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“C’est normal que la jeunesse réclame plus de place”…: Me Salifou Dembélé, Ministre de la jeunesse

La situation de l’emploi des jeunes demeure une préoccupation majeure pour le Burkina Faso, dont  66% de la population a moins de 25 ans. Selon les données de l’enquête nationale (EICVM 2009/2010) 82% des chômeurs du Burkina sont des jeunes de 16 à 35 ans. Pourtant en 2012, la Banque mondiale rappelait encore que  « le défi le plus urgent pour le Burkina Faso est de créer des emplois et des opportunités de revenus pour aider une population en croissance rapide à échapper à la pauvreté ». Le ministère en charge de la jeunesse est donc à la recherche des recettes magiques. Dans un entretien accordé à infofaso.net  monsieur le Ministre de la Jeunesse, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi, Maitre Salifou DEMBELE fait un bilan de ces actions à la tête de ce département et présente les prochains chantiers de son ministère.
 

Infofaso.net : monsieur le ministre, cela fait maintenant quelques mois que vous êtes à la tête du département de la jeunesse, de la formation professionnelle et l’emploi : quelle appréciation faites-vous de la vie de cette institution ?

 
Salifou Dembélé (SD) : je vous remercie d’avoir effectué le déplacement au niveau du ministère et l’occasion qui m’est offert pour m’exprimer à l’endroit de la jeunesse du Burkina Faso. Comme tout ministère, c’est une institution de l’Etat, avec bien entendu un certain nombre de difficultés.
Les difficultés que nous avons et les plus graves sont celles des infrastructures. Si vous avez du personnel, ce personnel doit pouvoir travailler dans des locaux, et installé de manière décente. Si cela n’est pas là, il est très difficile pour le ministre de demander quoi que ce soit à son personnel. Alors, dès ma prise de fonction ma priorité a été de régler ce problème. Au cours de deux conseils des ministres nous avons pu obtenir la mise à notre disposition d’un immeuble R+4 à Ouagadougou, ce qui permettra d’offrir aux agents un cadre décent de travail.
 
L’autre problème aussi que vous avons constaté se situe au niveau organisationnel. Dans un département ministériel il est important d’avoir une cohérence des différentes actions. L’impression qu’on a c’est qu’on travail de façon cloisonné. Alors que s’il y avait une mise en cohérence dans le travail ça permettrait d’être beaucoup plus efficace et efficient. Nous travaillons actuellement sous l’angle structurel afin de pouvoir réorganiser le ministère à travers une politique générale qui sera  déclinée en trois axes (jeune, formation professionnelle et emploi). Il faut que les passerelles entre jeunesse, formation professionnelle et emploi puissent permettre une vision globale de ce que nous faisons.
 
Enfin la grosse difficulté que nous avons, c’est l’absence d’une cartographie des différents centres de formation pour les jeunes. Nous ne disposons d’information sur le nombre de centres, ce qu’ils font comme activités et quelles opportunités ces centres peuvent offrir à la jeunesse du Burkina Faso en terme de lutte contre le chômage.
 
Infofaso.net : la jeunesse burkinabè a joué un rôle prépondérant dans l’avènement de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 ; aujourd’hui, elle exige que les plus hautes autorités la prenne plus en compte, votre commentaire Monsieur le ministre ?
 
Salifou Dembélé (SD) : C’est normal que la jeunesse réclame plus de place. Elle est à l’origine de l’insurrection et à cet effet c’est tout à fait normal qu’elle soit prise en compte pour éviter une autre insurrection. Si les préoccupations la jeunesse ne sont pas prises en compte, on aura un pouvoir la merci de la rue. Au Burkina plus de 60% de la population qui est jeunes et ses préoccupations sont une priorité.
 
C’est pourquoi dès ma prise de fonction, j’ai fait des tournés dans les 13 régions pour rencontrer la jeunesse. Mon objectif était d’inscrire la mise en œuvre de mes actions sur la base des préoccupations de la jeunesse. Je ne pouvais pas m’asseoir seul dans un bureau et décider à la place des premiers concernés. Je me devais donc de recueillir leurs préoccupations et les intégrer dans la feuille de route que je veux mettre en place dans le cadre de ce gouvernement de la transition. La plupart de nos actions aujourd’hui sur le plan de jeunesse, de formation professionnelle et d’emploi sont celles qui ont été réclamées par les jeunes.
 
Infofaso.net : De nos jour, le gouvernement semble accorder beaucoup d’importance à ce ministère ; alors dites-nous quelles sont les actions prioritaire qui seront mené au cours de la transition dans les trois pans de ce département (jeunesse, formation professionnelle et emploi) ?
 
Salifou Dembélé (SD) : Sur le plan de la jeunesse. L’objectif général au niveau de cette jeunesse c’est de mettre en place une structure faitière qui soit représentatif de l’ensemble des Organisations de la Société Civile (OSC) au sein de la jeunesse. Il y’ a eu le Conseil National de la Jeunesse mais qui prenait pas en compte ce qu’on appelle les OSC spécifiques. Des réflexions sont en cours pour mettre en place une structure faitière qui soit véritablement légitime et qui prenne en compte l’ensemble des OSC.
 
Toujours sur le plan jeunesse, nous sommes en train d’organiser une rencontre entre le président du Faso et les jeunes qui se tiendra sans doute lieu, dans la troisième semaine du mois de ce mois. Ce sera un cadre où les jeunes viendront poser clairement leurs préoccupations majeures pour une meilleure prise en compte dans le cadre de la gouvernance politique au Burkina Faso.
 
