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Gare de Boromo, terrain de survie pour certains, manne financière pour d’autres

Située sur l’axe Ouaga Bobo sur la route nationale n1°, la ville de Boromo est connue pour son escale, passage obligatoire des transports routiers.

C’est une escale pour les transporteurs qui permettent aux passagers de se détendre dix minutes et se ressourcer avant de prendre la dernière tangente soit vers Bobo-Dioulasso soit vers Ouagadougou. Cette pause est pour certains passagers la partie la plus importante du voyage à cause des casse croûtes bon marché qui s’y trouvent.

La viande de poulet est le menu par excellence et comme menus secondaires on y trouve de la viande de mouton, cabris, et bien d’autres amuses gueule  tels le sésame, les cacahuètes, les jus de plusieurs natures.

Déjà à l’arrêt du bus, les braves commerçants accueillent les passagers à pas de course. Certains s’infiltrent dans les bus pour offrir leurs services ou marchandises à ceux qui ne sont pas descendus.

Ces commerçants utilisent toutes sortes de formules de politesse pour attirer l’attention des clients avec des appellations du genre « tonton, tanti, grand frère, patron… » ils sont prêts à suivre le client tout le long de la pause en espérant avoir un article acheté par ce dernier. D’autres mêmes vont jusqu’à attendre leurs « proies » devant les toilettes  jusqu’à ce qu’elles finissent leurs besoins pour poursuivre les négociations.

Mais pourquoi forcer les clients à acheter quelque  chose contre leur gré ?

S’il y a bien une chose que ces commerçantes ont compris, c’est qu’il faut jouer sur les états d’âme. Elles le font parfois avec brio, mais les clients eux se sentent toujours agressés par ces stratégies markéting intrusifs.

Ce n’est pas toujours du harcèlement comme l’on est tenté de croire. Balkissa une marchande de fruits de la place, aînée de sa famille, et orpheline de père, a à sa charge une petite famille. Sa mère étant d’un âge avancé, ne peut plus travailler. Courir donc derrière les bus et les clients est la seule chose qu’elle a appris à faire. Avec un chiffre d’affaire d’environ 5000 francs par jour elle nourrit les siens et parvient à scolariser sa petite sœur.

Pour Balkissa,  le fait de se coller aux clients et leur proposer ses services est une marque de gentillesse et de bonne foi. C’est au client de juger s’il va récompenser le geste ou non. En fait, elle et ses collègues comptent beaucoup plus sur l’amabilité des clients que sur autre chose.

Un business rentable

Ali quant à lui vend de la viande de mouton à la gare. De par la position stratégique de l’escale, il arrive selon lui à écouler deux moutons par jour, à raison de 500 francs CFA le tas de viande.

La nuit n’est pas un moment de repos pour ces commerçants. Kadi, vendeuse de poulet, s’est organisé avec sa cousine de sorte que le stand soit toujours ouvert aux passages de voyageurs. Kadi est au poste la journée et sa cousine Natalie prend le relais la nuit. Et « quand le marché est bon on se change chaque cinq heures ».

Ces marchands sont aussi friands des vacances tout comme les élèves mais pas pour les mêmes raisons. C’est en effet la période des bonnes affaires car les bus sont remplis de vacanciers qui n’hésitent pas à se faire plaisir sur la route. C’est par ailleurs la période durant laquelle la gare de Boromo est le plus agitée car bondée de monde et de bus qui multiplient les vas et viens, avec un grand risque de collision.

Le plus grand regret des occupants de la gare est le fait qu’ils reçoivent au quotidien des injures de la part de certains passagers qui les trouvent agaçants.

Combien cette gare rapporte à l’économie de la ville ? Certainement beaucoup mais pas assez, car certains boutiquier nous ont confié à la sauvette qu’ils usent parfois de subterfuges pour échapper aux collecteurs d’impôts.

Frédéric KAMBOU (stagiaire)

Infowakat.net

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