû laisser l’eau couler sous le pont, d’autres non. Mais bon… Rémi s’est finalement excusé auprès de qui de droit.

Nafisiatou Vebama

Ange L. Jordan MEDA

Infowakat.net

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