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FESPACO 2017 : le cri de coeur des exposants des rues marchandes

Comme tout évènement qui mobilise des populations des 4 coins du monde, des institutions, commerçants et hommes d’affaires profitent de l’occasion pour faire connaitre au grand public leurs différentes activités et talents. Comme à l’accoutumée, le Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (FESPACO) a une fois de plus réuni des exposants et cette fois-ci pas sur 1 ou 2 sites mais 3. Quelques-uns d’entre eux confiera infowakat ce que cette 25ème édition du FESPACO leur a réservé en termes d’affaires.

Nous commençons la visite par le stand de Sarata Sawadogo, ressortissante de Ouahigouya et membre de l’association Faso Ri-Songo de l’Union provinciale des transformatrices des produits agricoles du Yatenga. Pour elle, tout se passe bien dans l’ensemble mais elle trouve qu’il y a légèrement de l’affluence. Elle œuvre dans la transformation et la commercialisation des produits agro-alimentaires. Elle expose, entre autres, du couscous de maïs, de riz, de fonio, de mil. Du bissap, du citron et du tamarin en granulé, des biscuits de pomme de terre, de patates, de riz. A cela s’ajoute de la farine.

Ali Badra Diawara, exposant malien

Si pour elle, ça va un peu pour le marché. Les autres disent plutôt le contraire. C’est le cas de l’artisan malien, Ali Badra Diawara. « On est venu au FESPACO pour représenter le Mali. Je fabrique des objets d’art notamment les colliers, les perles en pierres naturelles du Mali, les chaussures en cuir. On a beaucoup d’objets avec pas mal de design et en plusieurs couleurs. Les styles aussi diffèrent. J’invite les uns et les autres à venir donc visiter le stand du Mali car nos articles sont moins chers. Contrairement aux années précédentes, c’est très différent par rapport à la clientèle. A l’édition passée, on exposait à la place de la nation. Maintenant, il y a beaucoup d’exposants et beaucoup de sites d’expositions dont la maison du peuple, la place de la nation, le siège du FESPACO, c’est ce qui fait qu’il n’y a pas beaucoup de clients. J’aimerai que l’année prochaine, qu’on nous attribue un seul site afin que les étrangers que nous sommes puissent également gagner quelque chose et pouvoir le raconter aux autres les années à venir. Je me rappelle qu’à l’édition passée, il y avait 2 sites, les gens se réunissaient bien et il y avait une bonne ambiance. Quant à la distribution des stands, je crois que les premiers sont les mieux servis et il ne faut pas que les organisateurs de l’évènement soit trop gourmands », a-t-il expliqué.

En effet, il n’est pas le seul à croire que ce manque de clientèle trouve son origine dans le nombre de sites. « Actuellement, le marché est un peu lent. On espère bien que d’ici le samedi les choses commenceront à aller. Sinon, jusque-là, ça ne marche pas bien. On a de jolis pagnes. Des pagnes artisanaux, du FESPACO, du 08 mars, des pagnes de marque woodin, et même prestige. On a plein de pagnes mais il n’y a pas de marché. Contrairement au SIAO où on pouvait vendre 2 millions de F CFA par jour, depuis qu’on a commencé ici, le plafond par jour c’est 150.000, 200.000 F. Et les stands sont chers. Les gens disent que c’est à mon niveau que ça va un peu. D’autres crient qu’ils ne sont même pas à mesure d’encaisser 20.000 F par jour. Mon frère a également un stand par là. Par jour, il n’a même pas 25.000 F de recettes. Je me demande si c’est parce que les gens n’ont pas d’argent ou s’ils attendent la dernière minute. Cette année, il y a jusqu’jusqu’à 3 sites d’expositions. S’il n’y avait que 2, ce serait bien. Les gens ne font pas d’embouteillage, tant qu’il n’y a pas d’embouteillage, il n’y a pas de marché. Il faut que les gens viennent beaucoup, là on va pouvoir vendre », nous a indiqué Boukaré Tiemtoré, commerçant, vendeurs de pagnes.

