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Violences à armes à feu : Les raisons d’une inquiétante et dangereuse recrudescence

En l’espace de quelques jours, la ville de Ouagadougou a été le théâtre de faits divers tragiques qui se sont soldés par le décès de plusieurs personnes. Ces violences ont  toutes au moins un point commun : celles d’avoir été commises avec des armes à feu. Et bien souvent le scénario est le même : des disputes, de violentes altercations qui se terminent par des tirs. 

Du reste ce qui s’est hélas déroulé dans la capitale burkinabè, n’est en réalité que la continuité d’un phénomène qui va en se renforçant. En cela plusieurs explications sont possibles :

Primo la fin chaotique de l’expérience révolutionnaire, le 15 octobre 1987, a laissé de côté des centaines de milliers d’armes en divagation, vestige d’une période ou la défense de la partie commandait aux populations, hommes et femmes, d’être aptes au combat. Selon les estimations, il y aurait ainsi plus de 2 millions d’armes de petit calibre en circulation dans le pays. Et les agents de sécurité éprouvent du mal à  les identifier et à les  saisir.

De temps à autre elles parviennent à en récupérer quelques-unes à la suite d’’interpellations de bandits ou au démantèlement de réseaux de gangsters. Mais il ne s’agit-là que de la pointe visible de l’iceberg. Du reste la fabrication de pistolets, certes rudimentaires mais très dangereux par des artisans locaux, reste une préoccupation majeure dont la résolution n’a pas encore donné entièrement satisfaction.

Secundo, depuis la survenue des mutineries de 2006, 2008 et particulièrement celles de 2011, de nombreux civils se sont procurés plus ou moins légalement des armes à feu pour assurer leur propre sécurité ou celle de leurs investissements. Le plus souvent ces détenteurs d’armes à feu sont des jeunes qui n’hésitent pas à exhiber leur possession, parfois dans les lieux publics et en toute inconscience.

En effet, aussi curieux que cela puisse paraître, posséder une arme est perçu par endroit comme un signe de réussite et d’ascension sociale. Ce qui aboutit malheureusement à ces dénouements tragiques que l’on constate désormais et qui semblent se banaliser.

Enfin la crise libyenne consécutive à la chute du régime Kadhafi en 2011 a déversé dans la bande sahélo sahélienne un impressionnant arsenal de guerre qui alimente aujourd’hui l’économie de la terreur. Relativement bon marché, ces armes non contrôlées, sont constitutives bien évidemment d’une grande menace pour la quiétude des populations elles-mêmes.  Certaines estimations (non officielles) évaluent la quantité du butin libyen volé et dispersé,   entre 3 et 4 millions.

 Jules SIMON

infowakat.net

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