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L’incivisme : Une plaie ouverte au Burkina Faso

Nous l’avons tous tué. Le 10 Mai dernier il est sorti pour répondre à son devoir civique. Il laissait sa femme et son enfant dans l’espoir de revenir leur offrir quelque chose de retour de service. Sa femme attendait son sourire et son enfant sa tendresse. Il ne savait pas que l’image de sa femme et de son enfant restera à jamais la dernière gravée dans sa pensée. Lui, je peux le nommer Rasmané Doussoungou, Assistant de police stagiaire, décédé le 13 mai dernier suite à un acte incivique.

Faisant preuve de bonne foi en répondant à l’appel de sa hiérarchie pour réguler la circulation à Ouagadougou que l’on sait être un malaise social, il fut donc renversé par un motocycliste qui n’avait pas respecté le feu tricolore. Il a été conduit à sa dernière demeure le 13 mai passé au cimetière de Sandogo, en présence du ministre Simon Compaoré. Il laisse derrière lui une femme et un enfant noyant dans un fleuve de désespoir la vie de toute sa famille.

Le civisme au Burkina Faso agonise et la morale est dans le coma.

Rien que hier 15 mai à Ouagadougou, le député professeur Laurent K. Bado a été assommé de coups de points d’un jeune homme « qui aurait brulé le feu ». En outre, de Nagaré, Boroum Boroum, Ouahigouya pour ne citer que ces cas récents d’incivisme dans notre pays, l’on reconnait que le laxisme des autorités face à cette défiance de l’autorité de l’Etat ne cessera de parler de soi même de cette façon la plus désastreuse.

Encore, la mort d’un présumé voleur détenu à Dédougou a provoqué l’ire de la population la conduisant dans une déviance morale en incinérant les domiciles des gendarmes et les locaux de la gendarmerie qui avait détenu ce présumé coupable. Comment qualifier ces actes d’incivisme quand les hommes de sécurité qui sont censés assurer la sécurité des populations se trouvent eux-mêmes en insécurité ? Loin de s’ériger en justicier, nous nous réservons de donner un qualificatif à ces actes mais nous espérons que les populations prendront conscience de la dangerosité de l’acte posé. Quels conseils donnons-nous aux enfants ? Nous osons croire que l’on ne dira pas un jour à son enfant « brûle la maison de celui qui te cause un tort ». Dans cette dynamique le Burkina Faso sera un jour effacé de la carte du monde car aucun bien matériel et humain ne restera à cette allure où vont les choses.

 

L’on ne savait pas aussi que l’insurrection populaire d’octobre 2014 qui a permis de mettre un frein à 27 ans de pouvoir de Blaise Compaoré pouvait être une plaie ouverte du peuple burkinabé à laquelle les autorités refusent d’en apporter les soins appropriés.

Si Rasmané Doussoungou a perdu la vie pour la simple raison qu’il voulait sauver la vie d’une multitude de personnes en général et de celle de « son assassin » en particulier cela témoigne si besoin est, que l’incivisme a atteint le seuil de l’intolérable au Burkina Faso.

L’on se demande alors que serait devenue la ville de Ouagadougou si par inadvertance le policier avait percuté l’usager et que ce dernier avait rendu l’âme. Des OSC mobiliseront les populations pour réclamer JUSTICE. Aujourd’hui, un policier est mort d’une façon déplorable mais notre plus grande consternation est que la population est restée silencieuse et tout laisse à croire qu’un policier peut mourir sans aucune manifestation visible de compassion.

 

Prenons conscience !

Il faut à un certain moment que l’on sache que le civisme, la paix et la réconciliation au Burkina Faso incombe toutes les catégories sociales dans toutes les strates sociales du pays parce que nul ne peut construire un pays dans la violence. Il faut que l’on sache aussi que la construction d’un Burkina émergent passe par la volonté de tous.

Monsieur le Président du Faso ! Le pansement de cette plaie sociale tarde à venir. Et si l’on ne prend garde, nous vivrons dans un futur proche, le temps passé du prophète Moïse où la loi du talion faisait parler d’elle-même.

Croyez-nous, l’insurrection populaire reste la pierre d’angle de l’incivisme au Burkina Faso car elle ne nous a légué que des incendies par-ci, et de l’impolitesse par-là. Nous accusons cependant l’ex-président Blaise Compaoré d’avoir conduit son peuple dans cette déchéance et déviance morale car c’est son entêtement à vouloir « mourir » au pouvoir qui a réveillé les 30 et 31 octobre 2014 ces actes inciviques enfuis dans les cœurs des Burkinabé depuis un quart de siècle.

Blaise n’est plus là mais les séquelles de son régime sévissent au Burkina Faso. Que chaque citoyen sache que l’apport de sa pierre dans la construction de ce pays est capital. Que chaque citoyen sache cependant que l’avenir de ce pays l’incombe. Pour ce faire, un réarmement mental est attendu dans l’éducation scolaire, familiale et sociale. Que les parents sachent aussi raison garder car les enfants les reflètent.

Que l’on sache que l’éducation bien ordonnée commence par soi-même.

Armand kinda

Infowakat.net

 

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