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Entreprenariat : Maîtriser les rouages de la pisciculture est une nécessité

Au Burkina Faso, il ressort que nous produisons seulement 20% de ce que nous consommons en matière de poissons. Pour combler ce gap, beaucoup de pisciculteurs ce sont lancés dans la production de poissons, que ce soit en petite ou en grande quantité. Mais, certains sont confrontés à des difficultés par rapport à leur système digestif. Alors pour résoudre ce problème, Abdoul Kader Ouédraogo qui expérimente la pisciculture depuis plusieurs années tente d’apporter son expertise.

Selon les statistiques de la direction générale des ressources en eau, ce sont plus de 100.000 tonnes de poissons qui sont consommées chaque année au Burkina Faso. Le pays est obligé d’importer près de 60.000 tonnes de poisson par an.

La consommation du poisson local est très prisée par les consommateurs.

En plus, ce secteur procure des emplois directs et des revenus à près de 12.000 personnes dont 8.500 pêcheurs et 3.500 commerçants et transformatrices des produits de pêche.

Il contribue à la réalisation de sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté de par sa création de revenus ruraux et contribue à une meilleure nutrition de la population. Cependant, le gros problème reste le manque de formation et la non maîtrise du système digestif de poissons.

Au quartier Gounghin de la capitale Burkinabè, se dresse un élevage assez particulier dans la cour familiale.

En effet, Abdoul Kader Ouédraogo, étudiant en 3e année de génie biomédical, a choisi de pratiquer l’élevage de poissons. Les espèces qu’il a choisies sont les tilapias ou « carpes ». Outre cela, ce jeune entrepreneur a le souci d’offrir à tous ceux qui veulent se lancer dans le domaine de la pisciculture d’avoir des connaissances basiques.

Il a utilisé le peu de connaissances acquit en sciences et en technologies pour étudier le système digestif du poisson. Et les résultats ont donné une satisfaction.

Une expérience faite sur le système digestif du Tilapia révèle que leur digestion et leur grossissement sont liés à la température du milieu aquatiques. Plus les températures sont basses plus le système digestif du Tilapia fait un dysfonctionnement et la croissance est réduite. Il faut donc 1 an d’élevage pour avoir entre 250 et 300/ poissons. « Le poisson mange lorsque les températures sont au-dessus de 25 degré Celsius. Vu ce problème-là, nous avons essayé d’apporter un système technologique qui pourra chauffer l’eau pour permettre aux poissons de manger très rapidement », a expliqué Abdoul Kader Ouédraogo.

Le prototype conçu contient un système de chauffage thermostat qui va maintenir le milieu aquatique entre 28 et 30 degré Celsius. Ce qui va permettre au poisson de digérer normalement les aliments consommés. Donc, ils auront un appétit permanent, puis un grossissement entre 500 et 600g en 5 mois 10 jours. « Lorsque la température à l’intérieur de l’enceinte est atteinte, la température choisie à l’intérieur de l’enceinte est égale à la température que nous avons sectionnée. Alors le thermostat ordonne au système de chauffage d’arrêter le fonctionnement. Ce qui va permettre au poisson d’avoir la chaleur nécessaire pour pouvoir manger et cela les permet de grossir très rapidement », a-t-il expliqué. La nourriture des poissons est composée du maïs, du poisson, du son de riz, et beaucoup d’autres céréales. Pour le tilapia, la nourriture doit être composée de 38% de protéines et 40% des protéines pour les silures, pour au moins avoir un grossissement adéquat.

C’est ainsi qu’il a essayé de mettre en place une machine. Ce prototype est donc un modèle minime réalisable sur le plan macro pour une production industrielle de poisson au Burkina Faso. Cela, pour assurer une autonomie alimentaire durable. « C’est un prototype qu’on peut utiliser dans les systèmes industriels pour produire les tonnes de poissons », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne la production locale de poissons à domicile, Abdoul Kader Ouédraogo propose l’utilisation des bâches avec des supports en fer ou en bois où on peut stocker l’eau. « On peut également utiliser des bassins construits en ciment où on peut mettre l’eau et produire du poisson » a-t-il proposé.

Pour lui, il y a également beaucoup de paramètres qu’il faut contrôler. Il s’agit du paramètre d’oxygénation, et le paramètre PH si on constate assez d’iodes dans l’eau. Mais, poursuit-il, il y a d’autres alternatives notamment l’utilisation des plantes aquatiques pour aspirer les ions et rend l’eau neutre. Les plantes aquatiques sont trouvables au bord des barrages, dans la nature…

Une étude sur l’eau d’élevage de poisson prouve que cette eau est riche en matériaux utilisables par les plantes (phosphore, ammonium, potassium…). Ce qui pourrait permettre de mettre également en place un dispositif agricole doté d’un système d’irrigation automatique contrôlé par un automate. L’ambition du jeune entrepreneur est de produire une grande quantité de poissons et couvrir tout le Burkina en termes de ravitaillement. « Mon projet consiste à mettre en place un système industriel, pouvant produire des tonnes de poissons » a-t-il lancé. Le chemin est tout tracé puisqu’il connait déjà les rouages de la pisciculture.

Youssouf KABDAOGO
Infowakat.net

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