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Fin du procès des ex-RSP : « On est en droit de se dire que tout n’a pas pu être dit et que le procès n’a pas épuisé la vérité. Seul l’avenir nous dira », Me Arnaud Ouédraogo

L’audience qui était suspendue aux environs de 11h36 minutes de la journée du 18 janvier dernier a finalement repris aux environs de 21h45min. Le verdict des accusés est prononcé. Si certains ont été acquittés pour preuve non reconstituées, d’autres écopent cependant de 6 mois à 15 ans de prison ferme. Cette décision du tribunal a suscité l’indignation de chaque avocat de la défense. Ainsi, Me Arnaud Ouédraogo, avocat de la défense commis d’office s’est exprimé dans notre micro. Lisez plutôt !

Me Arnaud Ouédraogo, avocat de la défense

« Ce procès a accouché d’un verdict. Il a aussi et surtout accouché d’une énigme. Durant l’audience, les non-dits ont été bien plus nombreux que les dires. Pendant tous ces longs jours, l’on a construit la procédure sur la base d’association de malfaiteurs. Mais jusqu’au bout, les avocats de la défense ont réfuté cette infraction. Pratiquement aux derniers jours, les faits ont été requalifiés et nous ne comprenons pas très bien comment finalement et à partir de quelle science infuse on a pu faire sortir cette infraction qui est bien plus lourdement condamnée pour l’affubler à notre lutte, surtout que nous n’avons pas eu le temps d’avoir un débat sur cette infraction. Nous prenons acte, nous respectons la décision qui vient d’être rendue. Nous voulons nous incliner avec élégance devant l’autorité du juge et devant l’autorité de la loi, mais je pense quand même qu’il y a un certain nombre de mystère qui reste entier.

Ce procès laisse un gout d’inachevé parce qu’il y a un certain nombre de mystère que ce procès n’a pas levé. Jusqu’au bout, nous avons demandé au tribunal de retirer et d’écarter purement et simplement l’enregistrement clandestin qui a servi de base à la procédure. Ce n’est qu’au jour du verdict que le tribunal a décidé de l’écarter. Bien sûr que le tribunal, finalement, nous donne raison mais trop tard parce que la procédure a eu le temps de se construire autour de cet enregistrement clandestin.

Bien entendu, il y a un autre point que nous considérons très important. Ce sont les personnes régulièrement citées qui n’ont pas comparu et qui pourtant détenaient une parcelle de la vérité judiciaire.

Et puis en fin, les avocats de la défense ont remis au tribunal un enregistrement vidéo et le contenu de cet enregistrement vidéo a permis au cours des plaidoiries de faire ressortir un certain nombre de faits qui pourraient étayer les propos du caporal Ouédraogo Madi. Alors, on est en droit de se dire que ce procès pourrait accoucher d’un autre procès. C’est peut-être, les deux procès mis bout à bout, qui vont réellement nous révéler ce qui s’est réellement passé. Nous avons en toute responsabilité en tant qu’avocats de la défense, avec la faiblesse humaine qui nous caractérise tous, donné le meilleur de nous-même afin que la vérité soit connue de tous. Parce que nous pensons qu’au-delà de la défense de nos clients il y avait de nombreuses leçons qui pourraient être tirées de notre présence pour les procès qui viennent et pour consolider la justice de notre pays.

Nous avons cinq (5) jours pour nous pourvoir en cassation à partir de la notification du verdict. Nous allons prospecter toutes les voies de droit avec nos clients. Et pour ce qui concerne les avocats d’office, notre mission normalement doit s’arrêter maintenant puisse que nous avons été commis d’office auprès du tribunal militaire mais nous rendrons compte à nos clients et ensemble, en fonction de ce que nous leur dirons et les implications d’un recours, ils verront eux-mêmes si c’est opportun ou pas.

L’impact des non-dits c’est que nous ne savons finalement pas sur quelle base le tribunal a bien pu construire sa religion. Parce que, si des personnes qui sont régulièrement citées ne comparaissent pas pour livrer un pan de la vérité ; si un enregistrement vidéo qui aurait pu permettre de faire rebondir les débats, finalement n’a pas connu le destin que nous voulions, on est en droit de se dire quand même que tout n’a pas pu être dit et que le procès n’a pas épuisé la vérité. Seul l’avenir nous dira. Comme je vous l’ai dit, nous avons rempli notre mission et notre mission s’achève aujourd’hui ».

Propos recueillis par Armand Kinda

Infowakat.net

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