Le procès du putsch manqué de septembre 2015 a repris ce mercredi 21 mars 2018 dans la Salle des Banquets de Ouaga 2000 après avoir été suspendu le 27 février dernier. La cause, quelques « anomalies » ont été relevées par les avocats de la défense dans la procédure. La pomme de discorde entre les deux parties soulevée à l’ouverture du procès le 27 février dernier a persisté jusqu’à la réouverture du procès ce mercredi 21 mars 2018. Un bras de fer a alors opposé les avocats de la défense à ceux de la partie civile sur le débat de forme.

Des anomalies ont été encore soulevées à ce procès par les conseils des accusés qui estiment d’une part que Seydou Ouédraogo est président de la Chambre de jugement (qui a été supprimée par la loi 044 de juillet 2017) et non président de la Chambre de première instance, devant laquelle doivent comparaitre les accusés dans ce dossier, et d’autre part, que l’actuel Ministre de la justice René BAGORO, en tant que partie civile dans ce présent procès ne devrait pas désigner les magistrats qui devront siéger au tribunal.

Rappelons qu’au procès du 27 février dernier, le Général Kouamé LOUGUE a été récusé parce que, selon la défense, son épouse avait eu l’intention, après l’insurrection populaire d’octobre 2014, de porter plainte contre le général Gibert Diendéré parce qu’elle prenait ce dernier comme auteur des blessures dont a été victime son époux après avoir annoncé le 2 novembre 2014 à la télévision nationale qu’il est le nouveau président du Burkina Faso. La Défense a estimé que dès qu’il y a suspicion d’impartialité, l’intéressé ne peut pas siéger en tant que juge assesseur parce que les décisions qui seront prises par cette personne courent le risque d’être entachées par la partialité. La défense a donc voulu que cette même loi qui récuse le Général LOUGUE soit appliquée avec sur les décisions qui ont déjà été prises par le Ministre BAGORO dans la désignation des magistrats à siéger au tribunal.

Ces anomalies soulevées par la défense ont créé un débat houleux entre les conseils des accusés et ceux de la partie civile, depuis l’ouverture du procès à 9h (GMT) jusqu’à la suspension de l’audience aux environs de 17h20 minutes. Le parquet a souhaité que les questions soulevées par la défense soient purement et simplement écartées par le président du tribunal parce qu’il estime qu’il n’y a aucune irrégularité dans la constitution du tribunal et que le président de la Chambre de Jugement, Seydou Ouédraogo est légalement le président de la Chambre de première instance qui devrait statuer sur le sort des 84 accusés dans ce dossier du putsch manqué « orchestré » par le Général Diendéré le 16 septembre 2015.

Le procès reprend demain jeudi à 8h30 minutes !

Armand Kinda

Infowakat.net