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Culture : « Siriki et Mariama »… Vous vous en souvenez ?

« Siriki et Mariama », « Mariama mon amour », ou encore « Siriki né djarabi ». Cela vous dit peut être quelque chose. C’était l’un des tubes musicaux phares en 2004 au Burkina. Son auteur, Kantala Kora, mais de son vrai nom Abdoulaye Traoré, a depuis lors disparu de la scène musicale burkinabè, au point de nombreux mélomanes l’ont oublié. Que devient-il ? pourquoi a t’il disparu du paysage ? L’artiste, nous livre son vécu dans une interview accordée à infowakat.net. Et de prime abord, Kantala Kora est resté égale à lui même.

IW : comment vous êtes venu à la musique ?

KK : c’est tout simplement un don de DIEU car dans ma famille à Bobo Dioulasso, le papa a été fonctionnaire et il voulait qu’on devienne tous des fonctionnaires. J’ai été le seul qui ai choisi la musique. Et personne ne m’a appris la musique.

IW : pourquoi l’artiste a-t-il choisi la kora comme instrument ?

KK : dans mon village paternel on joue ce qu’on appelle le dozogonni, j’ai été une fois au village et j’ai vu jouer de cet instrument du coup il y a eu le coup de foudre. J’ai donc appris à jouer de cet instrument et j’ai joué de cet instrument pendant des années. J’ai commencé la musique par les percussions, mais les percussions ne m’allaient pas. Mais quand j’ai commencé à jouer de la kora j’ai su que j’avais trouvé ma voie.

IW : pourquoi avoir choisi Kantala comme nom d’artiste ?

KK : j’ai demandé à maman qui parle mieux la langue sénoufo vu que je suis sénoufo, comment dire dans cette langue que quelque chose est bon. Et elle m’a répondu en disant ‘’katala’’ qui signifie « tout ce qui est bon ». Et pour faciliter la prononciation, j’ai ajouté le « n » pour donner Kantala.

IW : on ne vous sent plus la scène musicale burkinabè, qu’est-ce qui explique cela ?

K.K : Kantala est là, il continue de faire de la musique, je joue beaucoup plus à l’extérieur. Je ne joue pas beaucoup ici car les gens ne cherchent pas à me faire jouer et parce que les gens s’intéressent plus à la jeune génération qui fait beaucoup plus de musique commerciale. Du coup nous qui jouons des instruments traditionnels, nous sommes dans l’oubli. Il faut que les festivals au niveau national soient ouverts à tous. Sinon je continue à faire de la musique pour les gens qui aiment Kantala.

IW : Vous dites ne pas être invité aux festivals nationaux, comment vous vivez cela ?

KK : connaissant la plupart des organisateurs de festivals, quand j’appelle, ils me répètent la même chose, comme quoi je suis déjà une icône de la musique au Burkina. Et quelques temps plus tard ils font la programmation et tu te rends compte que tu n’as pas été programmé. En plus je ne vais supplier les organisateurs de festivals pour des programmations, sinon je deviens comme un mendiant. Ces organisateurs savent où me trouver. En plus les gens se programment entre copains. La jeune génération a besoin de nous pour évoluer, comme nous aussi on a besoin d’elle.

IW : après votre single SIRIKI et MARIAM, on a plus entendu d’autres productions de l’artiste, est-ce un manque d’inspiration ?

KK : non pas du tout, Siriki et Mariam est sorti en 2004, cela fait 16ans et ça a bien marché. Après ce single, j’ai fait sortir d’autres albums, seulement, je n’ai pas eu de suivi au Burkina Faso. J’ai même fait un album qui a été sélectionné en 2014 au prix découverte de la RFI en 2015. J’ai à mon actif 05 albums à savoir « Tonton coul » en 2004, « Bâkô » en 2005, « Dounia » en 2010, « Afrique » en 2014 et « Jardin d’hivers » en 2017.

IW : que fait Kantala kora à part la musique ?

KK : Kantala ne fait rien d’autre que la musique. Il passe son temps à créer et à fabriquer ses instruments de musique qui sont les koras.

IW : quelle est donc l’actualité de l’artiste sur le plan national et international ?

KK : sur le plan national, pour l’instant il y a beaucoup de projets en réflexion mais déjà l’un de mes projets c’est de mettre en place un festival autour de la kora dénommé « la voix de la kora », pour mieux intégrer la kora dans plusieurs styles musicaux et de mieux valoriser la kora au Burkina. De sorte que quand on parle de kora, que l’on ne voit plus que le Mali et la Guinée mais aussi le Burkina Faso.

Au plan international il y avait beaucoup de projets et j’avais pas mal de dates en France, au Sénégal mais qui malheureusement ont été annulées vu la situation sanitaire.

IW : quelle est votre vision de l’univers musical burkinabè ?

KK : il y a encore du travail pour ce qui est de l’univers musical burkinabè. Ici on se flatte beaucoup en plus il n’y a pas assez de valorisation des artistes burkinabè par les Burkinabè.

IW : pouvez-vous nous donner vos appréhensions sur le fond de soutien aux artistes ?

KK : j’ai vu cette annonce sur les réseaux sociaux et je trouve que c’est une bonne initiative. Il y a beaucoup d’artistes qui ne s’en sortent pas du tout alors ce geste est à saluer car il aidera un peu les jeunes artistes en difficulté.

IW : quel est votre dernier mot ?

KK : soyons unis au Burkina Faso surtout dans le milieu musical. Promoteurs d’évènements ainsi que les gérants du milieu du show biz, je vous demande de mettre tout le monde dans le même bateau. C’est ainsi que l’on parlera plus du Burkina Faso. On parle du Burkina au Burkina alors il faut que chacun de son côté se mettent à travailler pour que l’on avance ensemble.

Sandrine BADO

Infowakat.net

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