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Entreprenariat : « Quelqu’un qui entreprend au Burkina peut entreprendre même sur Mars » dixit Arsène HEMA

A la rencontre de INVIIS, une entreprise née de l’initiative de deux Burkinabè. INVIIS, c’est une entreprise spécialisée dans l’offre de services et de solutions adéquates dans le domaine du numérique. L’idée est de Arsène HEMA et Hubert N’Doh. Le développement de solutions pour les entreprises en vue de favoriser une dématérialisation des services, en partenariat avec les sociétés de télécommunications, c’est l’une des missions première de la boîte. L’objectif est de réduire d’une part la mobilité des citoyens, mais aussi, de réduire les temps d’attentes. L’une des illustrations de cette dématérialisation, c’est la possibilité pour les médias de véhiculer les informations via la messagerie. Infowakat.net vous emporte dans la découverte de ces hommes et leur entreprise. Lisez !

Infowakat.net(Ifwt) : Veuillez vous présenter

Hema Arsène (H.A) : moi c’est HEMA Arsène, je suis entrepreneur ; à la base je suis ingénieur Telecom avec un parcours initiale en électronique, qui a fini en télécommunications et qui aujourd’hui fait du développement. Je suis gérant de l’entreprise INVIIS qui est une entreprise spécialisée dans le domaine des services à valeur ajoutée.

Ifwt : Quelles sont les offres de services de votre entreprise ?

H.A : Nous sommes une entreprise dont le premier jour d’activité a été enregistré au 1er mai 2015. Notre entreprise est une entreprise spécialisée dans le numérique. Nous faisons du développement de solutions pour les entreprises, toujours en partenariat avec les opérateurs de téléphonie mobile. Nous nous concentrons sur le secteur de la dématérialisation ; nous accompagnons les entreprises avec des services à valeur ajoutée. La dématérialisation, il s’agit des solutions numériques afin de permettre aux entreprises d’enlever de leurs procédures, tout ce qui paperasse tout ce qui est procédure physique.

Nous ne venons pas changer le mode de travail des entreprises, nous venons ajouter de la valeur avec tout ce qui est numérique. Nous avons plusieurs canaux de sortie que nous proposons à nos clients qui sont l’internet ; il y a d’autres solutions qui sont le SMS, l’USSD. Aujourd’hui nous nous préparons pour la prochaine tendance qui est le RCS, qui est le future remplaçant des SMS. Les états ont compris qu’en dématérialisant les services, elles simplifient les procédures internes et permettent une meilleur traçabilité des activités, des procédures au sein de l’entreprise. Aujourd’hui par exemple quand vous prenez chaque fin du mois, un Burkinabè fait au moins quatre à cinq fois le rang, en moyenne. Et il met en moyenne 30 minutes à 1 heure dans chaque rang, pour accomplir une tâche qu’il pourrait tout simplement être assis chez lui à la maison et accomplir la tâche tranquillement. En leur proposant ces solutions de dématérialisation, nous diminuons leurs dépenses.

Ifwt : D’où vous est venue l’idée d’entreprendre dans ce domaine ?

H.A : Il faut dire que je suis un fan de technologie depuis toujours, j’ai commencé à toucher la technologie depuis ma 4e. Ma passion pour la technologie vient de là. Après mes études, je suis rentré définitivement au Burkina Faso en 2010, avec l’intention de créer mon entreprise. N’ayant pas vécu au Burkina, J’ai commencé par travailler dans une entreprise en temps que responsable opérationnel. Dans l’entreprise où je travaillais j’ai eu a rencontrer mon associé, Hubert N’Do. Il a eu à me proposer certaines solutions de son entreprise. Dans nos échanges nous avons identifié un domaine d’activité qui en réalité est très important pour le Burkina Faso, qui est le domaine des services à valeur ajoutée. Ces services impliquent une bonne compétence en technologie et en marketing. Hubert étant un expert en marketing et moi ayant mes compétences en technologie, on s’est mis d’accord pour créer l’entreprise. Les débuts n’ont pas été facile !

Ifwt : « INVIIS », c’est le nom de votre entreprise ; quel est son sens ?

H.A : (Rire) ! Au départ les gens pensaient que s’était une entreprise étrangère ! On nous a même attribué des nationalités Hollandaises. En réalité le nom « INVIIS » vient du latin qu’on a un peu retouché. Il dérivé du latin vernaculaire, qui veut dire « infranchissable ». En réalité derrière ce nom, se cache deux concept. Nous voulons aller là où c’est difficile pour les autres d’y aller ! Nous voulons franchir l’infranchissable et nous voulons toujours être en contact avec la réalité, être en contact avec le peuple. Quand nous commençons à travailler, nous le faisons pas comme une entreprise externe, on rentre dans la maison, on est avec vous, on travaille ensemble, on souffre ensemble.

