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Médias et plublics: le gouvernement veut faire une « omerta sur le terrorisme » (AJB)

Les professionnels des médias ont dénoncé jeudi 20 juin lors d’une conférence de presse le projet de modification de loi portant modification de la loi N°025-2018/AN du 31 mai 2018 portant code pénal du Burkina Faso. Le processus de révision de cette loi n’a non seulement pas associé tous les acteurs de la presse, mais s’avère liberticide si toute fois elle venait à passer.

Selon l’association des journalistes du Burkina (AJB), ce n’est pas la première fois que les lois relatives à la liberté de la presse tentent d’être « tripatouiller ». A en croire les premiers responsables des médias, le gouvernement s’acharne sur la presse en tentant par tous les moyens de la « museler », du moins en ce qui concerne l’actualité terroriste au Burkina.

Faut-il le rappeler, ce projet de loi selon le gouvernement, s’explique par le fait que certains actes sont fortement réprouvés au plan moral par les pouvoirs publics et l’opinion nationale ». Toujours selon les pouvoirs publics, ces actes mettent en « danger la vie et porte atteinte au moral des troupes engagées dans la lutte contre le terrorisme » à travers des « publications sur les réseaux sociaux et d’autres canaux de communication d’images ou d’informations jugées stratégiques pour le succès de certaines opérations des FDS, et attentatoires à l’honneur et à la dignité des victimes de crimes et à ceux de leur proches ».

Guézouma SANOGO

Ce que les professionnels des médias dénoncent dans un premier temps c’est le fait que depuis l’énonciation de l’idée de modification de cette loi, jusqu’à la finalisation du projet et son approbation en conseil des ministres, les lignes de ce projet n’ont pas été portées à la connaissance des principaux concernés par le gouvernement. Et ce malgré toutes les tentatives d’obtenir la substance de celui-ci par les responsables des médias. « Si donc aujourd’hui nous avons connaissance du contenu du projet c’est grâce à une organisation des droits de l’homme qui nous a donné une copie », relate Guézouma SANOGO, président de l’AJB.

Le second point de discorde est le caractère liberticide et servile de cette nouvelle loi. Selon la nouvelle loi, « quiconque diffuse ou relais » par « quelque support de communication que ce soit », « en direct, dans un temps voisin, sans autorisation » des « informations, images ou sons d’une scène d’infraction de nature terroriste » est passible de d’amande et de prison.

Et le danger que revêt ce projet de loi, c’est qu’il « enferme l’opinion publique au seul discours Etatique sur l’actualité terroriste, de sorte que les médias n’auront plus le droit d’aller chercher la vraie information sur le terrain. L’article 312-18 du projet renchérit tout cela en prescrivant que « La tentative des délits prévus dans le présent chapitre est punissable ». En clair, la présence simplement d’un journaliste ou de tout citoyen à proximité d’une scène de nature terroriste peut être considérée ou interprétée comme « une tentative » de délit.

Ange L. Jordan MEDA

Infowakat.net

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