L’objectif recherché par une telle rencontre est d’arriver à autonomiser des jeunes pour qu’ils puissent désormais avoir des ressources financières pour se prendre en charge eux même de manière décente et de manière durable. Sur le plan de l’emploi, nous prenons en compte toutes les franges des jeunes dans les programmes, que ce soit ceux du milieu rural, ceux du milieu urbains ou que ce soit ceux qui sont déscolarisés ou encore les jeunes diplômés des grandes écoles et des universités qui sont au chômage.  Toutes ces catégories sont inscrites dans le programme socio-économique d’urgence de la transition.
 
A cet effet, nous envisageons former des jeunes à un certain nombre de métier et à l’entreprenariat. Nous travaillons aussi avec le secteur privé, les entreprises privées afin de les amener à nous accompagner dans la lutte contre le chômage dans le cadre d’un partenariat. Enfin sur le plan de la formation professionnelle, je pense qu’il est impératif que nous valorisons nos centres de formation professionnelle. Il faut faire en sorte que les diplômes des centres soient reconnus et permettre  à leurs détenteurs de prendre part aux différents concours de la fonction publique ; ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La reconnaissance de ces diplômes doit leur permettre aussi de s’intégrer dans le secteur privé. Et enfin il faut renforcer les capacités des enseignants dans ces centres de formation professionnelle afin que la formation qui y sont dispensés puisse véritablement permettre de rendre opérationnel les jeunes qui soient formés. Une formation basée sur peu de théorie et beaucoup de pratique parce que le secteur privé a besoin de praticiens que de théoriciens.
 
Infofaso.net : le gouvernement de la transition a lancé en mars dernier le programme socio-économique de la transition qui sera exécuté par plusieurs départements ministériels dont le vôtre à travers le projet d’appui à l’auto emploi des jeunes ; peut-on avoir plus de précision sur ce projet ?
 
Salifou Dembélé (SD) : la question de l’auto emploi des jeunes est axée en deux points ; il y a les jeunes formés aux métiers et les jeunes qui ont des projets.
Les jeunes formés aux métiers sont ceux qui ont déjà eu des formations à certains métiers dans des centres comme le centre professionnel de formation de Ziniaré. Ce centre forme des jeunes filles et garçons en mécanique industriel, mécanique auto et bien d’autres secteurs. Il y a 13 métiers dans lesquelles sont formés des centaines de jeunes et nous allons les accompagner avec des kits et une aide financière pour leur permettre de s’installer et de poursuivre leur activités pendant au moins deux ans parce que les premières années d’installations sont les plus difficiles. Pour cette catégorie, nous aurons à apporter un appui à 2500 personnes.
 
A côté de ça nous avons les jeunes qui ont des projets, nous envisageons accompagner à peu près 10 000 jeunes qui ont des projets. Cet accompagnement concernera tous les domaines avec pour  critère prioritaire que ce soit un projet porteur. Ça va aller du secteur de l’agriculture, de l’élevage, de la pisciculture au secteur de l’information, de mise en réseau ; parce que ce n’est pas nous qui décidons des projets, ce sont les jeunes eux-mêmes.
 
C’est capital que lorsque vous accompagner quelqu’un, que ce soit la personne qui a apporté lui-même son idée. Ainsi, vous avez beaucoup de chance que ce projet puisse réussir. Nous avons mis en place cette année une spécificité dans l’octroi des financements ; nous allons privilégier les jeunes formés au Centre de Ziniaré. L’Etat investit énormément pour les pensionnaires de ce centre, pourtant ils sont au chômage bien qu’ils sont opérationnels. Presque tous les jeunes formés au Centre de Ziniaré vont bénéficier d’un accompagnement du ministère. Enfin dans le cadre de ce programme spéciale nous allons renforcer la capacité financière des fonds pour pouvoir augmenter le nombre de bénéficiaires du fonds. En gros nous pensons que le programme socio-économique d’urgent de la transition devrait en principe d’ici la fin de l’année pouvoir fait sortir du chômage au minimum 15 000 jeunes.
 
Infofaso.net : Vous venez d'annoncer une rencontre entre le Président et les jeunes, quel est concrètement l’intérêt de cette rencontre entre avec les jeunes ?
 
Salifou Dembélé (SD) : l’intérêt de cette rencontre c’est de montrer que les jeunes sont au centre de l’action de ce gouvernement de la transition. Les jeunes ont été à l’origine de l’insurrection populaire il était impératif que le chef de l’Etat puisse les entendre. Deuxième élément c’est que nous ne  pouvons pas mettre en place une politique les concernant sans qu’eux-mêmes ne soient personnellement impliqués. Pour dire que le gouvernement n’a plus le droit de décider seul de ce que l’on doit faire pour les jeunes.
 
L’objectif c’est qu’on veut les entendre parce qu’ils ont des idées que l’on doit prendre en compte dans toutes les politiques que nous allons mettre en place. Vous savez que l’on s’achemine vers la fin de la transition et nous voulons que ça soient des sillons de tel sorte que si les jeunes sont impliqués dans la gouvernance que sa puisse continuer avec les nouvelles autorités qui s’installeront.
 
Cathé Zouré et Mahamoudou B.
Infofaso.net

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