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Politique : « Certains déplacés ont faim, d’autres, par contre sont dans l’abondance » dixit l’UPC

Le parti politique de l’Union pour le Progrès et le changement a animé une conférence de presse, pour donner sa lecture sur l’insécurité dans les régions du Sahel et de l’Est et du Centre Nord. Au cours de la conférence, des déplacés internes se sont exprimés sur leur vécus depuis l’amorce de la crise, à leur déplacement.

D’entrée de jeux, le parti a brossé la genèse du terrorisme dans la région du Centre-Nord. De cette genèse, on retiendra que les premières attaques enregistrées par le Burkina Faso remontent à novembre 2017, perpétrées contre le poste de gendarmerie de Bourzanga ; attaques s’étant alors intensifiées en 2018. Au fil des années l’évolution de la situation a alors basculé, avec le massacre de Yirgou en Janvier 2019. Le mode opératoire des forces du mal ayant changé. S’attaquant au départ aux forces de défense et de sécurité (FDS), celles-ci évolueront selon le parti, aux représentants de l’Etat, pour en arriver aux civiles, avec des attaques ciblées sur les femmes, à travers les viols, les séquestrations et prises d’otages.

Les conséquences de ces attaques sont les répercussions sur le plan social et le plan économique. « Le Centre-Nord enregistre à lui seul 81,06 % des déplacés internes. A la date du 22 avril 2020, la région comptait 687 675 déplacés internes sur un total de 848 329 déplacés sur l’ensemble du territoire national. À Bourzanga, sur les 42 villages, 38 ont été vidés de leur populations. Sur les 380 villages que compte la province du Sanmatenga, 110 ont été vidés » ; a affirmé Mathias Ouedraogo, en ajoutant que la prise en charge des déplacés malgré les appuis des partenaires s’avère insuffisante.

Présents à la conférence, certains déplacés se sont exprimé sur leur vécu actuel. « Ça fait pratiquement un an qu’on est là. Et depuis ce temps c’est seulement ces deux derniers mois qu’ils ont pu nous donner des vivres. Depuis que nous y sommes là aucune autorité que ce soit un préfet, un maire, la police, personne n’est venu nous voir. Quand nous sommes arrivés dans la ville, on est allé saluer le chef et la gendarmerie, la mairie et la préfecture. Malgré cela, personne n’est venu nous voir. Il n’y a pas d’aide, trop de souffrance, nous demandons juste de l’aide pour retourner dans nos villages. Nous vivons de l’agriculture et de l’élevage et c’est difficile d’avoir un lieu pour cultiver et élever si on est à l’étranger ; on voudrait solliciter de l’aide. C’est vrai qu’il faut à manger mais on croit que c’est mieux que nous retournions dans nos villages » s’est exprimé l’un deux.

Pour Mathias Ouedraogo, député du Sanmatenga, le témoignage donné par ces déplacés est dans le but d’appuyer ce que le parti dénonce. « Ceux qui vivent cette situation sont les mieux placés pour expliquer les conditions de vie qu’ils ont dans ces zones.

Les raisons de la difficile gestion de la crise

Selon le parti, la situation sécuritaire s’enlise dans le Centre-Nord pour plusieurs raisons dont :
– l’insuffisance de moyen matériel de combat (armes et munition en quantité et en qualité) pour nos FDS et les volontaires ; – l’insuffisance dans la prise en charge des FDS sur le terrain de bataille, en ce qui concerne l’alimentation, les soins et la motivation financière ;

– l’insuffisance de collaboration, de coordination et de solidarité en les FDS et les populations ;

– le mauvais fonctionnement des réseaux de téléphonie mobile : interruption répétitive des réseaux Orange et Télécel, et coupure permanente du réseau Telmob.

– Des difficultés dans l’hébergement des déplacés : des sites inadaptés à la période de pluie ; une mauvaise gestion et même des détournements de vivres et de fonds destinés aux déplacés internes ;

– des insuffisances dans la prise en charge alimentaire ;

– une indisponibilité de ressources matérielles et financières pour reprendre les activités écéconomiques.

Le parti propose entre autre comme solution la réquisition de bâtiments administratifs pour héberger les déplacés internes, la mise en place d’une structure de suivi contrôle dans les communes hébergeant des personnes déplacées interne, et la mise en place d’une structure de renseignement citoyen et endogène dénommée « Buud-warba », qui sera sous la coupe de l’agence nationale de renseignement.

Alex SOME (stagiaire)
Infowakat.net

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