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Explosion du camion à Ouagadougou : le drame aurait pu être évité

Mercredi 05 février 2020 aux environs de 14h, le réservoir d’essence d’un camion explosait. Une personne perdait la vie sur place, et une autre gravement brûlée a été admise aux urgences dans un hôpital. Quarante-huit heures après le drame, nous y sommes retournés. La vie a repris son cours aux abords de cette réserve, mais les riverains sont en colère contre la municipalité. Ce drame aurait pu être évité.

Le garage infortuné est toujours quadrillé par le périmètre de sécurité établi par la police scientifique. Les pancartes sont claires : « Interdit de passer ». Nous cherchons alors à rencontrer des riverains.

Un coup d’œil dans les environs, et nous constatons que ce qui est censé être une réserve est devenu un marché à ciel ouvert. Maquis, kiosque, cabarets, vendeurs de bois et de charbon, ont occupé le long de la réserve. Il y même à quelques centaines de mètres du lieu du drame un marché de « sacrifice ».

Et c’est au beau milieu de ce décor que se sont érigés des garages de fortunes.
Comment une réserve a pu devenir un marché à ciel ouvert de la sorte ? Nous sommes dirigés vers « le vieux » du coin, connu des riverains comme le chef de terre de l’arrondissement. Ce dernier refuse de répondre à nos questions sans l’aval du «Sanyiri Naaba ».

Nous tombons par la suite sur mademoiselle Yé, dont la concession familiale est située à des dizaines de mètres du garage. Celle-ci ne cache pas son ressentiment. « Le positionnement du garage est très mal. En principe il devrait être soit à l’entrée ou à la sortie de la ville. Ça été une chance pour nous car il y avait une citerne à côté le jour de l’incident.»

Selon elle, des plaintes et une pétition auraient été déposées à la mairie sans suite.

Celle-ci nous recommande à Gué Beli Étienne, un ancien député qui vit dans le quartier depuis 2001. « Cette réserve était un espace vide, personne ne pouvait l’occuper. Sous le maire Simon Compaoré, dès qu’il y a un hangar, ils viennent détruire. Alors je ne sais pas ce qui s’est passé et subitement, les gens ont commencé à s’installer jusqu’à ce que le garage s’installe » nous confie-t’il.

 

Ce dernier ajoute avoir engagé des pourparlers avec les occupants de la réserve dès les débuts sans succès.

« On a fait une pétition dans laquelle on a expliqué les dangers qu’on a déposé. Entre temps les voisins m’ont dit que le maire nous a donné rendez-vous, qu’il viendra voir ce qu’il se passe. Et nous l’avons attendu en vain toute la journée et il n’est jamais venu. Je suis allé voir la police municipale, et elle, certainement n’a pas eu d’autorisation pour les dégager. J’ai entendu une fois en conseil de ministres que le problème de cet espace a été soulevé mais après il n’y a pas eu de suite » poursuit le député à la retraite.

Impuissant, Gué Beli Étienne et les riverains de la réserve de 4 Yaar lancent un appel : « que les autorités trouvent une solution pour ce terrain ».

Sandrine BADO
Infowakat.net

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