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Dj Arafat : de Yôrôbô à Daishi, un parcours très controversé

DJ Arafat s’en est allé dans la matinée du lundi 12 août un lundi noir pour ses millions de fans. Annoncée officiellement dans l’après-midi, la nouvelle de la mort du patron de la Yôrôgang a été un choc pour toute l’Afrique. Personne ne voulait y croire mais hélas c’était vrai. Le Daishikan n’avait pas pu échapper au destin fatal de la mort. Il était parti pour ce voyage dont on ne revient emporté par un accident de moto. Il demeure l’artiste musicien de Coupé décalé le plus célèbre et le plus controversé. Connu sous plusieurs noms DJ Arafat a légué un riche patrimoine musical à l’Afrique après une carrière musicale de 16 ans.

Né le 26 janvier 1986 Ange Didier Huon alias DJ Arafat est quelque peu livré à lui-même dès son jeune âge. Délaissé par sa mère occupée par ses tournées musicales, il est en proie de la drogue et au banditisme de quartiers à partir de 11 ans. Alors qu’il officiait comme DJ dans l’un des plus grands maquis d’Abidjan, il est repéré par Roland Le Binguiste un jeune producteur qui l’emmène en studio. C’est ainsi qu’en 2003 il sort sa première œuvre discographique « Hommage à Jonathan » qui le révèle au grand public. Il bénéficie du soutien de Douk Saga, le père fondateur du Coupé-décalé et décide d’emprunter le nom de Arafat comme son nom de scène.

Désormais DJ Arafat, il est sollicité en France grâce au succès de son album. Le promoteur de spectacles et directeur de KD Productions, Désiré Kouadio, organise une tournée de deux mois en France pour le jeune DJ. S’en suit en 2005, un second voyage en France. Cette fois-ci il décide de s’installer illégalement dans la capitale française en tant que disc-jockey dans un club africain et vendeur de CD piratés. Après un séjour clandestin de deux ans et demi, il est arrêté, emprisonné puis rapatrié dans son pays d’origine la Cote d’Ivoire. Pendant ce temps, il avait sorti un 2e album intitulé « Femmes » en 2005 puis un album en collaboration avec Meiway en 2006 et un single intitulé Abidjan-Paris en featuring avec Christy-B en 2007.Après deux ans et demi d’absence sur la scène musicale ivoirienne, il signe son retour en duo avec Debordo Leekunfa. Ce duo accouche d’un nouvel album « opus » qui promeut « le Kpangor », une nouvelle danse. Le concept et les singles s’ensuivent et deviennent des succès sur le continent africain. De nombreux tubes se succèdent « Kpangor », « Confirmation Kpangor », « Lebede 2 », « 25 25 Arachide », « Bouddha ». Ces tubes s’imposent très vite et arrivent en tête des classements ouest-africains.

DJ Arafat sort des freestyles ou encore des attalakus qui rencontrent un énorme succès. Pour ses prestations scéniques il engage trois célèbres et talentueux danseurs : Magicien, Ordinateur et Bébé sans os.

En 2008, il participe au single à succès African tonik avec MokobéMohamed Lamine et Mory Kante, la chanson promo devient Tube de l’été en France. La même année pour soutenir le single, il met sur le marché « Cadeau du siècle » un mélange de RnB contemporain et de coupé-décalé. Il se fait appeler le Yorobo.

DJ Arafat, le roi incontesté du Coupé décalé

Depuis la sortie de son premier hit en hommage à DJ Jonathan, Arafat DJ est, sans contexte devenu le chanteur le plus populaire du pays. Chacun des singles sortis depuis a rencontré un grand succès. Le Yorobo prouve encore une fois que sa source d’inspiration est intarissable. Le single « Gladiator » est mis sur le marché le 16 décembre 2009, et l’album le 19 juin 2010 incluant les morceaux « Zoropoto I et II ». Le 13 août 2010, il devient le 1er DJ artiste du coupé-décalé à faire un concert en solo dans la plus grande salle de Côte d’Ivoire qui est le Palais de la Culture d’Abidjan. Depuis 2011, il remplit le Palais de la Culture d’Abidjan chaque 26 décembre. Un concept qi lui a été proposé par son amie t collaborateur Gros Bedel.

Dès lors, Arafat change son style vocal et musical. Il passe en effet du coupé-décalé classique des premières heures de ce mouvement musical à un coupé-décalé plus sophistiqué aujourd’hui. Sa voix est devenue plus rock, les instrumentaux plus travaillés et plus électroniques, mélangeant des sonorités nouvelles, avec une place importante donnée à la batterie. On parle aujourd’hui d’une sorte d’« African Rock » et d’« African Electro ». Le morceau « Rage 202 » par exemple, est un mélange sonorités heavy metal et coupé-décalé.