Madess Confection exposant bobolais

Même son de cloche chez Madess Confection. Dans ce stand, on vend des chaussures et des sacs confectionnés et habillés. Ce stand est détenu par un jeune exposant venu de Bobo-Dioulasso. « Présentement, ça ne vas pas, le marché est un peu nase. On attend de voir peut-être le dernier jour. On appelle les clients mais d’autres sont juste des visiteurs, ils viennent seulement regarder et repartent. En tous les cas, d’autres ont promis de revenir samedi. Comme c’est à la fin du match qu’on trouve le gagnant, on ne sait jamais. Sans doute, il y aura le marché après sinon depuis le 1er jour jusqu’aujourd’hui, ça ne va pas. J’expose des chaussures. On y trouve des espadris, des claquettes. Il y a aussi des sacs traditionnels. C’est moi-même qui les fabrique. J’étais au SIAO et c’était pareil mais ça a marché à la dernière minute, on espère que tout se passera bien aussi pour cette fois », nous a-t-il laissé entendre.

Assana Ismail et Ramata Konaté exposent des produits ghanéens. Elles sont ressortissantes de Wa, une localité située en terre ghanéenne. Elles exposent des tenues traditionnelles du Ghana et des tenues en pagnes, de tout genre confondu. « Nous avons des chemises, des boubous, des robes et des sacs à main. L’année dernière c’était parfait mais cette année ce n’est pas du tout bon. Les stands sont très chers et il y a de la poussière partout. Que les prochaines fois, ils essaient d’arroser un peu avant d’installer les stands. Je suis une parente à plaisanterie du Moogho Naaba. A cet effet, je souhaite qu’il vienne visiter le stand de sa cheftaine et acheter quelques un de mes boubous », a indiqué Assana Ismail.

Quant à Ramata Konaté, elle a invité est de la qualité, ça ne déteint pas au contact de l’eau, tu le porteras et laveras pendant 10 ans et il sera toujours pareil. Ce que nous vendons est différent de ce que les autres vendent, mais il faut que les gens viennent le constater d’eux-mêmes et faire la différence. Nous sommes installées au stand 8 sur la droite. Le marché est morose, il y a de la poussière, les repas sont chers, le soleil brûle. Le stand est mal installé et les rayons solaires emplissent le stand à partir d’une certaine heure. Pour le moment, ça ne va pas, mais les uns et les autres nous ont rassuré que d’ici la fin, les stands vont s’achalander, a-t-elle justifié.

La présidente de l’association des Femmes de la médecine naturelle (AFMT), Adja Somé/Drabo Kady

Si pour les uns, les affaires stagnent, cela ne constitue pas une priorité pour la présidente de l’association des Femmes de la médecine naturelle (AFMT), Adja Somé/Drabo Kady. « Le marché se passe bien car on n’est en bonne santé. Nous avons voulu faire découvrir nos services aux différentes populations car nous aussi, on s’intègre dans le développement du pays. Pour le moment, le marché est un peu lent mais notre objectif est de se faire connaître. Que la population et les étrangers qui doivent venir sachent qu’au Burkina, il y a une structure de la médecine traditionnelle, très compétente. On arrive à échanger et c’est ce qui importe. On fabrique beaucoup de produits qu’on a divisés en plusieurs catégories. On intervient en médecine générale et en spécialités. Il y a les maladies infantiles, les maladies féminines, les maladies masculines et également les spécialités. Nous avons des traitements contre les ulcères, la sinusite, l’hépatite B, une maladie qui est beaucoup contractée actuellement, les douleurs articulaires et bien d’autres. Il y a aussi les hémorroïdes qui, même à un stade avancé au point de bénéficier d’une intervention chirurgicale, la prise de nos produits naturels accompagnés d’un régime peut en faire guérir. Pour ce qui concerne les femmes, il y a l’accouchement, les fibromes, la stérilité. Quant aux hommes, il y a l’oligospermie ou azoospermie causée par une pathologie des spermatozoïdes. Pour ces cas, nous leur demandons de faire des examens et ensuite intervient le traitement à l’indigénat. Il y a également des produits contre la faiblesse sexuelle. Pour les enfants, il y a ce qu’on appelle « Kotiguè » que la médecine moderne a du mal à soigner. Nous nous donnons des produits qui sont utilisés pour le bain, quelques gorgées à ingurgiter, un petit régime, et les maux de ventre, les paies anales passent et l’enfant recouvre la santé », a justifié la présidente de l’association des Femmes de la médecine naturelle (AFMT).

Propos recueillis par Bernadette DEMBELE, stagiaire

Infowakat.net

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