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Tension politique dans la commune de Saponé : L’opposition prône une gestion participative

Après les élections municipales du 22 mai dernier la tension n’a pas cessé de monter d’un cran dans l’élection du maire de la commune de Saponé. Le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) a remporté la municipalité sur les deux partis alliés de l’opposition que sont l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) et le Congrès pour la Démocratie et le progrès (CDP). Les conseillers municipaux de l’opposition ont, à cet effet, tenu une conférence de presse ce lundi 25 juillet 2016 à Ouagadougou pour situer l’opinion publique sur l’évolution de la situation qui prévaut dans cette commune.

cfop2A l’entame de leur déclaration, les conférenciers ont fait savoir aux hommes de médias que la situation que vit la commune de Saponé n’est pas un fait du hasard car, ont-ils affirmé par la voix de Kouliga Nikiéma, Secrétaire Général (SG) de la sous-section UPC de Saponé que « la commune de Saponé a toujours eu mal à sa gestion depuis l’érection des communes rurales, même si la mairie a toujours été l’affaire du parti majoritaire ». En rappel, après les élections dans la commune de Saponé, le MPP avait 41 conseillers, l’UPC 33 et le CDP 6. Cela va sans dire que le parti au pouvoir avait 41 conseillers contre 39 pour l’opposition dans cette commune. Etant donné qu’aucun parti ne jouit d’une majorité écrasante sur les autres, « l’idée acceptée par l’UPC et le CDP d’une part et le MPP de l’autre a été de dire que chaque camp allait briguer le poste de mairie, mais une fois le maire élu, une suspension de séance serait demandée pour que les deux camps se concertent pour former le bureau de la mairie proportionnellement aux forces de présence », a expliqué Kouliga Nikiéma.

Le jour du vote, à l’entendre, trois tours ont été nécessaires pour élire le maire. Au premier tour, l’UPC-CDP avait 39 voix contre 40 pour le MPP avec un bulletin nul. Le second tour a donné exactement le même résultat que le premier tour. Au troisième tour les deux partis avaient 39 voix chacun contre 2 bulletins nuls. C’est l’égalité parfaite envisagée par le code électoral en son article 253 qui prévoit que dans une telle hypothèse, le candidat le plus âgé est élu. Sur cette base, « le candidat de l’opposition, moins âgé de 5 mois que celui de la majorité a été battu ». Ce fait reste alors la cause principale du « scandale de Saponé » car selon le SG, au lieu de mettre en œuvre le consensus voulu par les populations à la base et accepté par les partis, les conseillers MPP ont rapidement relancé l’élection du 1er adjoint au maire qu’ils ont remporté à 41 voix contre 39. « Vous comprenez que les choses venaient de déraper », a-t-il rappelé.

Kouliga Nikiéma, le SG de la Sous-section de l’UPC, porte-parole des conseillers de l’opposition politique de Saponé.
Kouliga Nikiéma, le SG de la Sous-section de l’UPC, porte-parole des conseillers de l’opposition politique de Saponé.

Le SG révèle que le parti majoritaire avait confié deux postes à l’opposition. Chose que cette dernière a refusé parce qu’elle voulait 4 postes à savoir le 1er et le 2e adjoint au maire et deux autres postes. Cette conférence de presse, à en croire les conférenciers, poursuit l’objectif d’élargir le cercle de l’information sur la situation de la commune après ces élections qu’ils qualifient de « lamentables ». Les militants de l’opposition politique à Saponé déplorent cependant l’attitude « irresponsable des militants locaux du MPP qui font vraiment montre de myopie politique ». De ce fait, « les conseillers de l’opposition ont décidé que du moment que les populations de Saponé manifestent contre la forfaiture commise par le maire et son équipe, ils n’iront pas siéger avec ces derniers au conseil municipal », foi de Kouliga Nikiéma avant de révéler que « l’opposition politique demeure ouverte » à toute recherche de solution pour éviter à la commune de continuer « de végéter comme elle le fait depuis le début de la décentralisation intégrale », a-t-il soutenu. Ainsi, l’opposition politique se dit être persuadée que le maire élu et son bureau ont la solution aux problèmes « qu’ils ont créés par manque de vision politique », a conclu Kouliga Nikiéma.

Armand Kinda

Infowakat.net

 

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