Il est considéré à l’extérieur de son pays natal comme l’ambassadeur du coupé-décalé, suivi par Serge Beynaud, qu’il considère comme un rival.

En 2012, il reçoit deux prix : celui du meilleur artiste africain de l’année et celui du meilleur artiste masculin de l’Afrique de l’Ouest au Kora Awards. Un sacre qui le positionne comme un ambassadeur de la musique africaine dans le monde. Fort de son assise sur le continent, il est souvent sollicité pour des collaborations : de Davido (Nigeria) à Toofan (Togo) en passant par J-Martins (Nigeria) sans oublier Fally Ipupa (RD Congo).

En 2012, il s’impose sur le marché français, avec « Oulala ». Un morceau en collaboration avec Mokobé, tube de l’été de la même année.

La fin d’année 2014 voit la suprématie de l’artiste être de plus en plus contestée par ses propres fans. Le succès grandissant de son rival Serge Beynaud avec son morceau Okeninkpin le place pour la première fois depuis cinq ans second des hits urbains ivoiriens sur la fin d’année 2014. Les auditeurs de la musique ivoirienne commencent, pour une bonne part, à remettre son « titre » de numéro 1 du mouvement coupé-décalé en cause. Il s’avère que le succès d’Okeninkpin en un court laps de temps (sortie octobre 2014, un million de vues du clip vidéo sur YouTube en décembre 2014) contraste avec la timide entrée sur le marché des deux opus de DJ Arafat sur la même période (Trapaty Lomber et 2 Matin 3 le soirs). Sans omettre les nombreux dérapages de l’artiste DJ Arafat sur la même période.

Son style, rock et très rythmique, qui lui avait permis d’innover à l’époque, fait de moins en moins d’émules contrairement au style plus posé et mélodique de son rival Serge Beynaud. Une nouvelle rivalité fait rage entre Arafat DJ et le leader du coupé décalé spot DJ Leo alias le Dangoro qui opte pour une musique rythmique cadencée de mélodie dans laquelle il utilise des noms de personnalités en qualité d’hommage.

DJ Arafat fini par être plus connu pour ses multiples dérives dans le milieu musical ivoirien, notamment avec Serge Beynaud. En août 2009, après une dispute de leadership, il se sépare de son binôme Debordo Leekunfa avec lequel il a connu le plus de succès. Le duo connait une crise au point que leurs déclarations dans la presse deviennent pour le moins acerbes : Arafat DJ accuse Debordo Leekunfa d’être « jaloux de son succès ». En décembre 2009, les deux chanteurs partisans de la cité de Yopougon (opposé à Marcory dans le milieu musical ivoirien) se réconcilient et donnent pour l’occasion un concert live gratuit de 1h30 au gigantesque maquis le « Monde Arabe » sur la mythique Rue Princesse qui a fait le succès d’Arafat DJ.

Dans le courant du mois de septembre 2009, s’ouvre un clash au niveau musical avec le chanteur DJ 5 étoiles, ce dernier reprochant au Yorobo de lui avoir plagié l’instrumental de son single « Sans Guèbè » dans le freestyle de Yorobo dénommé « Spot 2009 » qui a rencontré le succès. 5 étoiles DJ ouvre le clash dans un freestyle qui selon les Ivoiriens, n’était pas à la hauteur du talent reconnu à Yorobo en octobre 2009.

Dans le même temps, Arafat DJ subit un grave accident de moto, son premier d’ailleurs, mais s’en sortira après quelques jours passés à l’hôpital. Une semaine après sa sortie, en novembre 2009, il répond à tous ses détracteurs dans un freestyle de dix minutes intitulé « Retour en clash » où il s’auto-proclame l’Apache 8 500 volts.

Juste avant la sortie de son album « Gladiator, » une querelle sépare le Yorobo de son célèbre danseur Magicien, qui fut l’un des premiers danseurs du DJ. Ainsi, Magicien décide de faire carrière seul, et sort un single intitulé « Placali », dont la danse ressemble étrangement au Zoropoto du Yorobo. Une autre occasion de discorde, quand on se souvient que la querelle qui séparait Arafat et DJ Lewis avait pour motif similaire la création de la danse « lèbèdè ». Par ailleurs Arafat fera cas du passé de Magicien dans une de ses chansons ou il raille l’endroit de vie de son ex danseur.