Ifwt : Quelles sont les innovations apportées par votre entreprise ?

H.A : Nous apportons beaucoup ! Il faut dire qu’en réalité, dans tout ce que nous développons comme solution aujourd’hui, nous avons la particularité quand même au Burkina Faso, que nous consommons le minimum de ressources. Nos solutions coûtent beaucoup plus moins chère que nos partenaires et vous avez une meilleure qualité des services. Nous faisons toujours une analyse de « capacity planning » avant de commencer le développement d’une solution. En fait vous allez voir que toutes nos solutions sont accessibles au Burkina Faso, même avec la plus mauvaise qualité de connexion. Ça c’est un travail de fond ! Nous avons un algorithme propre à nous.

Ifwt : Combien de temps il vous a fallut pour mettre en place votre entreprise et comment s’est fait le processus ?

H.A : Pour les procédures de création de l’entreprise, cela nous a pris une semaine ; s’était en 2015. Maintenant toute la procédure de mise en place physique de l’entreprise, il a fallut du temps parce que nous avons voulu laisser maturer les choses. On s’était donné des objectifs ; on s’est dit: il nous faut atteindre un tel chiffre d’affaires pour mettre en place un bureau. Au début on louait un petit local dans lequel on bossait, au fur et à mesure qu’on a commencé à avoir des clients qui voulaient venir nous voir, on a trouver qu’il était intéressant qu’on ait un bureau pour être plus représentatif.

Ifwt : Les financements : d’où vous sont-ils parvenus pour la création de votre entreprise ?

H.A : Il faut dire que les financements sont venus de nos poches ! Jusqu’aujourd’hui, INVIIS n’a aucun prêt en banque. Depuis nos début jusqu’à aujourd’hui, nous avons emprunter zéro (0) franc. Nous avons fonctionné au départ avec un capital que chacun de nous à puisé de ses économies. Il y avait aussi un phénomène au Burkina Faso : c’est que quand on approchait des structures de financements pour comprendre un peu quelles sont les procédures qu’il y avait, on demandait des garantis qu’en ce moment on ne pouvait pas fournir. Et moi je pense que même aujourd’hui si quelqu’un a ces garanties là, il n’ira pas en banque demander un prêt [rire].

Nous avons décidé de prendre le risque nous même, de puiser de nos économies. Nous avons fonctionné comme une « Line entreprise ».

Ifwt : Êtes-vous satisfait de votre chiffre d’affaires ?

H.A : Il faut se dire la vérité, la bataille est rude dans le domaine de l’entrepreneuriat au Burkina Faso. En terme de rentabilité de l’entreprise, il faut dire que nous avons travaillé deux années voire même trois, sans salaire. Nous avons un chiffre d’affaire plus ou moins raisonnable par rapport à notre capital investi au bout de trois ans. Et ça beaucoup de nos jeunes frères qui nous approche ne comprennent pas ça.

Ifwt : Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face ?
H.A : [rire] c’est la partie que j’aime bien ! Au Burkina les gens ont tendance à voiler la partie des difficultés en entrepreneuriat.

Il faut dire que le domaine de l’entreprenariat au Burkina c’est un combat de Titans (rire) et j’aime à le dire que quelqu’un qui entreprend au Burkina peut entreprendre même sur Mars ; il n’y a pas ce lieu là où il ne peut pas entreprendre, quelqu’un qui arrive à surmonter les difficultés au Burkina. Nous avons commencé à rencontrer nos premières difficultés déjà à la naissance de l’entreprise parce que nous travaillons dans un secteur où il faut des partenariats externes pour faire fonctionner une solution ; l’une autre des difficultés que nous avons rencontrées est celle relative à l’environnement économique au Burkina Faso. L’un des problèmes, c’est les paiements, surtout pour les entreprises de services.

Ifwt : Votre dernier mot

H.A : Un entrepreneur normal qui a vraiment souffert pour créer son entreprise, s’il est honnête ne tapera jamais sa poitrine pour dire « je me suis fait seul » ; c’est pas vrai ! on se fait jamais seul ; on se fait avec tous ses partenaires avec lesquels on travail.

Moi au Burkina Faso, j’ai encore un problème avec ce concept « Start up » ; tant que je ne verrai pas un texte de loi où il est écrit correctement « Start up », tant que je verrai pas les impôts considérer le concept de « Start up » au Burkina en faisant comprendre que ces entreprises ont besoin d’un temps de maturation, d’un temps pour murir avant de pouvoir commencer à cotiser, pour moi, utiliser le terme « Start up » n’est pas cohérent !

Entretien réalisé par
Alex SOME
Infowakat.net

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