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Côte d’Ivoire : le fauteuil ou le peuple

La présidentielle d’octobre promet une campagne tendue avec l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara . L’opposition trouve cette candidature illégale et exige le retour de Laurent Gbagbo pour la conquête de la magistrature suprême.

Alassane Ouattara a choisi le soixantième anniversaire de l’indépendance de son pays pour déclarer sa candidature. “Je suis candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2020”, a-t-il annoncé, jeudi 6 août.

Bien qu’il avait annoncé quelques mois plus tôt, qu’il ne briguerait pas de troisième mandat, passant publiquement la main à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour lui succéder, la mort de ce dernier, a rebatu les cartes. Son retour dans la course à la présidentielle laisse présager, à bien des égards, une campagne très agitée.

Juridiquement, la question se pose. L’opposition considère la candidature d’Alassane Ouattara comme illégale au regard de la nouvelle Constitution adoptée en 2016, qui limite, comme l’ancienne du reste, à deux le nombre de mandats présidentiels. Cette question a beaucoup alimenté les discussions des constitutionnalistes en Côte d’Ivoire. Les opposants à Ouattara trouvent que, dans la mesure où la nouvelle Constitution de décembre 2016 n’a pas remis en cause son élection d’octobre 2015, il a atteint la limite et ne doit plus se présenter.
Contrairement à eux, d’autres pensent qu’avec la nouvelle Constitution, les compteurs sont remis à zéro et qu’Alassane Ouattara peut briguer un nouveau mandat. Le contexte est assez complexe.

Et Laurent Gbagbo…

L’autre point de discorde de la campagne, est celui du retour de Laurent Gbagbo. À trois mois du scrutin, les partisans de l’ancien président espèrent toujours son retour au pays. Acquitté puis libéré sous conditions par la Cour pénale internationale, il reste dans l’attente de son passeport.

L’article II de la Constitution ivoirienne stipule qu’aucun Ivoirien ne peut se présenter à un scrutin s’il est en exil. Mais à partir du moment où la CPI permet à Laurent Gbagbo de rentrer, celui-ci obtient en théorie la possibilité de se présenter.

Sur le terrain, il y a déjà des tensions. Une manifestation des partisans de l’ancien président ivoirien dénonçant “son absence sur la liste électorale”, a été dispersée à coups de matraque et de gaz lacrymogènes, ce 06 août, à Abidjan.

Le président de la Commission Electorale Ivoirienne, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, avait annoncé deux jours auparavant que «toute personne condamnée pour un délit ou un crime à une privation de ses droits civiques était rayée des listes électorales».

Les partisans de Laurent Gbagbo quant à eux accusent le pouvoir ivoirien de manœuvres politiques pour l’empêcher de participer à la bataille électorale. “Les manifestations vont continuer jusqu’à ce que les noms de nos leaders soient inscrits sur la liste électorale afin qu’ils puissent jouir de leurs droits”, a déclaré Jean Bahé, responsable d’une structure du Front populaire ivoirien (FPI, parti créé par Laurent Gbagbo), dénonçant «une brutalité policière» qui a fait état de «trois arrestations et d’un blessé grave» dans leurs camps.

La principale crainte : que le scénario de 2010 ne se reproduise. Il y a une decenie, la victoire d’Alassane Ouattara face à Laurent Gbagbo avait provoqué une guerre civile de plusieurs mois et occasionné 3 000 morts.

Armella Kibtongo (stagiaire)

Infowakat.net 

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