DJ Arafat, le roi des clashs et du buzz

En janvier 2011, la rivalité entre DJ Arafat et Debordo Leekunfa reprend de plus belle, à l’instar de Notorious B.I.G. et Tupac aux États-Unis dans les années 1990. Dans le morceau « Rage 202 », DJ Arafat lance un pique à son ancien binôme : « on est fatigué d’écouter ton seul morceau trévéli-trévélou ». Car depuis près de deux ans, Debordeaux n’avait plus sorti de nouveau titre, préférant effectuer des tournées de longue durée à l’étranger. Cependant la réponse de Debordeaux DJ (désormais « Opa la nation » – « Le père de la nation ») ne se fait pas attendre, ce dernier répond au Yorobo dans un morceau intitulé « Vérité » alliant vulgarité et confession. Deux jours après la diffusion de ce titre, DJ Arafat répond à Debordeaux DJ avec le morceau « Reste tranquille Rantanplan » sans prendre de gants. Ensuite il a eu des problèmes avec de multiples personnes tels que Tya Vuitton (son ex meilleur ami), Francky Dicaprio, etc.

Juste avant la sortie de son album « Gladiator », une querelle sépare le Yorobo de son célèbre danseur Magicien, qui fut l’un des premiers danseurs du DJ. Ainsi, Magicien décide de faire carrière seul, et sort un single intitulé « Placali », dont la danse ressemble étrangement au Zoropoto du Yorobo. Une autre occasion de discorde, quand on se souvient que la querelle qui séparait Arafat et DJ Lewis avait pour motif similaire la création de la danse « lèbèdè ».

Lors d’une virée nocturne à Yopougon en juillet 2013, DJ Arafat affirme que l’artiste Francky Dicaprio, l’auteur du tube « Fatiguer Fatiguer », n’est plus d’actualité depuis fort longtemps, qu’il devrait chanter « Réveiller Réveiller ». Francky Dicaprio ne digère pas cette sortie et met sur le marché un morceau « clash » à l’endroit de DJ Arafat. Un opus où il accuse DJ Arafat de pratiquer de la sorcellerie en buvant « du sang humain » afin de demeurer le meilleur sur scène. DJ Arafat réplique dans un morceau clash, où il affirme que Francky Dicaprio aurait contracté le virus du VIH mais qu’il cacherait sa maladie à ses « maitresses ».

La discorde avec Serge Beynaud commence avec la sortie du single « Talehi » de Serge Beynaud en début d’année 2014, dans lequel il accuse des artistes d’être hypocrites à son égard, et d’essayer de lui mettre les bâtons dans les roues. Selon les indiscrétions du milieu musical ivoirien, les accusations s’adressaient à son ancien collègue Bebi Philip. Néanmoins, DJ Arafat le prend comme une attaque personnelle. Malgré l’échec du single Talehi, DJ Arafat met en ligne sur Facebook une vidéo dans laquelle il clash Serge Beynaud en le traitant d’homosexuel. Une vidéo parsemée d’injures homophobes, où il explique que Serge Beynaud serait l’amant de son producteur David Monsoh. Serge Beynaud décide de ne pas répondre et de couper toutes amitiés avec ce dernier. Dès la publication de la vidéo de DJ Arafat, les réactions d’indignation fusent au travers de tweets et statuts Facebook. DJ Arafat voyant son erreur décide de s’excuser publiquement.

Sa dernière querelle qui a fait un grand buzz est celle avec son ex-poulain Ariel SHENEY. Suite à la sortie du nouveau single « Amina » de l’ex-membre de la YôrôGang Ariel Sheney, une tension est née entre ce dernier et son ex-mentor. Dans cette affaire, bien qu’Ariel Sheney garde son tempérament calme, DJ Arafat, lui, lance depuis lors des piques à l’endroit qui fut naguère son protégé. Pour contester le succès de son ex petit DJ Arafat sort un single Moto-moto qui ne manque pas de succès. Mais il avait auparavant adopté un nouveau de nom de scène Daishi Kahn.

Alors qu’il était dans une grosse tournée dénommée Moto Moto Tour, le fils de Tina Spencer Le Daishi, meurt le lundi 12 aout suite à un accident de moto.

Une mort que ses fans qu’il appelait affectueusement « La Chine », a encore du mal à accepter. Car, depuis l’annonce de sa mort, ils sont encore des centaines à camper devant le domicile de Daishi, espérant que celui-ci sortirait de son garage.

D’autres sur la toile s’adonnent à des polémiques, tentant de faire croire que DJ Arafat ne serait pas décédé, mais qu’il s’agirait d’une grosse opération de Buzz. Leur espoir réside dans le fait que la prétendue vidéo des derniers moments de Arafat ne soit en réalité qu’une intox. De quoi alimenter encore la polémique et du même coup, corroborer avec la thèse du Buzz.

Pire ou mieux ? David Aimé Jérémy, prétendu pasteur, a annoncé dans une vidéo qu’il ressusciterait l’artiste le vendredi 16 août 2019 à minuit.

Yekiremi Abdias FARMA

Infowakat.net

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