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Société : attention à l’amalgame entre peulh et terrorisme

C’était jusque-là un cas isolé et unique. Mais le 04 juin dernier, un autre incident similaire s’est répété au grand étonnement de tous. Un autre étudiant Burkinabè est arrêté et mis en prison pour incitation à la haine et à la violence, après avoir posté sur Facebook un texte qui glace le sang. Chronique d’un mal profond révélé par Facebook.

Passé récent

Le terrorisme est sans nul doute la principale gangrène du Burkina. Les trois principales régions dans les quelles il sévit sont celles Nord, du Centre-Nord et du Sahel.

En toile de fond, il y a les Peulh, une ethnie vivant dans ces régions sus citées, qui se sent doublement victime et piégée dans la lutte anti terroriste, car assimilée à tord, à des terroristes.  Les tueries de Yirgou et Arbinda en 2019, et ceux de Bargha en 2020 pour ne citer que ceux là, sont les exemples qui nourrissent ce sentiment de stigmatisation.

Ces régions du Burkina, notamment le Sahel, ont pu être pénétrées par des vendeurs d’illusion aux discours extrémistes, parce qu’elles ont été laissées pour compte par l’Etat central dans ses politiques d’investissement. L’institut Free Afrik dans son étude sur les causes du terrorisme au Burkina Faso en dit long : pas de route, très peu d’infrastructures sanitaires, une administration publique défaillante, bref, presque rien comme commodité intrinsèque à une ville. Une aubaine pour les terroristes qui ont réussi à embarquer ou contraindre des jeunes, et des familles, très souvent désœuvrées, à la recherche d’au moins un sens à leur existence.

Retour vers le présent

Depuis ces “massacres” répétés de présumés terroristes peulh, le débat sur la question de “est-ce ou pas un génocide en cours” se discute, mais timidement. Les juristes du Burkina ne se sont pas encore accordés sur la question. Pendant que le gouvernement rejette l’hypothèse de tuerie organisée, le collectif contre l’Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC) tire la sonnette d’alarme sur le sort réservé aux peulh résidant dans ces région.

La communauté peulh « a subi et continue de subir le plus lourd fardeau du terrorisme et de la lutte contre le terrorisme. Elle est triplement victime d’exécutions, le tout sous un fond de stigmatisation. Elle est victime des terroristes, victime des groupes d’auto-défense et victime des Forces de défense et de Sécurité. Et elle fait l’objet d’une stigmatisation tout azimut. Frères et sœurs Burkinabè, il est loisible de faire remarquer qu’être peul est aujourd’hui source d’inquiétude au quotidien » s’inquiète Daouda Diallo, secrétaire général du CISC.

Le cas d’Aimé Nikiéma et de ‘’Arnaud Azael Odg’, les étudiants qui ont été arrêtés pour incitation  à la haine, contre les peulh sont révélateurs d’un amalgame chronique que font certains Burkinabè entre peulh et terrorisme. Ces deux ont pu être épinglés parce qu’ils (heureusement ou malheureusement) ignoraient la loi.

Le danger pour la cohésion sociale est si grand, que le chef de l’Etat est sorti de sa léthargie pour exhorter les citoyens à ne pas céder au repli identitaire. Si ces mots du président sont à louer, il faut tout de même insister sur le fait que nous sommes tous Burkinabè, et que le terrorisme n’est pas l’apanage d’un groupe d’individus. Le premier responsable de cette situation l’Etat, et l’Etat c’est nous.

Ange L. Jordan MEDA

Infowakat.net

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