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Burkina : Doit on s’attendre à une mission de maintien de la paix de l’ONU ?

Le 19 août 2019, une attaque « d’envergure » a ciblé le détachement militaire de Koutougou, dans le Soum au nord du Burkina Faso. Cet incident qui a causé la perte de 24 soldats burkinabè et est à ce jour le plus meurtrier qu’a connu le Burkina depuis 2016. De 2016 à 2019, la situation sécuritaire du Burkina s’est considérablement dégradée au point où le gouvernement parle de « guerre contre le terrorisme ». En trois ans, la configuration des choses laisse aussi entrevoir une très grande possibilité qu’une mission de maintien de la paix de l’ONU s’installe au Burkina.

On se rappelle les épisodes « Cappuccino » et « Aziz Istamboul » sur Kwame Nkrumah respectivement en janvier 2016 et août 2017. La première sera revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) mais pas la seconde.

De fil en aiguille, les hommes armés non identifiés s’en sont simultanément pris aux civils des localités dans lesquelles ils opéraient et aux forces de défense de sécurité. Des élus locaux, aux chefs coutumiers en passant par de simples citoyens, ces hommes armés continuent de faire des victimes et des otages. Entre 2015 et 2019, les attaques terroristes ont fait plus de 300 morts et plus de 110 morts à cause des conflits communautaires, corollaires du terrorisme.

Quand ces derniers prenaient pour cible les militaires des forces armées, c’était essentiellement aux moyens d’engins explosifs artisanaux, et d’embuscades. Ils opéraient aussi en proférant des attaques contre les brigades de gendarmerie ou de poste de police comme celle du poste de contrôle de Nako dans la province du Poni, au sud-ouest du Burkina Faso.

Jusqu’au 19 août 2019, les attaques de Nassoumbou le 16 décembre 2016, revendiquée par Ansarul  qui avait fait 12 morts, et celle du 02 mars 2018 contre l’Etat Major à Ouagadougou qui avait fait officiellement 08 morts du côté des militaires burkinabés, 61 autres blessés, et 24 civils blessés, étaient les seules d’une telle lourdeur. Mais avec celle de Koutougou revendiquée par le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), la donne a changé.

Que dit le droit international ?

D’office Le droit international humanitaire qui est une branche du droit internationale ne cautionne guère tout acte considéré comme terroriste commis en temps de paix.

Et conformément à l’un des principes fondamentaux du droit humanitaire (le principe de distinction), les protagonistes d’un conflit armés doivent systématiquement faire la différence entre les civils qui ne prennent pas part aux combats et les combattants. Une distinction doit aussi être faite entre les biens de caractère civil, communautaires et militaires.

Ce qui n’est pas le cas au Burkina Faso quand on sait que des assauts ciblant les civils et leurs biens ont été perpétrés notamment à Pissila (pour ne citer que ce cas), par des hommes armés non identifiés, occasionnant ainsi de grandes vagues de déplacement des population apeurées.

Guerre ou conflit armé ?

Si selon les autorités du Burkina Faso, en l’occurrence le président de la république, nous sommes en « guerre contre le terrorisme », et que cette « guerre est de longue haleine », il y a jusqu’à présent des difficultés à définir de façon exacte la situation dans laquelle nous sommes actuellement.

D’aucun pensent que le Burkina est en plein dans un conflit armé non internationale, c’est-à-dire en lutte entre les forces gouvernementales et des groupes armés non gouvernementaux, ou des groupes armés entre eux.

D’autre en revanche ne l’entendent pas de cette oreille, car selon le droit international humanitaire, il faut qu’il y ait un certain seuil d’intensité des hostilités. Mais l’un de ces seuils est le fait que les forces gouvernementales soient obligées d’avoir recours à l’armée plutôt qu’à la police pour ramener la quiétude. Ce qui est le cas depuis la déclaration de l’Etat d’urgence par le président du Faso et l’instauration des opérations Otapuanou et Ndofou.

Au regard de cette évolution contextuelle et des circonstances ; vu la récurrence des attaques terroristes entrainant un nombre de plus en plus croissant de déplacés internes (270 000) ; vu les difficultés qu’éprouve l’armée Burkinabè à éradiquer le fléau, l’hypothèse est à prendre au sérieux.

Il n’est par ailleurs pas superflu d’indiquer que le Burkina présente les mêmes symptômes que le Mali voisin qui aujourd’hui accueille la MINUSMA : crises politiques profondes, conflits à relent communautaires, et grogne au sein de l’armée. Le seul point qui manque au tableau serait une demande de cession d’une partie de l’Etat à un ou des groupes armés.

Ange L. Jordan MEDA

Infowakat.net

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