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Enfant sans acte de naissance : Bientôt la fin du calvaire

Le Burkina Faso, à travers l’innovation ICIVIL co-inventée par Adama Sawadogo (Burkinabè) et Francis BOURRIERES (Français), entend permettre à chaque enfant de disposer d’un extrait de naissance dès sa naissance. ICIVIL est une solution technologique qui vise à construire un registre numérique centralisé d’Etat grâce à l’apport des nouvelles technologies. Depuis la naissance numérique d’une personne jusqu’à sa mort numérique, tous les faits d’état civil (naissance, mariage, divorce, décès, etc.) seront tracés. Cette innovation qui a été testée depuis aout 2015 dans une dizaine de maternités dont celle de SCHIPHRA, a permis d’enregistrer plus de 3170 actes de naissance.

Désormais les burkinabè gagneront plus en temps et en argent en voulant offrir des actes de naissance à leurs enfants. Dès la naissance, à travers l’innovation ICIVIL, tout enfant est  désormai prédisposé à obtenir un extrait d’acte de naissance parce que son enregistrement dans le registre numérique centralisé d’Etat-civil se fera de façon instantanée.

Adama Sawadogo, co-inventeur de l’application ICIVIL

Adama Sawadogo, co-inventeur de l’application ICIVIL, explique comment l’idée lui est venue de trouver une solution pour que plus jamais un enfant ne manque d’extrait de naissance au Burkina Faso. « Ceci est venu à la suite d’un constat sur le terrain, où j’ai eu en 2010, à construire une école dans le village de ma mère, où l’occasion m’a permis de constater que sur la centaine d’enfants venus pour s’inscrire, il n’y avait seulement que quatre ou cinq qui avaient l’acte de naissance. Immédiatement je me suis dit que si l’Etat n’a pas construit une école ici, c’est peut-être que l’Etat n’avait pas connaissance de l’existence d’autant d’enfants à cet endroit », a-t-il expliqué.

                                                   L’union fait la force

 Ainsi, trois ans et demi de recherches et de développement plus tard, ils ont pu, le Français Francis BOURRIERES (co-inventeur de icivil) et lui, mettre en place une « solution unique au monde » qui pourra aider les Etats africains à bâtir des registres d’Etat civile « dynamiques, exhaustifs et de façon pérenne ».

Adama Sawadogo, explique le processus d’enregistrement des naissance à travers la solution ICIVIL

De façon pratique, un « code à bulles unique et impossible à copier » est intégré sur le bracelet qui sera porté à l’enfant à sa naissance. La sage-femme ou toute autre personne habilitée flashe le bracelet avec son Smartphone. Un formulaire à remplir est automatiquement généré (nom de l’enfant, sexe, biographie des parents, etc.).

Les données sont ensuite envoyées par SMS crypté au serveur du centre national d’état civil qui vérifie l’existence et la non utilisation du bracelet. Ensuite, un officier civil pourra procéder à l’enregistrement lors de la présentation du bracelet à bulles avec le complément d’informations nécessaires. Un acte de naissance peut ensuite être délivré sur présentation du bracelet, le même jour, ou plusieurs années plus tard, et ce, dans n’importe quel centre d’état civil du pays.

Pour garantir la sécurité dans cette innovation, les inventeurs de cette solution ont autorisé des Smartphones dans l’enregistrement des naissances. Aucun autre téléphone ne peut accéder aux données d’enregistrement. « Si on autorise au Burkina 4000 téléphones, tous les téléphones sont connus. Le jour qu’un téléphone disparait (…) on le désactive, même si c’était un téléphone qui était connu, si quelqu’un l’a emporté, on va le désactiver pour qu’il ne puisse pas faire de la déclaration de naissance », a expliqué M. Sawadogo, avant de préciser que le Burkina Faso, premier à posséder cette application en Afrique, est en contact avec plusieurs pays de la sous-région jusqu’en Afrique de l’Est, et même au-delà du continent africain pour voir dans quelles mesures l’ensemble de cette dynamique sera accompagnée pour que « tous les enfants africains puissent aujourd’hui avoir un état civil, exister et que tous les adultes puissent être régularisés pour que l’on ait une connaissance des populations afin de pouvoir apporter du soutien à leurs différents besoins pour leur développement ».

Maxime Bouda, Directeur général de la modernisation de l’Etat civil (DGMEC) du Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation (MATD) a salué cette initiative qui permettra à chaque enfant d’avoir un extrait de naissance au Burkina Faso. Il a exprimé le soutien du gouvernement pour cette solution intégrée d’enregistrement des naissances par SMS. « On va poursuivre cette concertation avec M.

Maxime Bouda, Directeur général de la modernisation de l’Etat civil (DGMEC) du MATD

Sawadogo pour voir comment l’Etat pourrait dans ce contexte, avec l’appui des partenaires, permettre à tous les Burkinabè d’être déclarés à la naissance. C’est un droit universel et nous devons aller vers cela », a soutenu Maxime Bouda, qui ajoute que l’Etat verra dans quelle mesure accompagner les inventeurs de cette solution intégrée pour qu’elle soit mise au bénéfice du développement du Burkina Faso.

Dans le même sens, Ioli KIMYACI, représentante du Haut-Commissariat pour les Réfugiés (UNHCR) a, elle aussi, salué cette initiative, qui sans nul doute, contribuera à lutter contre l’apatridie, étant donné qu’en Afrique de l’Ouest, l’on dénombre « au moins 1 million de personnes » qui sont sans actes de naissance et qui sont souvent confrontées au phénomène de manque de papier dans leurs différents pays.

Armand Kinda

Infowakat.net

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1 commentaire

Ibrahim OUEDRAOGO 18 août 2018 at 11 h 46 min

vivement que les autorités s’approprient cette belle initiative. Salut aux innovateurs. Vous êtes formidables
Merci infowakat. net

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