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Procès putsch : L’affaire Zida s’invite encore dans les débats

Le procès du dossier du putsch manqué de septembre 2015 suit son cours. Le deuxième accusé appelé à la barre après le sergent-chef Lahoko Mohamed Zerbo, est le sergent Poda Ollo Stanislas, qui avait écopé 17 ans de prison ferme dans le dossier Yimdi. Dans son récit à la barre, il a évoqué l’affaire Zida qui avait fait des gorges chaudes pendant le jugement du dossier Ouédraogo Madi et 28 autres.

« Zida voulait installer plusieurs organes du balai citoyen (organisation de la société civile burkinabè)dans les 45 provinces en vue de faire une révolution pour faire tomber les autorités de la Transition », c’est le récit qui émanait de Stanislas Ollo Poda, accusé pour “attentat en vue de renverser un gouvernement légal, Meurtre en tant qu’auteur et complice, coups et blessures volontaires sur 42 personnes, aides et assistance aux auteurs de dégradation de biens”. Il a indiqué que le premier ministre sous la transition, Yacouba Isaac Zida a tenté de le soudoyer pour qu’il « élimine les vieux », dont le général Gilbert Diendéré, présumé cerveau du coup d’Etat manqué de septembre 2015.

Ces faits ont créé plusieurs camps au sein de l’ex Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), dont le camp de Zida (ceux qui le soutiennent dans son projet de coup de d’Etat) et l’autre camp qui avait refusé de se soumettre à son plan. Ceux qui avaient refusé de marcher avec Zida à l’époque, à en croire le sergent Poda, étaient menacés de mort. Chose qui l’avait contraint à se réfugier en Côte d’Ivoire.

Selon son récit, ce sont ceux qui soutenaient Zida qui auraient semé la zizanie pendant le putsch de 2015. Ces personnes, comme ce qui avait été relaté pendant le procès du dossier Madi Ouédraogo et 28 autres personnes, ont été arrêtées à l’époque mais aucune suite n’a été donné à l’affaire ce qui leur permit de revenir travailler contre l’ordre qui avait été établi par le RSP pendant les évènements de septembre 2015. A en croire le sergent Poda, un civil vêtu d’une tenue estampillée Balai Citoyen a été appréhendé pendant le putsch avec une arme de guerre. Cette personne aurait avoué qu’elle avait reçu la somme de 2000F pour bruler et créer le désordre pendant le putsch.

S’appuyant sur ces faits, Me Roger Nyamba de la défense a tiré la conclusion selon laquelle « il y avait des gens pendant le putsch qui travaillaient à faire échouer l’ordre qui avait été établi par le RSP ».

« Je n’ai pas fait de coup d’Etat »

L’accusé a rejeté toutes les accusations qui pèsent contre lui et même les déclarations consignées dans le procès-verbal du juge d’instruction. Pour justifier le fait qu’il ait signé le procès-verbal, l’accusé a indiqué que les auditions n’ont pas été faites dans les règles de l’art. « Toutes ces auditions, honnêtement ce n’était pas des auditions. C’était des menaces », explique-t-il avant d’indiquer qu’il comparaissait devant son supérieur hiérarchique. Sur l’insistance du parquet militaire et des avocats de la partie civile à maintenir leur position que l’accusé est de « mauvaise foi » du fait qu’il nie les faits à lui reprochés, le sergent Poda a fini par s’offusquer : « Il est vrai que je suis détenu (dans le cadre du dossier Yimdi) mais ils n’ont qu’à me respecter. Le juge même a dit que même dans l’armée mexicaine, un sergent ne peut pas donner de l’ordre à un major. On dit que nous mentons c’est bien. Mais qu’on nous dise ce que nous avons dit concrètement à l’audition. On ne peut passer tout le temps à mentir à la barre ».

Le conseil de l’accusé Zerbo, le premier à comparaitre dans ce dossier, au regard des aveux qu’il a obtenu des accusés, n’a pas apprécié la façon dont l’instruction devant le juge a été faite. « Monsieur le président, voyez-vous, nous respectons le travail des uns et des autres, mais l’instruction n’a pas été faite comme il se doit. Pour ceux qui étaient en fuite, l’instruction a été faite uniquement à décharge », s’est-il indigné.

Me Isaac Dolimana, conseil du sergent Poda, a indiqué que le parquet n’a jusqu’à présent pas fait sortir une preuve matérielle qui pourrait faire de son client coupable des faits à lui reprochés.

Revenant à la charge, l’accusé martela : « Je n’ai pas fait le coup d’Etat donc je ne peux pas faire des comparaisons », en réponse à la question du procureur à savoir si les éléments cités dans le cadre de l’affaire Zida évoquée à la barre pourraient justifier un coup d’Etat. Pour les faits de meurtre à lui reprochés, sa réponse est sans équivoque : « je n’ai pas tiré sur quelqu’un ».

Le procès se poursuivra avec l’interrogatoire d’autres accusés.

Armand Kinda

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