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Société : j’ai 16 ans et je suis le père de ma mère

Abandonner les salles de classes pour des petits boulots afin de subvenir aux besoins de leurs familles. C’est le quotidien de plusieurs enfants et adolescents dans les rues de Ouagadougou. Parmi eux, il y a Ori, un jeune adolescent de 16 ans à qui la vie a montré un de ses plus vilains visages.

1,70m, trapu, peau claire légèrement crasseuse et regard hagard, Ori est l’ainé d’une fratrie de quatre enfants. Issu d’une « famille non conventionnelle », il a eu une enfance difficile du fait de l’absence de son père et vit en ce moment une adolescence compliquée. Père décédé il y a deux ans et mère malade, Ori se bat comme un beau diable pour subvenir aux besoins de sa famille. A son jeune âge, il est à la fois son propre père celui de ses frères et petit mari de sa mère.

Dès les premiers rayons de soleil, la journée d’Ori est déjà remplie mais surtout monotone. A 8h il est laveur de plats dans un « restaurant par terre ». Pendant 4 heures il lave assiettes, cuillères et marmites. En retour il perçoit la somme de 10 000 francs CFA par mois. De 14h à 17h Ori enfile les bottes de vendeur ambulant d’eau. En fonction de la demande, avec une vieille barrique qu’il dit avoir ressusciter, il livre les ménages et d’autres particuliers de son quartier Pissy. A 17h Ori entame un autre championnat : celui de la cordonnerie. Assis au bord du goudron, auprès d’un mécanicien de nuit, notre « grouilleur » répare les chaussures cassées des quelques passants.

Trois boulots, et une précarité inouïe

Malgré ces trois boulots enchainés, Ori peine à joindre les deux bouts. Trente mille francs CFA, le maximum qu’il puisse gagner dans le mois. Avec cet argent, il prend tant bien que mal soin de sa famille. Sa mère, diabétique, et ménagère sans revenus est, tout comme ses trois frères âgés de quatre à sept ans, à sa charge. Le cadet, lui a encore de la chance, car étant inscrit dans une école primaire publique de la place.

Heureusement, nous dit-il, la « maladie de maman n’est pas chronique » mais vivre avec un tel poids est très difficile. Cet adolescent avait pourtant plein de rêves : devenir médecin et d’ouvrir un orphelinat pour venir en aide aux enfants qui souffrent comme lui.

Sandrine BADO (Stagiaire)

Infowakat.net

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