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Entreprenariat : « Il faut faire un retour à la terre, la terre ne va jamais trahir », dixit Franceline Noba DG de l’EPAM.

L’Entreprise et Promoteur des produits Agricoles Modernes (EPAM) est une entreprise agricole Burkinabè basée à Gampéla, à 17 Km de Ouagadougou. Elle est spécialisée dans la production et la commercialisation des semences céréalières ainsi que celles maraîchères en vue de contribuer à l’accroissement des rendements agricoles et aussi, de favoriser l’autosuffisance alimentaire au Burkina et en Afrique. Elle vend également des équipements agricoles pour alléger le travail des producteurs sur le terrain.

Créée depuis 2012, l’entreprise a pour ambition d’œuvrer à une meilleure connaissance de la semence et son utilité. Franceline Noba, diplômée en Bâtiments et Travaux Publics elle est l’une des rares jeunes à prendre conscience que le salut d’une économie prospère du Burkina passe par l’agriculture. Attirée et séduite, cette jeune dame a fini par entreprendre dans l’agrobusiness. Parce qu’elle a découvert que le secteur recelait un énorme potentiel de prospérité.

Aujourd’hui, elle est la directrice générale de EPAM. Il faut souligner qu’elle a bénéficié l’expertise de son géniteur qui était technicien à l’INERA, qui, aujourd’hui fait valoir son droit à la retraite. « Cela a commencé avec notre papa qui était dans les semences. Maintenant, j’ai trouvé mieux de transformer ce qu’il était en train de faire en entreprise. Je trouve qu’en tant que jeune, on peut toujours retourner à la terre », a-t-elle indiqué.

Franceline Noba DG EPAM

En effet pour produire de la semence, il faut nécessairement avoir un emplacement et en fonction des spéculations. Chaque spéculation a son nombre d’hectare à cultiver. « Si nous devons cultiver le maïs, il nous faut cinq hectares pour pouvoir le produire quel qu’en soit la variété que nous voulons mettre sous terre. Si c’est du niébé, il nous faut trois hectares », a-t-elle précisé.

C’est ainsi, qu’elle dispose de plusieurs hectares de terres cultivables dans plusieurs régions. A Gampéla, par exemple, elle fait la production semencière sur un terrain de six hectares et exploite trente-deux hectares à Sapouy vers Léo, dans la région du Centre-Ouest.

Cette année, sur le site de Gampéla, Madame Noba produit l’arachide et le niébé car la production est faite en tenant compte de la pluviométrie et des régions. « On n’a choisi l’arachide et le niébé au Centre parce que la pluviométrie n’est pas du tout ça. S’agissant du maïs, nous prévoyons le Centre-Ouest. Nous produisons toutes sortes de spéculation sauf le soja et le sésame », a expliqué la DG de EPAM.

Selon elle, pour obtenir une semence de qualité, elle doit être certifiée par le laboratoire de service national des semences pour montrer avec des preuves palpables qu’elle est bonne « avant que nous ne la mettons sur le marché ».

Aujourd’hui, elle estime que ce secteur regorgeant de potentialité au Burkina Faso lui a apporté beaucoup de choses en termes de rendement.

Douze permanents et soixante saisonniers travaillent avec elle dans son entreprise.
Elle s’est fait entourer des techniciens du domaine. Son prère Raymond Noba, ancien technicien de recherche à l’INERA de Kamboinsin, à la retraite, lui a tout donné.

Celui-là qui a travaillé dans la production semencière se retrouve auprès de sa fille ainée pour l’épauler en appui conseil et technique. Il explique la différence entre la semence traditionnelle et semence améliorée. « C’est à partir de semence traditionnelle que nos papas, nos ancêtres avaient et que les sélectionneurs ont dû prendre des échantillons, aller travailler là-dessus pour les améliorer.

C’est ça on dit semence améliorée. Ça se passe au laboratoire et ensuite sur le terrain. D’autres ont fait des combinaisons, cela veut dire qu’ils ont fait des hybrides en passant par deux variétés différentes et ils sont tombés sur une bonne variété. Et, eu égard aussi, en fonction de l’écologie » explique-t-il.

Un autre technicien ayant travaillé à l’INERA et admis à la retraite officie désormais à EPAM.

Raymond Sandwidi est chargé de suivies de la production de semence. Son travail consiste à suivre les semis, à suivre l’application des engrais, et l’entretien du champ jusqu’à la récolte. Après la récolte, c’est lui qui s’occupe également du conditionnement. « Cette étape va consister à récolter les gousses, à les étaler très longtemps au soleil, ensuite les vanner, enlever les saletés, puis mettre dans les sacs et entreposer dans les magasins en attendant la vente », a-t-il clarifié.

Raymond Sandwidi est chargé de suivies de la production de semence

 

Chaque année Franceline Noba tire son chiffre d’affaires dans la vente de sa production. « Ce que j’arrive à récolter sur mon terrain et à faire certifier comme bonne, c’est ce que je vends en particulier avec l’Etat et aussi avec des individus. C’est ça qui fait mon chiffre d’affaire », relate-t-elle. En plusieurs endroits, l’entreprise a des boutiques de vente de semences.

Se montrant comme un exemple palpable, elle pense qu’investir dans l’agriculture pourrait être extrêmement profitable pour les jeunes et pour le développement du pays. Elle invite alors la jeunesse notamment la gent féminine à revenir à la terre. « J’invite vraiment la jeunesse surtout les femmes, à l’entreprenariat agricole. Je ne vais pas mentir, l’entreprenariat agricole ne ment pas. Si tu te donnes à la terre, tu réussis », a-t-elle clamé.

A l’EPAM, c’est aussi un endroit où on donne des formations et des appuis conseils en production agricole.

Youssouf KABDAOGO
Infowakat.net

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