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Situation nationale : Les propositions de l’Autre Burkina/PSR

Encore une fois de plus, les forces armées nationales se sont vues obligées d’intervenir dans la vie politique de notre pays. Et ironie du sort, comme en janvier 2022 qui a vu la chute du régime MPP, c’est encore cette même crise sécuritaire qui fait tomber l’administration DAMIBA. On est tenté de dire que la même cause a produit le même effet !

Suite à ce nième coup de force dans notre pays, une des leçons à tirer c’est que le mal est profond et c’est le signe d’une précarité de notre démocratie. La présente déclaration se veut à la fois une prise de position sur l’évolution actuelle de la situation nationale mais aussi une contribution au processus de transition politique.

En effet, aux yeux de nombreux citoyens l’insécurité s’est aggravée comme en témoigne l’horreur de l’embuscade de Gaskindé. L’inquiétude, voire le désarroi était chaque jour plus grand au sein des populations.

La position de nombreux acteurs est passée de l’interpellation forte sur la gravité de la situation et l’absence de résultats à la critique ouverte car désormais tout va mal !

Au niveau de la direction du MPSR, tout porte à croire que les observations et critiques internes ont évolué vers des positions tendancielles très opposées exacerbant un antagonisme certain entre deux (02) camps internes, deux (02) comportements avec en conséquences deux (02) visions différentes du combat antiterroriste.

Résultat, le Président DAMIBA est tombé, des citoyens applaudissent, la jeunesse en particulier crie victoire. En abandonnant le pouvoir, DAMIBA et certains de ses proches ont choisi de s’exiler vers le TOGO voisin ; terrible erreur selon nous! Dans ce contexte de guerre, un jeune officier de 41 ans doit s’assumer, en acceptant de faire face à toutes les critiques et à toutes les sanctions éventuelles de toute nature !

Le Président KABORE, (certes, lui il n’est pas militaire et il a un vécu politique), avait donné l’exemple en refusant de quitter son pays. Le diagnostic sur la gouvernance de DAMIBA peut sembler sévère mais franchement c’est justifié.

Dans leur déclaration, ses anciens compagnons dénoncent ouvertement ses manœuvres au sein de la classe politique, les tentatives de remise en cause de l’indépendance de la justice, les choix hasardeux qui ont affaibli le système sécuritaire national et les lourdeurs administratives graves.

A cet effet l’on se demande où est donc passé le rapport des audits sur les institutions ? Ainsi, tout cela porte à croire que l’ancien président n’a pas respecté la charte de la transition précisément les orientations communément acceptées au départ.

Par ailleurs, dans certains milieux l’on n’hésite pas à dire qu’il a voulu ruser avec les acteurs de la vie nationale et que cela ne pardonne pas. Et fait caractéristique, DAMIBA a réussi à faire une large unanimité contre lui.

Ainsi ceux-là mêmes qui ont attaqué et rejeté avec une violence rare le MPSR en janvier 2022 salut le « nouveau » MPSR.

Si des voix mettent en gardent ouvertement contre ce phénomène propre aux situationnistes calculateurs, à contrario nous croyons qu’il s’agit d’une belle opportunité car ce « ralliement », s’il est sincère, pourrait en fin créer les conditions favorables à l’Union et à l’Unité véritable du peuple contre l’hydre djihadiste.

Aussi, nous saluons le courage et la détermination des FDS et des VDP qui se battent au front en côtoyant à chaque instant la mort. ! Hommage à ces dignes fils de la patrie, qui perdent leurs propres vies et ce pour protéger les nôtres.

Dans ce contexte, s’engager, comme l’ont fait les hommes du capitaine TRAORE, à conduire le combat libérateur contre le terrorisme représente un pari risqué et seuls des patriotes acceptent de le faire.

Au regard de tout ce qui précède, nous prenons acte du changement comme nous l’avons fait en janvier 2022. Désormais le nouveau pouvoir s’installe progressivement aux commandes de l’Etat et l’adoption de son Acte Fondamental le 05 Octobre en est une preuve tangible.

La marche du MPSR se poursuivra avec la mise en place des nouveaux organes de la transition, l’adoption de la nouvelle charte et probablement la priorisation des grands axes de son programme de transition.

Concernant ces organes, il n’est pas sans intérêt d’écouter ces nombreux citoyens qui doutent de leur nécessité et de leur pertinence.

En effet, les procédures de désignation, le format et la qualité des membres de ces organes, la qualité du travail ont laissé à désirer.

En annonçant la tenue prochaine des assises des forces vives les 14 et 15 Octobre, le Capitaine TRAORE a sans doute le souci de renforcer le caractère inclusif de la transition et de rechercher une légitimité populaire.

Tant mieux ! Mais comme il fallait s’y attendre, très vite certaines personnes déclarent que seule une transition civile est acceptable, allant même jusqu’à projeter leur propre profil (leur propre portrait-robot simulé) sur les réseaux sociaux comme étant le meilleur pour présider la transition.

D’autres points de vue appellent « l’armée à retourner urgemment dans les casernes et à s’en tenir à son rôle régalien ». Cette idée relève des principes généraux justes.

