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Entreprenariat : Le centre de traitement et de valorisation des déchets plastiques en souffrance !

C’est une vision que s’est donnée la mairie de Ouagadougou lorsqu’elle créait en 2004, la direction de la propreté de la ville de Ouagadougou. En tout, ce sont une trentaine de femmes regroupée en association qui ont pour mission de recycler et traiter l’ensemble des déchets plastiques de la ville de Ouagadougou. Aujourd’hui le centre et l’association rencontrent des difficultés qui ne favorise plus son bon fonctionnement et est en voie de perte de son état de luisance d’autrefois ! un cris de cœur est alors lancé aux bonnes volontés pour redonner une nouvelle vie au centre et à l’activité des femmes.

Dès l’entrée, se laisse percevoir un centre presque désert ; seulement quelques femmes y sont toujours, assises en groupe à discuter où déchiqueter les plastiques ; c’est l’un des premiers constats fait. Un des bâtiments vétustes nous reçoit pour l’entretien ! c’est aussi là, une seconde facette des difficultés du centre que vivent les femmes au sein du centre qui nous est présenté.

La naissance de l’association des femmes pour la valorisation des déchets plastiques (AFVDP) est intervenue un après la création de la direction de la propreté de Ouagadougou en 2004, grâce à un projet dont l’AFVDP est à la fois initiatrice et bénéficiaire. Bénéficiant alors de l’accompagnement d’une association de volontaire laïc, et d’une banque, le centre de traitement et de valorisation des déchets plastique verra le jour sur son site actuel, sis à Toubdwéogo, à Ouagadougou.

Siméon Sawadogo, chef de service de la valorisation des déchets

Organisée en diverses équipes, le travail consiste pour ces femmes à « récolter » le plastique qui leurs parviennent, ou les acheter ; procéder à la pesée et ensuite faire le tri des plastiques dures et ceux légers, suivant les couleurs. A la suite du tri, elles procèdent au découpage des débris, puis le lavage et le séchage. Il faut cependant noter que toute cette chaine de travail se fait à la main ! une autre équipe est chargée du broyage du plastique avec des machines, pour en obtenir des granulés.

Les granulés obtenus seront revendus à des acheteurs qui sont notamment les industries de transformation du plastique.

Les difficultés ne permettent plus l’autonomie financière de l’association

Selon les propos de la présidente de l’association, Marguerite Kaboré, le traitement et la valorisation du plastique est un travail qui les permettaient d’être autonome et d’avoir des revenus. L’association est composée d’une trentaine de femmes choisie dans chacun des 30 secteurs que comptait la ville de Ouagadougou.

Il faut noter que la décision de création de la direction de la propreté de Ouagadougou, qui est passée en direction de la salubrité publique et de l’hygiène en 2017, offre des opportunités d’emplois à travers une chaine. Il s’agit entre autres des collecteurs de déchets dans les ménages, les personnes affectées au tri des déchets, qui sont vendus à l’association.

Dans le cadre de l’exercice de leurs missions de nombreuses difficultés que rencontrent les femmes sont d’ordre divers et ne les permettent plus de s’autosuffire, et l’offre d’emploi est de même en baisse. En effet selon la présidente de l’association, l’une des difficultés c’est la morosité du marché qui ne permet plus d’écouler aisément les marchandises. De son explication, le produit semi fini est disponible, cependant il y a une baisse de la demande des industries.

Le manque d’électricité sur le site est aussi relevé par Marguerite Kaboré ; le centre ne dispose que d’un groupe électrogène alimenté au gasoil, pour faire fonctionner les appareils. En ce sens, elle précise que tous les appareils ne peuvent être mis en marche en raison de l’incapacité du groupe à supporter ces machines.
Des difficultés qui constituent un frein au développement de la structure, d’autant plus que l’association est autonome.

La présidente de l’association, Marguerite Kaboré

Quant au chef de service de la valorisation des déchets plastiques dans la ville de Ouagadougou, Siméon Sawadogo, l’une des grandes difficultés rencontrées par les femmes de l’association, est la concurrence déloyale, orchestrée par d’autres structures. Pour lui l’AFVDP n’arrive plus à atteindre son niveau de production et à écouler les produits à cause de l’existence de particuliers ou d’entreprises disposant de moyens importants qui rachètent et broient eux même les plastiques ; « ils disposent même de la logistique pour rentrer dans ls provinces et payer les plastiques » a-t-il dit.

Le non-respect des normes par les concurrents décrié !

Il explique de ce fait que le travail de ces derniers n’est pas fait selon les normes qu’il faut, comparativement au travail des femmes de l’association. « Ce qui est fait dehors avec les particuliers, on ne prend pas le temps de laver ; on broie et on met dans un bassin et on retire simplement et on expose au soleil (…). En termes de qualité, le granulé qui est produit au sein de notre unité n’est pas à comparer à ce que les particuliers font dans la ville de Ouagadougou ». A-t-il indiqué en précisant que le produit des particuliers est vendu à un coût moindre afin d’écouler rapidement. Il a de même fait cas du poids de l’âge des femmes qui y travaillent. L’association qui existe depuis 2005 fonctionne toujours avec les mêmes femmes qui, avec le temps s’affaiblissent, ce qui peut jouer sur le rendement.

Après les difficultés relatées, le chef de service et la présidente n’ont pas manqué de lever la voix pour demander du soutien afin de relever cette activité qui favorise l’offre d’emploi, mais qui favorise tout de même l’esprit de créativité.
Un appel qu’ils espèrent, tomberont entre de bonnes oreilles !

Alex SOME
Inofowakat.net & Entreprendreaufaso.com

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