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Femmes SDF à Ouagadougou : Quand la vie nous impose son cours !

La vie est un bien perdu quand on ne la vie pas comme on l’aurait souhaité. L’histoire d’une vie. Ne jugez pas une vie sans l’avoir vécue ! Vivez cette vie et jugez-là plus tard !

Assèta Ouédrogo femme SDF
Assèta Ouédrogo femme SDF

Dans la boite de confiture de tomate sous la voiture l’on pouvait voir de l’eau de boisson. Dans le gros sachet bleu qui d’ailleurs lui sert de valise, se trouvent ses vêtements et ceux de ces trois fillettes dont l’ainée n’a que 07 ans. Ses quelques vêtements étalés sur la grille du parking du Haut-commissariat du centre ont subi une lessive écartée du luxe du savon. Couchée à même le sol avec ses enfants innocentes, sous le regard fâcheux de la stigmatisation, Assèta Ouédraogo, puisse qu’il s’agit d’elle, a trouvé comme lieu d’asile le parking du Haut-commissariat de la région du centre. La vie est un voyage. Assèta Ouédraogo ne nous dira pas le contraire.

A 47 ans, elle se retrouve seule, abandonnée avec ses trois (3) enfants, errant dans les rues de la capitale. De Boussouma, son village natal, à Ouagadougou, la capitale, le parcours de cette femme fut émaillé d’un périple amer sans précédent,  qui laisse entrevoir les grandes vagues des difficultés qui ont secouées et continuent de secouer sa vie.

Abandonnée par un homme dont la mémoire reste rouillée par le vilain manteau qu’enfilent les hommes après leurs succès, Assèta Ouédraogo est obligé aujourd’hui de prendre son mal en patience et  de dropper le djebel pour subvenir aux besoins de ses enfants.

Humiliée, rejetée, spoliée et violentée par des personnes ayant des pensées barricadées par le marasme psychique, la conduisant souvent à la mendicité et au tripatouillage de la vie pour décrocher aisément sa pitance quotidienne, ce témoignage de cette femme boute les différents critiques acerbes que tiennent la majorité de la population, qui souvent reproche tout à ces femmes Sans Domicile Fixe (SDF).

« Le père de mes enfants m’a quitté parce qu’il avait épousé une femme qui était banni de sa famille sous prétexte qu’elle avait piqué une grossesse hors mariage. Depuis son départ à l’aventure avec cette nouvelle femme, je ne l’ai plus revu. Je souffrais dans ma belle-famille puisse que j’y étais toujours après son départ. Quand il a épousé sa nouvelle femme, elle lui a recommandé de se retirer de la cour principale et c’est ainsi qu’il est allé en Côte d’Ivoire avec elle. Cette femme étant banni de sa famille après avoir piqué une grossesse hors mariage, a recommandé à l’homme de se faire  une plantation en côte d’ivoire. C’est ainsi qu’il y est resté avec elle et son retour au bercail est un fait rarissime », nous a-t-elle confié.

Assèta Ouédraogo ne supportait plus les humiliations. Elle s’échinait à trouver le nécessaire dans sa dignité pour la bonne éducation de ses enfants. Mais il faut aussi reconnaitre que la vie n’est belle que quand l’on a un toit qui nous sert d’abri et sous lequel l’on peut penser et entreprendre pour un lendemain meilleur. « J’avais une maison en banco avec un toit en paille au village. Je ne bénéficiais d’aucun soutien pour renouveler la paille de mon toit. Avec la saison hivernale ma maison s’est écroulée. Je n’avais aucun abri et c’est pourquoi j’ai décidé de regagner ma cour familiale après le départ de mon mari », a fondu Assèta Ouédrogo en sanglot. Dans sa propre famille, cette bonne dame subissait toujours des humiliations et la seule option qui se présenta à elle, était de se retirer et de se battre d’elle-même pour sa survie et de celle de ses enfants. « Ayant subi des humiliations de tout genre, j’ai décidé de quitter la famille en direction de la ville pour me battre seule afin de subvenir aux besoins de mes enfants. Et voici qu’une nouvelle vie s’impose à moi. Je suis obligé de faire le porte-à-porte pour accomplir certaines tâches moyennant quelques pièces d’argent pour la survie de mes enfants », a-t-elle fait savoir.

Comment faire pour subvenir à ses besoins quand l’on n’a personne pour t’épauler ?

sdfAssèta Ouédraogo faisait la lessive chez différentes personnes pour espérer avoir quelque sous pour l’achat de vivres et des produits pharmaceutiques pour ses enfants. Ses séances de lessive, Assèta Ouédraogo les faisait au bord d’un puits situé dans la ville de Ouagadougou où d’autres femmes comme elle se rencontraient pour la même circonstance. Mais étant une nouvelle contractuelle, elle peinait à avoir cette chance de laver les vêtements de certaines personnes car tous ceux qui venaient donner leur vêtement pour la lessive avaient déjà quelqu’un à qui ils les remettaient. « Il faut avoir fait deux ou trois ans pour mériter la confiance des clients », nous a-t-elle glissé. Dans le cas contraire, certaines femmes peuvent passer toute la journée au puits sans laver ne serait-ce qu’un seul vêtement, a-t-elle poursuivi.

Vu que cette activité ne lui réussissait pas, notre interlocutrice a décidé de frapper à d’autres portes dans l’optique de se trouver un autre travail. C’est ainsi qu’elle a décidé de collecter des bidons plastiques pour les revendre. Ce travail n’a pas fait long feu car son acheteur lui déclara un jour qu’il n’achèterait plus ces bidons sous prétexte que les bidons ne se vendaient plus à son niveau.

Assèta Ouédraogo était consternée et ne savait plus à quel saint se vouer. Elle errait dans les rues de la capitale et dormait là où la nuit la trouvait avec ses enfants. Victime de viol, de vol et d’enlèvement d’enfants, Assèta Ouédraogo n’avait que Dieu pour sa survie. « Une fille m’avait enlevée mon enfant ici au parking mais par la grâce de Dieu nous l’avons retrouvé vers le quartier Bilbalgo de Ouagadougou. Depuis ce jour je me méfis beaucoup. Nous dormons au parking ici et grace au vigile du lieu nous sommes un peu en sécurité car personne ne passe par là la nuit excepté les hommes qui ont leur maitresse ici », a-t-elle révélé.

Ah oui ! Les maitresses. Encore elles ! Bref, il faut dire que Assèta Ouédrogo a trouvé comme refuge, abri et asile, le parking du commissariat du centre. Elle n’est pas la seule dans cet état. Elle y vit tous les jours avec plusieurs femmes quelque peu dans les mêmes conditions qu’elle. Elle nous révèle cependant qu’en saison de pluie, il n’y a que quelque dix (10) femmes qui vivent avec elle au parking. Dès que la saison hivernale écoulée, une cinquantaine de femmes se présentent chaque soir pour y passer la nuit. Et dès proton minet, elles s’évaporent toutes dans les rues de la capitale à la recherche de quoi survivre. Le parking du Gouvernorat n’est pas le seul abri. Pour assurer souvent leur sécurité, lesdites femmes se rencontrent souvent derrière le commissariat et même à la maison du peuple pour y passer la nuit.

Armand Kinda

Infowakat.net

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