Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, était devant les députés de l’Assemblée nationale ce jeudi 13 avril 2018. Il s’est agi pour lui, de sacrifier à la tradition de discours sur la situation nationale. Un certain nombre de ministres et présidents d’institutions étaient présents. Le chef du gouvernement s’est dit confiant en l’avenir du pays. Le Burkina Faso est en marche, assure-t-il. Faisant le bilan, il a passé en revue tous les secteurs de développement du pays. Les députés ont semblé sceptiques et certains n’ont pas caché leurs sentiments.

Si le Premier ministre estime qu’un pays ne se développe pas en deux ans, il se veut tout de même optimiste en disant que le Burkina est sur la voie du redressement. Et pour sortir le pays de la pauvreté, une boussole : le PNDES.

La sécurité et la cohésion sociale sont incontournables pour la mise en œuvre réussie du PNDES. Ainsi, le Premier ministre exhorte les Burkinabè à taire leurs divergences pour la sauvegarde entre autres de la liberté et de l’amour de la patrie. Dans cette optique, il sollicite la collaboration de toutes les populations avec les forces de défense et de sécurité. En ce qui concerne l’énergie, il soutient que son gouvernement entend accroître le taux d’accès à l’électricité de 20% à plus de 40% d’ici à 2020. Dans le domaine des infrastructures et des routes, Paul Kaba Thiéba estime qu’avoir des routes de qualité « pour permettre une connexion du marché intérieure » est vitale. D’autres ambitions de son gouvernement sont, dit-il, l’accès aux ports des pays voisins. Toujours dans ce domaine, il vante les infrastructures réalisées à Gaoua à l’occasion du 11 Décembre. « Chaque année, si on arrivait à faire dans les autres localités ce qui a été fait à Gaoua, je suis sûr que dans quelques années, la physionomie du Burkina va changer », soutient-t-il. Quant à l’agriculture, le chef du gouvernement estime que les aléas climatiques ont constitué une entrave aux objectifs de production. En effet, soutient-il, la dernière campagne agricole a subi des poches de sécheresse et des attaques de chenilles légionnaires.

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Selon Paul Kaba Thiéba, l’essor de l’agriculture est tributaire de l’opérationnalisation de la centrale d’achat des intrants et celle de la Banque agricole, l’unité de montage des tracteurs et celle de production d’engrais. En ce qui concerne les TIC, il affirme que son gouvernement est « déterminé à relever tous les défis pour le développement du numérique et des postes ». A terme, ce développement devrait permettre aux fonctionnaires des zones rurales d’accéder à leur salaire « sans être contraints » de passer par le billetage. Une des grandes priorités du gouvernement serait la santé. De facto, le président du Faso aurait donné des instructions pour la proximité des CSPS. Par ailleurs, le premier ministre a abordé d’autres aspects tels que la Justice, la diplomatie, la fonction publique. Il a notamment insisté sur les avancées de son gouvernent dans les différents secteurs. Au demeurant, il assure que le Burkina est en marche car « nous avons préservé et consolidé nos valeurs fondamentales et approfondi l’Etat de droit et les droits humains ».

Les réactions des députés étaient divergentes. Si ceux de la Majorité n’ont pas trouvé à redire, les autres ne se sont pas retenus. Justin Compaoré de l’UPC n’y va pas par 4 chemins : « Vous n’avez convaincu personne (…) », lance-t-il, avant d’énumérer les tares du gouvernement Thiéba : « Corruption, pauvreté endémique et absence de justice sociale ». Tahirou Barry abondera dans le même sens que son collègue. Pour lui, le chef du gouvernement n’est pas pointu sur le respect de la parole qu’il donne. Il en veut pour preuve le dernier discours de celui-ci sur la situation de la nation où il promettait de « mettre fin aux corvées d’eau de façon définitive jusqu’en 2030 (…). » L’ancien ministre de la culture, de l’art et du tourisme finit en invitant le gouvernement à prendre mesures fortes et audacieuses pour afin de réduire le train de vie de l’Etat. Ainsi les investissements permettront-ils au pays de se lancer sur la voie de l’émergence.

Arthur Zongo

Infowakat.net