Cependant, la particularité de cette transition, celle d’un pays en guerre depuis de longues années doit nous faire réfléchir sérieusement. Par ailleurs, l’attelage de 2014 avec la paire KAFANDO-ZIDA, ne nous encourage pas à renouveler cette expérience malheureuse.

Aussi, la meilleure solution du moment, serait que l’armée accepte de s’assumer et d’assumer ainsi ses responsabilités.Depuis la nuit du 05 Octobre, un acte fondamental a été adopté. Et comme ce fut le cas en 2014, certains avis remettent en cause sa valeur juridique relativement à la constitution. Néanmoins la question de la présidence de la transition enregistre une nouvelle donnée très importante avec la nomination officielle du Capitaine TRAORE comme chef d’Etat à travers l’Acte fondamental et ce en attendant la tenue des assises.

En tout état de cause, nous invitons le nouveau pouvoir, la hiérarchie militaire et les acteurs (religieux et coutumiers) qui ont œuvré avec succès lors des chaudes heures des journées du 30 Septembre et 1er Octobre à éviter au pays une catastrophe sanglante, à se mettre immédiatement et activement au travail afin de créer des conditions favorables à l’adhésion des assises autour de la nécessaire responsabilisation de l’armée pour présider la transition!

Aujourd’hui, nos attentes vis-à-vis de la transition sont à la hauteur de l’extrême gravité de la situation nationale dont les tendances d’évolution suscitent de grosses inquiétudes.

A cet effet, nous retenons deux volets importants à savoir, les urgences de l’heure et les grandes réformes fondatrices. Dans le domaine des urgences, parallèlement à la mise en place des organes de la transition, nous retenons entre autres, la récupération des territoires perdus, la réinstallation des personnes déplacées internes (PDI), la présence de l’Etat sur le territoire national, la réorganisation du dispositif de défense et le renforcement de ses capacités de guerre, les mesures contre les lourdeurs administratives, l’organisation des élections etc.

Les réformes fondatrices quant à elles seront centrées principalement sur la construction à moyen terme d’une gouvernance nationale légitime.La suspension de la Constitution étant levée, désormais place à l’action ; ce à quoi le Chef de l’Etat a répondu en déclarant «  Le travail a déjà commencé sur le terrain (…) et nous voulons aller vite » qu’il faut aller vite ».

Toutefois, entendu que la transition burkinabè se déroule dans un contexte très particulier, dans un pays en guerre, grandement occupé par les forces terroristes, il faut absolument prioriser les priorités !

1-Le combat sécuritaire doit être au centre de tout car elle conditionnera toutes les autres priorités. Le temps presse et malgré le courage des FDS et des VDP, la crise sécuritaire continue de semer la désolation au sein de nos communautés. Comme nous l’avons souligné, le temps a travaillé contre nous et il pourrait toujours en être ainsi, si rien n’est fait.

De toues évidences pendant que nous passions notre temps à nous invectiver durant la présidence de KABORE, les terroristes tissaient leur toile meurtrière suivant une stratégie bien connue à savoir « l’encerclement des villes par la campagne ».

2-Puis viennent les questions en rapport avec la gouvernance nationale légitime. La mise en place d’une Gouvernance vertueuse est capitale et pourrait concerner dans une première étape, la lutte contre la corruption et la fraude électorales, la transparence dans l’action gouvernementale, la dépolitisation de l’administration, l’assainissement de la vie politique nationale ( sanctionner sans complaisance les acteurs politiques et ceux de la société civile reconnus coupables d’actes répréhensibles ; limitation du nombre de mandats aux législatives et aux municipales à l’instar de la présidentielle…), la lutte contre la corruption en générale et la fraude fiscale ; la révision des textes liberticides notamment ceux relatifs aux grèves dites politiques, la publication sans délais du rapport des Audits institutionnels et financiers, la réduction du nombre des Institutions actuelles de la République (suppression et /ou fusion : le CES, le Médiateur du Faso, le Conseil national pour le dialogue social…).

3-L’organisation des élections par ordre de priorités occupe une place essentielle au regard des engagements déjà pris. Ce qui suppose une mise à jour du calendrier électoral et une réactualisation du code électoral.

4-La redéfinition d’une autre politique de coopération fondée sur le respect de notre souveraineté et de nos intérêts propres, ce qui suppose une dénonciation des accords de coopération civile et militaire avec la France en particulier ; un renforcement des relations avec les pays voisins basées sur la solidarité africaine ; une diversification des types de rapports d’amitiés basée sur une souveraineté de choix de nos partenaires diplomatiques en mettant prioritairement l’accent sur l’amitié entre les peuples. Ce qui est en jeu n’est pas un duel entre la France et la Russie ! Du reste il faut s’en convaincre, c’est nous qui devons prendre l’initiative du changement en imposant le respect de nos choix souverains. Les autorités de Paris en particulier se trompent en se focalisant sur le fameux sentiment anti français car c’est plus sérieux que ça !

