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Projet Target Malaria : Des populations burkinabè en phase d’être des cobayes, selon la COPAGEN

La lutte contre le paludisme est de longue haleine au Burkina Faso. Pour en finir avec cette vile maladie qui conduit dans la tombe plusieurs personnes chaque année, le Burkina Faso a opté pour une solution scientifique. Le pays entend fabriquer des moustiques génétiquement modifiés qui auront pour seule mission de lutter contre les moustiques ordinaires. Mais cette expérimentation n’est pas sans risque et la Coalition pour la Protection du Patrimoine génétique africain (COPAGEN) ne veut pas courir ce risque. Au cours d’une conférence de presse organisée ce jeudi 5 avril 2018, la COPAGEN, pour qui des populations burkinabè sont en phase d’être des cobayes dans cette expérimentation, interpelle les autorités burkinabè sur les éventuelles conséquences que cela peut engendrer sur la santé des populations.

Ibrahim Ouédraogo, membre du conseil d’administration de la COPAGEN

Le Burkina Faso a importé d’Italie, depuis le 2 novembre 2016, des œufs des moustiques génétiquement modifiés avec la « bénédiction » de l’Agence nationale de Biosécurité (ANB). Ces œufs ont été confinés depuis le 3 novembre 2016 dans un laboratoire de l’Institut de Recherche en Science de la Santé (IRSS), à Bobo Dioulasso, pour une activité d’élevage en vue d’atteindre 10 000 moustiques mâles stériles génétiquement modifiés.

Selon le chronogramme du projet, ces moustiques seront ensuite lâchés, entre juillet et novembre 2018, pour une expérience d’observation par les scientifiques travaillant sur le projet, dans l’un des villages suivants : Bana, Pala ou Sourkoudiguin, dans la commune de Bobo Dioulasso. « Des populations burkinabè sont en passe d’être utilisées comme des cobayes dans cette d’expérimentation », alerte Mme Aline ZONGO,  Directrice INDAES formation au Burkina, qui n’a pas manqué d’égrainer différentes conséquences que peut avoir cette expérimentation sur la santé des populations.

Mme Aline Zongo, Directrice INADES formation Burkina Faso

A l’issue des échanges entre la COPAGEN et le projet Target Malaria, révèle-t-elle, il est ressorti que toutes les conditions de sécurité au plan sanitaire, pour les hommes, les animaux et leur environnement, ne sont pas réunies. Elle souhaite que l’Etat burkinabè expérimente les solutions trouvées par les pays qui ont pu, de façon naturelle, bouter le paludisme hors de leurs frontières car selon elle, les moustiques OGM ne sont pas la solution. Leur expérimentation présente de grands risques. « Face à ce risque, il faut se donner du temps de démontrer que nous sommes au risque zéro », a-t-elle dit.

La COPAGEN exhorte cependant l’Agence nationale de Biosécurité à surseoir à l’examen de la demande d’autorisation de lâcher des moustiques mâles stériles, en attendant que des réponses définitives et rassurantes soient apportées à toutes les interrogations.

Armand Kinda

Infowaklat.net

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