Infowakat | Burkina Wamêdo : Faire du « consommons Burkinabè » une réalité
mercredi 17 janvier 2018
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Burkina Wamêdo : Faire du « consommons Burkinabè » une réalité

Ibrahim Ouédraogo est le promoteur de Burkina Wamêdo. Une structure qui entend faire de la promotion des produits locaux, son cheval de batail. « Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons », pour paraphraser le président Thomas Sankara. Cette phrase est la pierre angulaire de toutes les actions de Burkina Wamêdo qui pense que le développement du Burkina Faso ne peut que se faire par les Burkinabè. Mais, qu’à cela ne tienne, Ibrahim Ouédraogo pense qu’au stade actuel des choses, « l’économie burkinabè va mal » et qu’il faudra lui apporter des soins adéquats au grand bonheur des Burkinabè.

Ibrahim Ouédraogo alias Akim est membre de la Commission d’Accompagnement et de Transformation du Secteur Informel

Ibrahim Ouédraogo alias Akim est membre de la Commission d’Accompagnement et de Transformation du Secteur Informel (CATSI) à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF). De son avis, « l’économie burkinabè va mal actuellement » mais il pense avoir des solutions pratiques pour sortir cette économie de son marasme.

D’emblée, il dénonce la diversité des coûts des produits dans les différentes boutiques, chose qui selon lui, démontre qu’il n’y a pas d’organisation dans le monde du commerce au Burkina Faso. Pour lui, la concurrence dans les prix confond le petit commerçant au grand commerçant, le détaillant au grossiste. « C’est ce qui fait que les grands restent des grands et les petits ont des soucis pour évoluer », pense-t-il. Il suggère qu’il y ait plus d’organisation dans le domaine du commerce au Burkina Faso.

Si notre interlocuteur estime que l’économie du Burkina Faso va mal, il pense cependant qu’il incombe à la CCI-BF de l’organiser et de lui donner son envol en passant par une bonne sensibilisation de la masse. Et avec l’équipe actuelle de la CCI-BF, pense-t-il que ce défi sera relever car, dit-il, « ils sont là pour travailler ». Mais en attendant l’effort de la CCI-BF, Ibrahim Ouédraogo tient aussi à dénoncer l’attitude de la « douane intérieure » qui met encore les « bâtons dans les roues » des détaillants en les faisant payer « beaucoup » de taxes. Pour lui, les grossistes ont déjà tout payé, et faire encore payer les détaillants risque d’accroitre le cout des marchandises chez les consommateurs.

« J’ai la solution aux problèmes économiques que nous traversons »

Ibrahim Ouédraogo dit avoir « la solution aux problèmes économiques que nous traversons » Ainsi, propose-t-il que toutes les offres dans le domaine des marchés soient acquises et réalisées par des Burkinabè. « Le Burkina Faso ne peut pas continuer à collecter ses ressources, ses économies pour aller enrichir un autre pays », regrette-il avant de révéler dans la désolation que le Burkina Faso consomme plus de 90% des produits importés bien qu’il possède des « personnes qualifiées qui peuvent fabriquer la majeur partie de ces produits de façon quantitative et qualitative ici ». A l’entendre, le Burkina Faso fabrique du vin, du thé, du carburant, de la pâte de tomate, etc. Et si tous ces produits sont mis en valeur, le pays ne les importera plus. « Le Burkina Faso a un génie créateur. Il a un talent », a-t-il ajouté.

La promotion des produits locaux passe par la sensibilisation. Dans cette dynamique, Akim a fait savoir que sa structure organisera une foire (rue marchande) de promotion des produits locaux mais aussi des panels de communication dans les jours à venir en vue de réunir dans un seul espace, des artisans, des producteurs, et des promoteurs de tous les corps de métier, pour partager les expériences et trouver des solutions aux difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l’exercice de leur fonction.

Aussi, le promoteur de Burkina Wamêdo estime-t-il que l’organisation actuelle de la CCI-BF permettra de toiletter tous les maux des commerçants parce que ce sont des « personnes avisées dans le domaine du commerce qui la composent ». A l’en croire, les postes à la CCI-BF qui autrefois étaient occupés par des « fonctionnaires de la fonction publique », sont aujourd’hui occupés par les commerçants qui « sont mieux habilités à connaitre les problèmes des commerçants ».

Les produits fabriqués au Burkina Faso

Même si depuis un certain temps des voix se lèvent pour dénoncer une gestion opaque de la Chambre de Commerce, Ibrahim Ouédraogo reste convaincu que cette équipe peut faire avancer les choses. D’ailleurs, pour lui, ceux qui critiquent sont des « marionnettes » et des « ignorants » qui n’ont aucune connaissance en matière de fonctionnement de la Chambre de Commerce.

Le concept de la 3e génération du commerce

Pour Ibrahim Ouédraogo, les mieux qualifiés pour faire avancer les choses à la CCI-BF sont les commerçants actuels, c’est-à-dire la 3e génération des commerçants (3G), parce que connaissant mieux les difficultés auxquelles ils font face. Parlant des 3G, il s’agit sans nul doute des descendants d’une famille de commerçants. « Mon grand-père fut commerçant, mon papa fut commerçant et moi-même je suis commerçant », explique-t-il. Pour lui, si l’Etat veut booster l’économie, il se doit d’associer les commerçants dans les débats de commerce et d’économie.

Qu’est ce Burkina Wamêdo ?

Burkina Wamêdo est une structure associative créée pour faire la promotion de la consommation des produits locaux. Pour le promoteur, cette structure est « un projet bénéfique » à ceux qui l’ont voté comme élu consulaire à la CCI-BF. En plus de la promotion des produits locaux, cette structure entend faire du Burkina Faso une « ville propre » en passant par la sensibilisation des populations. A cet effet, Burkina Wamêdo a déjà investi « plus de 8 million » de FCFA dans l’achat des sachets de stockage d’ordures qui seront placés partout dans les villes avec un accent particulier mis sur les restaurateurs.

Ibrahim Ouédraogo souhaite que l’Etat subventionne les produits pour les rendre accessibles à tous les Burkinabè. Dans la dynamique de cette subvention, Burkina Wamêdo entend proposer à l’Etat des partenaires financiers capables d’ouvrir une caisse de subvention aux artisans.

Armand Kinda

Infowakat.net

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