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Burkina Covid 19 : Le coronavirus est pris très au sérieux à la MACO

Le coronavirus continu de se propager au Burkina Faso. A ce jour nous sommes à 152 cas. Les différentes structures et services mettent tous les moyens en œuvrent pour arrêter cette propagation. La Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou n’est pas en reste. Infowakat.net a reçu le docteur Karim Traoré, directeur de la santé de l’action sociale au niveau de la direction générale de l’administration pénitentiaire pour s’imprégner des mesures prises afin d’empêcher l’entrée du virus au sein de la MACO. 

Combien de détenus compte la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou ?

Au niveau de la MACO, nous estimons approximativement à 1600 l’effectif des détenus.

Quelles sont les mesures pour contrer l’entrée de la maladie à la MACO ?

Après les premiers cas le 09 mars 2020, nous avons réfléchit, très rapidement, à l’interne pour essayer de proposer un dispositif qui pourra permettre d’empêcher l’entrée du coronavirus dans les prisons de façon globale.

Il s’agit essentiellement de renforcer les mesures barrières. C’est de faire en sorte qu’à travers ce dispositif nous puissions avoir des informations claires sur les personnes qui viennent en visite, notamment la notion de comptage avec des cas suspects ou confirmés de la maladie, la notion de voyage dans un pays à forte épidémie, la prise de la température qui était systématique dès l’entrée et aussi le lavage des mains à l’eau et au savon avant d’avoir accès aux prisons.

C’est ce dispositif qui a été installé dans chaque maison d’arrêt et une note est envoyée à l’ensemble des directeurs pour mettre en place ce dispositif afin de pouvoir réduire le risque de contamination par le coronavirus. Comme vous le savez, au niveau de nos prisons, nous avons des gens qui sont confinés, il y a une promiscuité, donc c’est une population qui est très vulnérable. C’est pour cela qu’il faut relever le défi et faire en sorte que le coronavirus ne puisse pas passer les portes de la prison.

Est-ce que les consignes sanitaires sont respectées par les prisonniers ?

Les mesures barrières de l’Organisation mondiale de la santé et du ministère de la santé, notamment la distanciation sociale de 1,5m au minimum est difficile à respecter par les détenus. C’est pour cela que nous nous battons pour que la maladie ne franchisse pas les barrières de la prison.

A l’intérieur, il y a une sensibilisation qui est faite de façon continue pour que les détenus puissent changer leurs habitudes. Le lavage des mains est systématique. Tout détenu qui sort de la prison et va vers l’infirmerie, doit d’abord laver ses mains avant d’être consulté et au retour se laver aussi les mains. En plus de cela, nous sommes en réflexion avec le ministère de la santé pour appuyer ce dispositif, faire en sorte que nous puissions disposer dans chaque établissement pénitentiaire d’un isoloir médical de circonstance qui va permettre de mettre en quarantaine, s’il y en a, des cas suspects.

Comment se passe la réception de colis ?

Les visites sont suspendues mais, les colis continuent de rentrer. A ce niveau également les mesures barrières, les distanciations sociale sont respectées. Les personnes qui envoient leurs colis sont obligées de passer par le lavage des mains, la prise de température. Ceux qui reçoivent aussi les colis portent des gans avant réception. C’est vrai que nous avons des inquiétudes sur le colis mais, nous pensons que l’urgence c’était de stopper cette foule de personne qui vient. Nous réfléchissons à trouver un système de stérilisation de tous les colis. C’est vrai que c’est coûteux mais, la réflexion est en cours afin de stériliser tous les colis qui entrent à l’intérieur de la prison.

Y a-t-il un réaménagement au niveau des services pour éviter le contact entre les agents ?

Il y a un réaménagement à l’intérieur afin de diminuer les effectifs pour que tout le monde ne soit pas présent tous les jours dans le but de minimiser les risques de contagion.

En tant que médecin au niveau des maisons d’arrêt, que pensez-vous de l’appelle de l’ONU qui est de libérer certains détenus ?

Il ne faudrait pas lire cela à la lettre, il s’agit de faire en sorte qu’on puisse diminuer les effectifs mais, nous sommes dans un Etat de droit. En tant que médecin, nos défis, c’est de faire en sorte que le coronavirus ne franchisse pas les barrières de la prison.

Les autres questions en lien avec la libération de détenus relève du domaine juridique et c’est aux autorités judiciaire de se prononcer sur la question.

On sait que d’ores et déjà que les prisons sont fermées aux visiteurs et les institutions de juridictions aussi au ralenti et il n’y pas de nouveaux prisonniers qui viennent le risque est minime. Ce qu’il y a, c’est de faire en sorte que nous, en tant que personnels, nous ne puissions pas être porteurs du virus.

Et comme c’est possible, s’il y a des cas, que très rapidement qu’il y ait des mesures pour l’envoyer au niveau des structures de prise en charge. Il y a aussi des discussions en cours pour suspendre le retour des permissionnaires, comme ils ont été en dehors de la prison, ils peuvent être porteurs de la maladie.

Nafisiatou VEBAMA

Alex SOME (stagiaire)

Infowakat.net

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