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Manifestation de commerçants : Qui en veut à la tête de Harouna Kaboré au sein de la majorité ?

De plus en plus des voix s’élèvent depuis la reconduction de Christophe Marie Joseph Dabiré à la tête du gouvernement pour refuser d’autres nominations de membres de l’ancien gouvernement. C’est le cas de certains se disant commerçants, qui, dans la matinée du 07 janvier 2021, rassemblés au sein du grand marché avec des panneaux et des écriteaux, rejettent une reconduction de Harouna Kaboré à la tête du ministère du commerce. Le Burkina Faso est-il tombé si bas ? Au point que des badauds pensent qu’ils ont un mot à dire dans la nomination d’un ministre.

« Non à la nomination du ministre du commerce Harouna Kaboré ; Non au mouta-mouta ; Non au sectarisme dans notre commerce ; On ne veut plus de Harouna Kaboré ; Trop c’est trop pour Harouna Kaboré ». Ce sont là les principaux messages de ces personnes rassemblés au grand marché de Ouagadougou pour « protester » contre la reconduction de l’ancien du commerce au même poste.

Des pancartes avec des ‘‘ON’’, pronom personnel indéfinis. Faudrait bien évidemment se questionner sur le ‘‘ON’’ qui ne veut pas de Harouna. Une déclaration a été brandi demandant au chef de l’Etat de prôner l’alternance. Laissez-moi rire ! Pourquoi avoir attendu la reconduction de l’ancien Premier ministre pour après demander l’alternance ? ce qui peut nous pousser à se demander si ce besoin d’alternance émane de vrais des commerçants intègres du Burkina Faso. L’idée de faire face à un groupe de personnes instrumentalisés peut d’ailleurs effleurer nos esprits ; mais orchestré par qui ? La déclaration des responsables de la Délégation Consulaire du Centre, qui dit ne pas se reconnaitre dans cette manifestation de la honte, nous conforte dans cette idée.

Allons au-delà de la personne de l’ancien ministre, Harouna Kaboré. Le comportement de ces oisifs du 7 janvier 2021 est inadmissible dans une république. Certes, ils ont le droit de manifester, mais de là à s’arroger un droit de faire pression sur le chef de l’Etat est une insulte à la Nation, à la Constitution. D’ailleurs, avaient-ils déposé une demande d’autorisation de manifester ? L’autorité communale était-elle informée de cette manifestation anticonstitutionnelle ? Pourquoi, les forces de l’Ordre ne sont pas intervenues pour arrêter de telles actes d’indiscipline caractérisée et d’incivisme qu’on ne cesse de décrier ?

La réaction de ces manisfestants est-elle légitime et/ou légale ?

En effet le choix d’une personne au poste de ministre du commerce n’incombe pas aux commerçants, quand bien même leur préoccupation soutenue est la relance du secteur du commerce, de l’industrie et même de l’artisanat au Burkina qui a été mise en berne par la maladie à Coronavirus. Le peu de considération qui peut alors s’adjoindre au cours de ce choix, c’est la formulation de leurs doléances pour les cinq prochaines années. Le choix de la personne ne leur est pas affecté. Cela est du ressors du Président du Faso et de son Premier ministre comme le précise l’article 54 de la Constitution « […] Sur proposition du Premier ministre, le Président du Faso nomme les autres membres du Gouvernement, s’ils ont recueilli l’approbation des deux cinquièmes des membres de l’Assemblée nationale. Toutefois, les ministres chargés de la défense nationale, des affaires étrangères, de l’économie et des finances ainsi que les ministres d’Etat sont nommés par le Président du Faso après avis du Premier ministre. […] ».

En guise de clarification, Roch Kaboré est celui qui a été élu, il a donc la toute liberté de former son gouvernement en mettant les hommes qu’il désire. La population n’intervient plus dans ces questions. Elle a eu le temps de le faire dans les urnes le 22 novembre dernier.

Il est nécessaire alors que ces soi-disant commerçants qui pensent que Harouna Kaboré est ‘‘indigne et incapable’’ de relever le défi de la relance de l’économie, d’attendre qu’il soit nommé et de réclamer sa tête après. Ce ne sont pas les exemples qui manquent en la matière. Moumouni Diéguimdé, ancien ministre des infrastructures et des transports du gouvernement de transition ou encore Adama Sagnon, ancien ministre de la culture, avaient tous été contraints à la démission des agents de leur département.

Le Burkina Faso post insurrection est vraiment devenu quelque chose !

Kpinbena S.

infowakat.net

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