Depuis des siècles, nous avons subi l’humiliation des esclavagistes, puis la servitude inhumaine du colon français suivie de l’exploitation éhontée du néocolonialisme. Aujourd’hui, notre peuple, surtout la jeunesse rejette cette politique d’assujettissement dans des domaines de souveraineté.

La France doit comprendre que le fameux sentiment anti français n’est pas dirigé contre le pays encore moins contre son peuple, mais c’est bel et bien un refus de la politique de l’Etat français. Ce sentiment est l’expression d’une colère légitime d’une jeunesse qui, chez nous, n’est plus seulement l’avenir du pays mais qui est déjà le présent du Burkina. Dans le cadre de la coopération sous régionale, la CEDEAO reste un partenaire incontournable et aujourd’hui elle est omniprésente dans la vie politique du pays. Cette omniprésence semble se transformer en omnipotence. En adoptant en 2007 une décision importante pour faire de l’organisation communautaire « Une CEDEAO des peuples » le message semblait bien clair.

Mais en réalité, le changement est resté centré surtout sur les processus électoraux et la « gestion » des coups d’Etat et l’on constate que sa mission classique n’a point donné des résultats probants. Au contraire l’organisation a souvent avalisé des situations politiques fondées sur les présidences à vie, le règne des dictatures, l’intronisation de père en fils, le tripatouillage des constitutions pour un 3ème mandat et la fraude à grande échelle en particulier.

Aucune surprise si la jeunesse rejette aujourd’hui cette CEDEAO. 5-La question de la réconciliation reste une grande préoccupation mais franchement les maladresses de l’administration DAMIBA lui ont porté un coup d’arrêt.

Du reste, on l’a souvent dit la réconciliation nationale qui peine à convaincre chez nous est un véritable serpent de mer. Compte tenu de notre expérience et de celle d’autres pays, le processus de réconciliation nationale est un parcours de combattant.

Aujourd’hui, tout semble bloqué ! 6-Le principal pilier de changement politique du MPSR c’est la refondation. La notion de refondation renvoie à celles de rénovation et de réhabilitation en vue d’un changement qualitatif. La refondation de l’Etat portera sur la nature et la forme de l’Etat, ses attributs, ses institutions.

Au total la refondation mettra en œuvre des réformes suffisamment profondes, des réformes fondatrices. Mais l’on se rappelle qu’en 2008, le manifeste du mouvement de refondation nationale disait « Pour obtenir la Refondation d’ensemble de la gouvernance nationale, il n’y a pas seulement à reconnaître l’état de crise, à en appeler à gorge déployée à la Refondation, à lui donner un contenu, il y a aussi à dégager les moyens d’atteindre cet objectif. C’est la question fondamentale de la démarche stratégique… ». Néanmoins, il faut tenir compte du fait que le MPSR s’est engagé officiellement dans un processus de refondation.

Certes, il pourrait s’avérer très compliqué de mener ces reformes de grande portée à termes dans le cadre de la présente transition du fait des contraintes évidentes. Toutefois, il est possible d’en tracer des sillons irréversibles pour permettre à la classe politique et aux futurs dirigeants du pays de s’en inspirer pour bâtir le Burkina de demain.

Nous en retiendrons essentiellement 04 grands domaines : la politique, l’économie et le social, la sécurité et la coopération internationale :

-Dans le domaine politique, l’objectif est de mettre fin à l’injustice politique, à la monopolisation des pouvoirs par des individus ou groupe d’individus qui viole les principes constitutionnels de la concurrence politique et les droits des citoyens.

– Au plan économique et social, il faut combattre les injustices dans ce domaine, renforcer le processus de liquidation totale des monopoles économiques injustes qui violent les principes constitutionnels de la concurrence économique et les droits des consommateurs d’une part et d’autre part, l’égalité des citoyens en termes de droits Sociaux.

– Au plan de la coopération internationale, il s’agira de rejeter l’injustice internationale, dénoncer les anciennes relations néocoloniales en termes d’accords et les monopoles des multinationales en particulier qui compromettent la concurrence internationale et les droits des peuples souverains.- Enfin, sur le plan sécuritaire, il faut proscrire fermement les guerres injustes en particulier cette guerre à laquelle notre peuple fait face, par un renforcement exceptionnel des capacités de guerre des fds, la création des conditions pour une unité sacrée du peuple contre l’hydre terroriste, la reconquête de toutes les terres perdues, l’institution d’un service militaire obligatoire dans l’armée, pour toute citoyenne et tout citoyen ayant l’âge requis, le reversement d’une part importante de toutes les subventions publiques, sans exception et reversement des fonds des grosses caisses noires pour l’effort de guerre ; enfin le retour des communautés dans leurs localités d’origine ! In fine, la refondation pourrait être basée sur le principe de la primauté du social sur la politique et celle de la politique sur l’économie.

Ouagadougou, le 09 Octobre 2022

LE CHANGEMENT C’EST MAINTENANT !

QUE DIEU PROTEGE LE BURKINA FASO

Dr Alain Dominique ZOUBGA

Président de l’AUTRE Burkina/PSR

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