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Le système éducatif au Burkina : « l’éducation, la recherche c’est l’avenir d’une Nation », dixit Souleymane Badiel.

En marge de son 30è congrès ordinaire, l’Union général des étudiants Burkinabè a organisé une conférence publique ce Samedi 11 septembre 2021, à l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou. Laquelle conférence dont le thème est : « les réformes dans le système éducatif burkinabè : enjeux et perspectives », a été animée par le syndicaliste burkinabè Souleymane Badiel, secrétaire général de la F-SYNTER, la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche. Ainsi, le conférencier a abordé assez de questions qui minent le système éducatif du pays. Interrogé sur les grands points, il répond sans ambages.

Quelle appréciation faites-vous sur les différentes réformes éducatives engagées au Burkina ?

Souleymane Badiel (S.B) : Je crois qu’il y a beaucoup de réformes qui sont engagées depuis des années dans notre pays. Et le gouvernement actuel cherche justement à renforcer ces réformes. Et des acteurs de l’éducation notamment les élèves et les étudiants sont généralement les premières victimes de ces reformes-là.

En réalité, on peut dire que beaucoup de ces réformes ont un caractère véritablement réactionnaire dans le sens justement qu’elles ne sont pas faites dans l’intérêt de permettre d’aller vers une école véritablement gratuite, démocratique et accessible à tous les enfants de notre pays.

Et il y a des réformes que le MPP (pouvoir en place) met en œuvre qui touchent les examens, la question de la gratuité, la privatisation du système, les libertés d’organisation et démocratique dans le secteur et qui touchent les questions des bourses, des questions des cantines. Tout ceci constitue, des éléments importants autours desquels il convient que justement les acteurs se mobilisent et notre peuple de façon générale puisse se mobiliser.

Le plus grand établissement du pays, le lycée Philippe Zinda Kaboré de Ouagadougou, a été fermé pour cette année scolaire. Une décision du gouvernement qui déplore le vandalisme des élèves. Quelles peuvent être les conséquences de cette situation ?

(S.B) : La fermeture du lycée Zinda nous avons déjà donné notre position là-dessus. Pour nous c’est une fermeture qui n’a pas lieu, elle ne se justifie point. C’est une fermeture qui s’inscrit dans une logique de revanche. Une logique de répression vis-à-vis des acteurs du système éducatif. Et surtout c’est une fermeture qui engendre des conséquences innombrables pour les élèves, pour les parents et pour le système éducatif.

Et de notre point de vue, il convient que le gouvernement puisse prendre la mesure de cette situation et dans un contexte d’insécurité où lui-même il reconnait que plus de 300 000 élèves sont hors du système éducatif du fait de cette insécurité. Il n’est pas juste, il n’est pas normal qu’on ferme des classes qui auraient pu permettre effectivement prendre en charge justement l’éducation de ces enfants.

On parle de rénovation, ce qui ne correspond pas à la réalité. Je voudrais rappelez que le lycée Ouézzin Coulibaly à Bobo-Dioulasso qui est construit presque sur le même schéma que le lycée Zinda a eu des difficultés par rapport à ces infrastructures il y a quelques années. Et le travail a été fait dans le sens de réinstaurer ces bâtiments surtout les bâtiments construits à niveau sans qu’on ne ferme un seul instant l’établissement. Donc vous comprenez qu’on ne peut pas nous convaincre que ce qui est visé c’est de permettre effectivement de rénover cet établissement.

L’objectif réel, justement, se trouve dans une volonté d’empêcher les travailleurs, les élèves de s’organiser. Et je l’ai dit je le répète, c’est une fausse vision, c’est une erreur et le gouvernement se doit de se ressaisir.

Pouvez-vous nous expliquer votre ressenti sur l’organisation des cantines scolaires au profit des enfants?

(S.B) : Les cantines scolaires, nous nous avons fait le constat que le document de base, les préparations des assises que le gouvernement nous a envoyé, lui-même il reconnait que les cantines ont été servies au cours de l’année scolaire qui vient de s’écouler, juste pendant quarante-sept jours.

Or dans le protocole d’accord, que nos organisations ont signé avec lui, ils s’étaient engagés à servir la cantine durant les neuf mois de l’année scolaire pour la rentrée 2020-2021. Alors quarante-sept jours vous comprenez qu’on est loin de permettre au cantine d’atteindre leur objectif qui est de permettre d’aider au maintien des élèves dans le système éducatif et de leur permettre d’améliorer leur rendement scolaire.

Donc pour nous, il faille justement regarder de sorte qu’effectivement ces cantines soient assurées à l’ensemble des élèves. Et comme nous l’avons demandé à ce que ça soit élargi aux préscolaires de sorte qu’effectivement les enfants qui sont à l’école puissent être dans des conditions pour se concentrer sur leur étude dans leur intérêt et celui de notre pays.

En termes de perspectives par rapport aux réformes, qu’est-ce que vous en dites ?

(S.B) : Il est évident que nous allons jouer notre rôle. Notre rôle c’est de continuer à nous organiser, à renforcer nos organisations pour justement faire face à ces réformes comme nous avons toujours su le faire de par le passé. Mais, je conviens aussi que les réformes impliquent des aspects au-delà de nos organisations et nous devons nous organiser avec l’ensemble des autres acteurs de notre pays parce que encore une fois j’insiste une fois pour dire, l’éducation, la recherche c’est l’avenir d’une Nation. Et les Nations prospèrent, les Nations qui avancent, qui trouvent des solutions aux problèmes auxquels elles sont confrontées. C’est celles justement qui ont su mettre les moyens dans l’éducation, dans la recherche afin d’anticiper.

Propos recueillis par Youssouf KABDAOGO
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