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Société : « Quand on parle de rastafarisme, on parle de ganja » Iman HADO

Le 11 mai 2022, le monde entier célèbre l’anniversaire de décès du célèbre artiste Jamaïcain, Bob Marley. Un artiste dont le style musical était le reggae, « la musique de l’âme » selon certains mélomanes.

Bob Marley a été celui qui a aussi porté aux yeux du monde la philosophie du rastafari, qui est désormais adoptée par bon nombres de personnes appelées « rasta ».

Au Burkina Faso, dans le monde musical, certains artistes se sont arrimés à cet esprit, d’où leur style de musique « Reggae ». Iman Hado est l’un de ces artistes burkinabè qui incarne ces valeurs de rastafari. Natif de Boulsa, l’artiste comptabilise six albums dont trois du style reggae. Il annonce par ailleurs la sortie futur d’un autre album dans les mois à venir !

Dans une interview accordée à Infowakat.net ce dernier donne les articulations de la philosophie rastafari, mais fait un feedback sur les raisons de son choix d’appartenir à cette philosophie. Lisez !

Infowakat.net (Ifwt) : Le 11 mai. Que représente cette date pour vous en tant que rasta?

Iman HADO (I.H) : C’est un très grand jour ! c’est une journée vraiment pas comme les autres. On ne peut pas dire que c’est une journée de joie, mais quand même, c’est une journée pour se rappeler de Bob Marley. Il ne faut pas qu’on l’oublie ! chaque année il faut qu’on lui donne ce qu’il nous a laissé ; Bob Marley c’est une légende qui n’est plus à présenter.

Ifwt : Votre style de musique, c’est le reggae ; Depuis combien d’années êtes-vous dans ce style musical ?

I.H : C’est en 1990 que j’ai commencé à prôner le reggae, à apprendre à écouter les messages de Bob Marley et à apprendre à m’adapter à la philosophie rastafari. Je suis un artiste polyvalent, j’avais fait l’afro-blues, j’avais joué les musiques burkinabè que j’aime beaucoup. Et donc c’est en 1990 que j’ai rencontré le reggae, le « rastafarisme », les dreadlocks. C’est aussi à cette époque j’ai commencé à m’adapter à la philosophie rastafari, à aimer, à chercher à savoir ce que c’est que le « rastafrisme ».

Ifwt : C’est quoi le rastafari ou la philosophie rastafari ?

I.H : Le ‘’rasta’’, c’est une philosophie de vie ; Bob Marley l’avait dit, ‘’rasta’’ ce n’est pas une religion en tant que telle. C’est un mode de vie adapté par des gens qui s’aiment, des artistes ; des gens qui s’unissent pour se respecter eux même, respecter la nature et tout ce qui vit : la terre les animaux ; aimer son prochain ; donner un exemple d’une vraie vie palpable à ce monde entier.

Ifwt : Pourquoi avez-vous choisi d’adopter le style rastafari et reggae ?

I.H : Le reggae, c’est une arme ! Le reggae est une histoire d’éducation c’est pourquoi je me suis mis dedans. À travers le reggae je peux imposer ma philosophie, me faire entendre et c’est à travers le reggae que les gens comprennent facilement. J’ai suivi beaucoup d’artistes depuis mon bas âge et chacun a transmis des messages positifs : un message d’éducation, un message de vie. Et c’est pour ça je me suis dit pourquoi pas le reggae au Burkina Faso ? essayer de faire du reggae à travers nos instruments traditionnels (le kundé, la calebasse la guitare basse). Je véhicule des messages simples qui attirent l’attention, pour faire comprendre que depuis le bas age, chacun doit dejà s’adapter à une mode de vie. C’est aussi des messages d’éducation, de sensibilisation, d’encouragement, d’attention et d’éveil.

Ifwt : Selon un constat, à chaque célébration de l’anniversaire de décès de l’artiste, beaucoup de burkinabè font une corrélation du « rastafarisme » à la consommation de la ganja. Est-ce que le « rastafarisme » rime avec fumer la ganja ou avoir des dreadlocks ?

I.H : Quand on parle de rastafarisme, on parle de ganja. La ganja, le rasta fume ça pour être inspiré ! pour être claire, être palpable. Je pense que tout rasta est passé par ça. Je ne peux pas dire que tous les rastas fument la ganja ; mais la ganja c’est quelque chose qui donne plus de conviction encore. On nous l’interdit parce qu’on dit que nous allons devenir rebelle ; des rebelles pourquoi ? rebelle pour dire la vérité ; ce n’est pas pour aller tuer les gens, ni être révolutionnaire ni quoi que ce soit. La ganja c’est une plante que l’on plante comme le mil, le karité. Il a seulement été interdit par le blanc, parce que la commercialisation était politisée à l’époque.

Ifwt : Le rastafarisme fait-il aussi illusion aux dreadlocks ?

I.H : Les dreads c’est le chapeau, c’est le signal qui attire. C’est comme le militaire avec son béré. Les rastas ont les vieux cheveux aussi parce que c’est sacré, c’est l’intelligence. Il y a une histoire derrière.

Ifwt : Est-ce que vous vous sentez bien dans ce registre ?

I.H : Depuis que j’ai commencé à jouer le reggae, je me sens chez moi, je me sens moi-même. Je suis fier d’être rasta ; je suis fière de transmettre un message à cette jeunesse qui a besoin d’une éducation ; je suis fière de porter des locks et d’être un exemple pour la génération de demain.

Ifwt : Votre entourage a-t-il accepté votre choix, ou comment avez-vous géré cela ?

I.H : je fais partie des premiers rastas du Burkina Faso. J’ai rencontré le « rastafarisme », les locks avec des indiens entre 1988 et 1989. Cette rencontre m’a plu. J’ai commencé à faire des looks et la première fois que je suis rentré à Boulsa dans ma famille, j’ai dû me couvrir ; je dormais même avec mon chapeau pour que mon papa ne voit pas, sinon il allait me demander des explications. Mais je croyais à ça et mon papa a été humble. Un jour je dormais et mon chapeau est partit et il m’a vu avec des locks. Il m’a dit « ah tu as des vieux cheveux ; c’est bon ça mais comment tu as fait ? ». À partir de ce jour je me suis dit, si mon papa ma donnée cette liberté, n’importe qu’elle personne ne peut plus m’empêcher. Ce qui n’était pas facile aussi c’était mes amis qui m’avaient abandonné au premier moment ; mais j’ai tenu dur !

Ifwt : En dehors de la musique, Iman HADO a-t-il d’autres activités ?

I.H : Je suis un agriculteur. Je cultive le mil le maïs, j’ai aussi une école de parrainage international. C’est-à-dire que je travaille dans l’éducation pour donner espoir aux enfants des familles qui ont besoin d’aide. C’est une école où tout est gratuit ; tout les enfants dans le besoin à Koubri peuvent y venir. Nous accueillons 200 élèves et nous faisons 100% chaque années aux examens.

Ifwt : votre dernier mot !
I.H : Mon dernier mot c’est de dire à la nouvelle génération que ce n’est pas tout ce qui brille qui est de l’or. Faites attention à tout ce que vous voyez et chercher à s’accrocher à la culture et surtout aimer sa culture ; ne pas chercher loin parce que nous l’avons a côté.

Entretien réalisé par
Alex SOME
Infowakat.net

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