Infowakat | Sécurité routière : Les déboires de la Police
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Sécurité routière : Les déboires de la Police

Les policiers abattent un travail difficile, il faut l’admettre. Surtout depuis l’émergence de l’incivisme où ils sont depuis lors postés aux carrefours presque chaque jour et sous le soleil parfois cuisant. S’il est important de reconnaitre leur travail, il l’est tout aussi de déplorer leurs déboires.

Voici le cas d’une dame : Mme Kanyala. Habituée des voies de Kwamé N’Krumah, elle nous raconte sa mésaventure. Venant de l’aéroport et ayant dépassé la base aérienne, elle parviendra au feu de la grande intersection. Là, elle doit tourner à droite. Le feu étant vert, elle le passe. Mais elle est obligée de perdre quelques secondes à cause d’une dame à moto surchargée qui empêchait le passage. Dès que la voie est libre, elle poursuit son chemin. Le feu de l’autre voie étant encore rouge, elle a estimé que le sien (Ndlr : elle ne le voyait plus) était toujours vert. C’est là qu’intervient l’agent de Police Kaboré qui l’arrête. Convaincue de son innocence, Dame Kanyala obéit sans inquiétude aucune. Elle essaie de lui expliquer que le feu était vert quand elle l’a passé et que l’autre femme l’a bloquée un bout de temps. Sans même la regarder, encore moins l’écouter, l’agent se contente d’exiger « les papiers de la moto ». Elle les lui remit et essaya une fois de plus d’expliquer sa bonne foi. Méprisée, elle décida d’aller s’expliquer auprès du collègue de l’agent. Après deux salutations avant que celui-ci ne réponde, elle se lance, confie-t-elle. « Puis-je parler ? », demande-t-elle poliment. « Oui », répond ‘’négligemment’’ le policier sans même la regarder. Après de longues secondes où elle s’évertuait à s’expliquer, quel ne fut son choc quand le policier répondit. « C’est votre feu vert là comme ça ? », lance-t-il. Déçue, elle retira sa clé et se mit à marcher de Kwamé N’Krumah jusqu’aux 1200 logements.

Une telle attitude est vraiment à déplorer. En effet, ces deux policiers, explique Dame Kanyala, sont jeunes et auraient pu être ses enfants. C’est intègre qu’ils fassent leur travail et qu’ils ne se laissent pas intimider par quoi que ce soit : pouvoir, argent, affinité, aînesse, etc. Par contre, le travail n’implique pas l’irrespect et le mépris, d’autant qu’il s’agit de quelqu’un qui aurait pu vous mettre au monde. Ensuite, au regard de la situation qui aurait pu éventuellement avoir un caractère atténuant, le sort de cette dame a-t-il été juste ? Peut-être les policiers ont-ils agi de bonne foi, certes, convaincus que la dame avait effectivement grillé le feu. Dans ce cas, ils auraient bien agi, mais là encore revient la notion de respect. D’ailleurs comment peuvent-ils prendre une décision juste s’ils n’écoutent même pas la supposée contrevenante s’expliquer ? C’est dire que dès lors qu’ils l’avaient arrêtée, elle était déjà condamnée sans même avoir été jugée.

Le monde à l’envers

Plus d’un usager s’est également retrouvé dans des cas similaires où en échange d’argent ils ont pu partir avec leurs engins, parfois même sous l’initiative du policier. Comment lutter contre l’incivisme si les premiers acteurs sont complices ? Heureusement, il y a des braves policiers qui font leur travail de manière irréprochable et qui sont à encourager. Mais comme le dit l’adage moaga, « un seul âne suce la farine et tous les ânes ont la gueule blanchie ». Les policiers intègres sont invités à poursuivre dans cette lancée car ils font l’honneur de ce pays. Les brebis galeuses elles, sont exhortées à renouer avec les vraies valeurs de la Police. Il est important de rappeler que tout métier, surtout ce genre, doit se faire avec amour. Ceux qui exercent mal leur métier car le considérant juste comme une issue au chômage, il n’est toujours pas tard… Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que la collaboration entre hommes de tenue et civils est plus qu’impérative, surtout par ces temps de guerre asymétrique. La collaboration sera très difficile si les populations se sentent injustement lésées par ceux qui sont censés assurer leur sécurité. Déjà que d’autres facteurs jouent contre nous, ne nous compliquons pas davantage la tâche. Pour finir, les usagers de la route sont eux aussi invités à respecter le code de la route. Car, faut-il le rappeler, en plus de mettre leur propre vie en danger, ils en font de même pour les autres citoyens et pour ces braves policiers qui sont là pour les aider. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !

Leroi

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Commentaires ( 3 )

  • Bah vous croyez que si ces agents doivent écouter tous les usagers qu’ils interpellent, ils vont s’en sortir ? D’ailleur s’ils doivent écouter tout le monde… Même les vrais fautifs diront qu’ils ont raison… Et laisser la dame partir serait de la discrimination vis a vis des autres qui sont sur place, et risque de provoquer une révolte sur les lieux

  • Alassane Ouedraogo dit Brigitte de Paris

    Vous les journalistes, à la moindre pecadille vous ecrivez pour denoncer.Merci de nous informer . Ici il y a de retenir qu’en matière de la reglementation de la circulation, ce cas ne peut etre empêcher. Vous l’avez bien dit chacune des parties ont agi de bonne foi puisque chaque parti avait raison.Or le policier en plus de sa conviction sait au quotidien que nombre d’usagers n’agissent pas de bonne foi. Donc en ce moment se fondant sur ce principe et sur sa bonne foi,le policier ne pouvait plus perdre son temps pour ecouter la maman. Il a en fait agi en professionnel car il devait continuer son travail pour lequel il est assigné. Le service au carrefour n’est pas un tribunal . Je comprends sa douleur et sa sincerité mais chacun de nous à un moment a vecu cette situation. Ce sont des situations imprevisibles et inattendues même en France , ces cas exustent personnellement j’ai vécu cette situation et tres faché je lui ai dit que j’etais comme lui et il a compris et a repliqué qu’il a fait son boulot donc il faut l’admettre ca fait mal mais sensibilisons toujours. Car la securité va aussi avec fermeté et souvent cette fermeté peut connoter irrespect

  • Sage

    Merci Alassane Ouedraogo

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