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Entreprenariat : Être étudiant en médecine et entrepreneur, Issiaka Zangré comme exemple

Issiaka Zangré, étudiant en 3eme année de médecine, a fait ce choix pendant son parcours d’étudiant à l’Université Saint Thomas d’Aquin (USTA) dans la commune rurale de Saaba. Entretien avec le futur médecin qui dépoussière le business de l’immobilier et biens d’autres activités qu’il mène. Selon lui pour entreprendre, il faut diversifier les champs d’activités.

Infowakat : Vous êtes étudiant en médecine, d’où est venue l’idée de créer une entreprise ? Est-ce avant l’entame des études à l’Université ou c’est pendant les études?

Issiaka Zangré (I.Z) : Disons que j’aspirais de devenir entrepreneur. Une fois j’écoutais la Radio, un des interlocuteurs disait qu’au Ghana, les étudiants ne se concentrent pas uniquement sur les études. En plus des études ils font autres choses, de l’entreprenariat. Il parlait qu’au Ghana c’est « one leg in school and another leg in Business ». « Un pied à l’école, un pied dans les affaires ». Cela m’a beaucoup plu. Et je me suis dit qu’arriver à l’Université je vais me lancer dans l’entreprenariat. Donc l’idée de l’entreprenariat, je l’avais depuis le Lycée. Comme au Lycée on avait pas le temps pour faire les deux, mais à l’Université c’est un peu relaxe. Ce qui m’a permis de débuter.

Infowakat : Dites-nous concrètement depuis quand les lignes ont commencé à bouger ?
I. Z. : J’ai commencé dès la fin de la première année en médecine.

Il faut noter que je n’ai pas eu de financement ou d’appui de qui que ce soit avant de commencer mon entreprise. J’ai sollicité des financements en famille mais ils n’ont pas voulu me soutenir parce qu’ils avaient peur que l’entreprenariat ne fasse basculer les résultats au niveau des études. Tout le monde dit que la médecine est trop compliquée. Ils estiment qu’on ne peut pas faire ça avec d’autres activités. Ils n’ont pas voulu me soutenir dès le début dans mon idée d’entreprenariat. Donc ils étaient réticents.

Infowakat : Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

I. Z. : Je fais beaucoup de choses. J’ai d’abord commencé par l’immobilier, la location des maisons et la vente des parcelles. Je fais aussi l’élevage de la volaille. Aujourd’hui, j’ai 500 têtes de poulets locaux. Je suis en train de construire un nouveau poulailler qui pourra contenir 1000 têtes.

Je fais également la décoration des maisons et la vente des rideaux que je confectionne moi-même en fonction de dimensions de portes et de fenêtres de nos clients et aussi les dimensions standards que nous connaissons. La paire de rideaux commence à partir de 12 000 francs en termes de prix. Actuellement je viens de mettre en place un coin de pressing, un service de lavage et de nettoyage.

Infowakat : Parlant de la confection de rideaux, avez-vous bénéficié d’une formation au préalable ?

I. Z. : Non ! Je n’ai pas bénéficié d’une formation au préalable. Disons qu’avant d’arriver à l’Université, je partais aider un cousin pendant les vacances qui est dans le domaine. Donc, c’est avec lui que j’ai profité apprendre la confection et l’installation.

Infowakat : La plupart des entrepreneurs choisissent un domaine précis pour exceller et vous vous avez voulu diversifier. Pourquoi ce choix de diversité ?

I. Z. : Il faut savoir qu’un entrepreneur pour s’en sortir ne doit pas se concentrer uniquement sur une seule activité. C’est trop risqué. Au début je faisais que du l’immobilier mais à un moment donné je me suis dit que si c’est une seule activité et après si ça ne va pas, où est-ce que tu vas trouver les ressources pour pouvoir relever. C’est pour cela j’ai eu l’idée de diversifier mais je ne fais que ce que je maitrise. Donc pour réussir quelque chose, il faut faire ce que tu maitrises.

Infowakat : Dans le domaine de l’immobilier vous faites face certainement à beaucoup de concurrents aujourd’hui au Burkina Faso. Quelles stratégies allez-vous adopter afin de relever le défi ?

