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Ouagadougou : ces enfants commerçants à la merci du bon vouloir du Covi19

Dès le 16 mars 2020, les écoles et universités du Burkina Faso ont été fermées afin d’éviter la propagation du coronavirus en milieu scolaire. Les élèves issus des familles les moins nanties s’occupent de diverses manières. Pendant que  certains aident à faire les tâches ménagères, d’autres par contre, se sont transformés en commerçants, et ce très souvent au détriment de leur santé.

 

Emma Zougmoré, élève de CM2 vend du « lotus » et des « coton tiges ». Son poste de travail c’est le carrefour de Saaba. Difficile de ne pas se faire un sang d’encre en le voyant, lui et ses copains slalomer entre les voitures et les motos pour proposer ses articles aux usagers. « C’est une manière pour moi de m’occuper et ne pas rester à la maison sans rien faire » dit-il. Et de ses dires, l’idée de ce commerce spontané ne vient pas de lui, mais de son oncle. C’est ce dernier qui lui aurait procuré un fonds de commerce à cet effet.

Inoussa Pizongo

Du matin au soir pour juste 1000 à  1500 francs CFA par jour

Dans le même cas que lui, à un carrefour du quartier Wayalghin, il y a Inoussa Pizongo. Il est aussi élève en classe de CM2, sauf qu’il vient de  Barsalgho, dans le centre nord, après la fermeture des écoles. Cette région du Burkina est l’une des plus touchée par le terrorisme au Burkina. Et tout comme le petit Emma, vendre du lotus n’était pas dans ses plans. « C’est mon frère qui m’a dit de venir à Ouagadougou faire le commerce » nous a-t-il dit.

Son espoir est de regagner les classes afin de pouvoir passer son examen.

Sur la route, nous rencontrons un autre gosse qui arpente les rues de Ouaga, en vendant des habits à la volée. Patrice Mila a 12 ans et est en classe de 6e.

Patrice Mila

Son heure de montée est fixée approximativement à celle des autres, à 8h du matin. La décente avant était autour de 18h. Mais avec le couvre-feu, obligé de rentrer plus tôt, peut importer la recette du jour.

Et en parlant de recette, celle-ci est en moyenne entre « 1000 et 1500 francs par jour ».

Nématou Nabolé

A Dassasgho, assise au bord du goudron, près de ses étales de fruits, le regard plongé dans ses cahiers, Nématou Nabolé, élève en classe de 5e, aide sa mère dans son commerce.

Elle, a plus de « chance » que les gamins précédemment rencontrés puisqu’elle a la possibilité de réviser entre deux clients.

Nécessité, précarité… fatalité 

Mais le plus gros soucis, c’est que ce petit monde, en plus d’être à la merci des accidents de circulation, se retrouve exposé aux risques de contagion au covid19. Sont-ils au courant de la maladie? Oui un peu, mais pas le choix. Sans protection, parmi tout le monde et n’importe qui à la fois, la situation de ces enfants frise la fatalité. Entre rester à la maison dans la précarité, et sortir à la rencontre du virus pour grappiller quelques mille pour soutenir la famille. Que faire?

Nafisiatou Vebama

Infowakat.net

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