Infowakat | Grève : Les enseignants gagnent en confiance  
mercredi 17 janvier 2018
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Grève : Les enseignants gagnent en confiance  

Depuis l’introduction de leur plateforme revendicative auprès du gouvernement, les syndicats de l’éducation n’ont toujours pas reçu de réponse satisfaisante. Depuis lors, le temps passe, mais la lutte se poursuit. Mieux, le monde des enseignants est de plus en plus confiant. C’est le constat qui se dégage à l’issue de la marche-meeting des enseignants ce mercredi 10 janvier 2017 à la bourse du travail.

Le général Bazié réconfortant ses troupes

Après avoir effectué une marche, le personnel s’est retrouvé à la Bourse du travail autour de leurs syndicats. Là, plusieurs interventions se sont succédés. Il apparaît à travers les différentes interventions et réactions, une assurance de la part du monde enseignant.

Pierre Zangré, chargé de la commission presse de la coordination des syndicats de l’éducation, a commencé par le « bêtisier » des autorités : « Même les enseignants veulent un statut particulier » ; « Ne marchez plus, courez ; mais rien ne changera » ; « Je vous le dis pian et je le répète, nos enfants sont à l’extérieur » ; « Pour les enseignants, c’est la jalousie » ; « L’enseignant qui n’est pas d’accord avec son salaire peut démissionner » … Puis, en réponse au président du Faso dont une phrase est ressortie dans le « bêtisier », il déclare : « Le règlement cas par cas sera possible ». Une affirmation clairement empreinte d’assurance. A vu d’œil, cette assurance provient de ses chiffres objectivement révoltants : 986 enseignants toujours en attente de leur premier salaire depuis 2016 ; 25 000 agents du MENA en attente de leur reclassement, avancement et bonifications depuis 2015 ; 536 agents du MENA toujours pas « reversés ». En plus, de nombreux enseignants auraient perdu un parent sur le terrain de la lutte contre l’analphabétisme et l’ignorance. Pierre Zangré estime alors le règlement cas par cas impératif pour le dédommagement des uns et pour la mémoire des autres. Il explique par ailleurs la grève par une volonté de construction de la nation et non « par gaieté de cœur ». D’où son assurance vu le bien-fondé de la lutte et les dommages subis.

Le général Bassolma Bazié (Ndlr : surnom affectif) est venu ragaillardir ses troupes. Avant même qu’il ne prononce un mot, ses camarades étaient déjà en liesse. Il a lui aussi apporté sa dose d’assurance. Il a commencé par prévenir « ceux qui ont sauté le champagne » pour fêter la fin de sa présidence du mois de leur « réveil douloureux ». En effet, empruntant les mots de Norbert Zongo, il précisera : « On ne donne pas la parole à quelqu’un, quelqu’un la prend ». Son message à l’endroit de la coordination des syndicats de l’éducation est simple : « Vous avez le soutien total de l’ensemble des syndicats (…). Restez déterminés, nous sommes avec vous. » S’adressant au gouvernement, il prévient qu’avec ou sans lui la lutte se poursuivra. Il invite ensuite les travailleurs à rester soudés avant de terminer : « Si dans un bref délai il n’y a pas de solutionement, notre patience a une limite ». Les ovations nourries tout au long de l’intervention du général corroborent l’assurance grandie des enseignants. Et avec juste raison, puisque le responsable de la CGTB leur transmet le soutien des troupes syndicales. Il va de soi que plus les combattants sont nombreux, plus une lutte a des chances d’aboutir.

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La CRS était sur les lieux pour assurer la sécurité de l’évènement

L’assurance des enseignants est d’autant plus justifiée par leur rôle pour la société et le développement du pays. Au regard du caractère éducatif et formateur de cette fonction, le gouvernement devrait traiter avec diligence leur plateforme. C’est ce que confirment d’ailleurs les propos du secrétaire général du F-SYNTER, M. Badiel qui compte sur la mobilisation pour « arracher ce que nous voulons ». Il se veut plus rassurant même : « Nous allons l’arracher », affirme-t-il avec conviction.

Pour finir, le coordinateur de la coordination des syndicats de l’éducation, William Zongo, rappelle qu’il s’agit de la première grève et la première marche de 2018. Ceci pour signifier que « c’est l’année de notre année ». Toute cette confiance des enseignants est bien pour le moral de la troupe.

Toutefois, au regard de certains paramètres, l’on est poussé à se demander si l’espoir est réellement permis aux enseignants. En effet, le gouvernement a déjà fait preuve de fermeté ou de silence parfois pesant vis-à-vis de revendications précédentes. En plus, même s’il consentait à céder, les ressources financières le permettent-elles ? L’on se souvient également que le gouvernement a souvent évoqué des insuffisances financières. Alors le moment est-il aussi favorable ? Dans tous les cas, les enseignants sont déterminés, surtout avec le soutien annoncé de leurs « camarades du Trésor et du ministère de la Jeunesse » qui ne feront qu’élargir la troupe. Le gouvernement gagnerait à s’asseoir à la table de la négociation s’il veut éviter certains désagréments qui pourraient envenimer la situation. En effet, si l’insatisfaction demeure, il est à craindre que les examens rencontrent certaines difficultés ou soient même boycottés. Les autorités sont donc invitées à agir pour l’intérêt supérieur de la nation.

Leroi Arthur Zongo

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