I. Z. : Je ne vois pas les concurrents comme les adversaires. Ce sont des gens avec qui je cause souvent. Et je n’hésite pas à aller vers eux pour demander des conseils mêmes ceux qui viennent de commencer après moi. Il faut toujours apprendre. La connaissance vous permet d’aller au-delà, d’améliorer toujours. Mais la concurrence en tant que telle, je n’en fais pas un problème. Elle ne me fait pas peur. Au contraire ça m’amène à aller toujours de l’avant, à donner toujours le meilleur pour satisfaire mes clients.

Infowakat : D’une manière générale, peut-on avoir une idée sur votre chiffre d’affaires ?

I. Z. : Bon ! Le chiffre d’affaires ne dépasse pas les 5 millions. Actuellement j’ai employé des personnes qui travaillent avec moi et comme j’envisage élargir, il y a d’autres personnes avec qui, on va collaborer.

Infowakat : Au début les parents s’opposaient à votre idée d’entreprendre mais aujourd’hui ils voient que la mayonnaise a pris. Quel regard ont-ils envers vous présentement ?

I. Z. : (Rires !) Aujourd’hui personne ne s’y oppose. Actuellement, ils ne font que m’encourager. Ils sont d’accord et ils me soutiennent. Mais ils me rappellent chaque fois de ne pas oublier la médecine également, pour que là-bas aussi ça aille.

Infowakat : Comment arrivez-vous à concilier les études et vos activités sachant bien qu’en médecine les études sont assez coriaces ?

I. Z. : C’est la question que mêmes mes camarades me posent chaque fois. Il faut dire que c’est la volonté avant tout. Lorsqu’on veut, on peut. Dès fois tu ne sais même pas où tu te trouves. Parce que si tu t’amuses à te concentrer uniquement sur les affaires, à un moment donné les études vont prendre un coup. Donc tu es obligé de mettre le paquet aussi là-bas. Si tu as pris trop de temps pour les affaires après il faut les rattraper la nuit au niveau des études. Pour tout dire, on ne dort pas assez.

İssiaka Zangré veut bâtir l’immobilier

A cause des études, je ne peux pas être disponible à tous les postes. J’ai des employés avec moi et cela allège les choses. Donc à chaque niveau, il y a quelqu’un qui est responsabilisé. Il y a deux personnes au niveau de la confection, une personne au niveau de l’élevage… Moi je ne fais que la supervision. A la fin du mois, on fait le compte.

Infowakat : Peut-on parler de vos perspectives d’avenir ?

I. Z. : Ce que j’envisage faire, il faut avoir l’argent d’abord (rires !), c’est de bâtir un empire dans l’immobilier bien sûr. C’est vrai qu’il y a les autres activités mais l’immobilier c’est le métier de l’avenir.

Infowakat : A vous entendre on a l’impression que parmi les différentes activités que vous menez, c’est dans le domaine de l’immobilier que vous avez assez de ressources pécuniaires…

I. Z. : Oui dans l’immobilier disons clairement y a l’argent dedans. Lorsque tu es discipliné et tu travailles à fond seulement y a l’argent. Les propriétaires de maisons et de terrains nous confient leurs maisons et terrains, on est chargé de les mettre sur le marché. Et nous avons notre part de pourcentage. Ce que nous envisageons à l’avenir, c’est pour pouvoir faire la promotion immobilière pour devenir comme les grandes sociétés à l’image de Abdoul Services international.

Infowakat : Est-ce à dire que vous allez faire carrière dans le domaine de l’entreprenariat et ranger définitivement votre blouse blanche… Puisqu’on a vu des gens après avoir fini les études en médecine ont préféré l’entreprenariat aux Hôpitaux. Est-ce qu’à votre niveau ce sera le cas ?

I. Z. : Non ! Je compte toujours concilier entreprenariat et étude. A moins qu’à un moment donné je ne puisse plus faire les deux en même temps. Voilà ! Sinon je ne compte pas abandonner la blouse blanche.

Infowakat : Pour terminer…

I. Z. : Mon dernier mot c’est d’inviter tous ceux qui veulent se lancer dans l’entreprenariat à le faire et à ne pas attendre. Dire que je vais avoir telle chose ou arriver à tel niveau avant de commencer, c’est de ne pas commencer. Parce qu’il n’y a pas de bon moment pour commencer. Il faut débuter avec ce que vous avez. Si vous voulez commencer une entreprise, n’emprunter pas de l’argent pour commencer. Après démarrage si ça va, vous pouvez emprunter de l’argent pour l’étendre. Mais dès le début si vous empruntez de l’argent c’est trop risqué.

Interview réalisée par Youssouf KABDAOGO
Infowakat.net

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