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Jugement des Ex-RSP : La défense attend maintenant les réquisitions du commissaire du gouvernement pour se « lancer dans l’assaut final ».

Depuis le 5 janvier 2017 à ce jour, les éléments de l’ex-RSP, inculpés dans le dossier Ouédraogo Madi dont les chefs d’accusation sont principalement l’association de malfaiteur et la détention illégale d’armes et de munitions de guerre, sont entendu tour à tour devant le tribunal militaire sur ces faits. A ce jour, 11 janvier 2017, l’évolution du procès a amené le président du tribunal à vouloir « requalifier » les faits ou juger les accusés en tenant compte des faits sur lesquels ils n’ont même pas encore été entendus. Comme nous l’avons toujours fait depuis le début du procès, nous avons entendu les avocats de la défense à la suspension du procès aux environs de 13h 05 minutes.

Me Odilon Abdou GOUBA, un des conseils des accusés

Il y a des accusés qui n’ont pas reconnu certaines pièces à conviction et il y a certaines pièces à conviction qui ont complètement disparu. Les avocats réclament cependant l’enregistrement sonore qui inculpe certains accusés. « Nous sommes surpris que cet élément fondamental  sur lequel l’accusation s’est fondée pour poursuivre les 29 personnes fasse défaut à ce stade du procès », soutient Me Odilon Abdou GOUBA avant d’estimer que cela traduit tout simplement « la légèreté » des poursuites et le caractère « non fondé » des accusations qui sont portées sur ces militaires.

A savoir si l’on doit s’attendre à une requalification des charges qui sont retenues contre les militaires, Me Odilon Abdou GOUBA a fait savoir qu’il est inadmissible d’inculper une personne sur une infraction qu’elle ne s’est pas encore fait entendre. Pour lui, l’instruction qui a été faite à la barre a porté sur la détention illégale d’armes et sur l’association de malfaiteurs et non sur un quelconque complot. Il constate cependant que le tribunal veut « nous ramener » sur le complot militaire qui est prévu par l’article 190 du code justice militaire. Et selon lui, cette action est « très grave » parce qu’elle va en violation des droits de la défense. « Une personne ne peut pas être condamnée sans avoir eu l’occasion de se défendre sur ce qu’on lui reproche », a-t-il martelé. A cet effet, pense-t-il que l’action de vouloir juger une personne sur un fait que cette dernière n’a pas été entendu « viole allègrement » les droits de la défense. Cependant, les avocats entendent dénoncer ce fait car cela donne, selon eux, une « mauvaise » image de la justice militaire.

Lire aussi : Audience des ex-RSP : « Les gens forcent pour leur créer des problèmes », dixit Me Christophe BIRBA

Me Christophe BIRBA

En ce qui concerne les déclarations faites hier devant le tribunal, Me Christophe BIRBA a bien voulu d’abord fait savoir à ceux qui pensent que le caporal Madi Ouédraogo a évoqué le nom de Yacouba Isaac Zida pour une stratégie de défense,  que le caporal a du même coup informé les deux généraux que sont le Gal Pingrenoma Zagré et le Gal Gilbert Diendéré, du complot que voulait entreprendre Zida contre certaines personnalités. A cet effet, pour la bonne suite de la procédure, dit-il, «  nous avons demandé au tribunal d’user de ses pouvoirs conformément à l’article 118 du code de justice militaire et faire comparaître ces généraux pour qu’ils puissent confondre Madi s’il y a lieu ». Et selon lui, le tribunal a retenu qu’à cette étape du procès, il n’était plus opportun de faire comparaitre ces personnes. Ainsi, pense-t-il que le tribunal est soit définitivement convaincu de ce qu’il y a eu complot contre le caporal Madi Ouédraogo et compagnies « auquel cas ils vont être acquittés », soit le tribunal lui-même « ne veut pas découvrir la vérité », a-t-il insinué. A l’entendre, lorsqu’un accusé fait des déclarations et que le tribunal a la possibilité de vérifier, « la bonne administration de la justice voudrait que les intéressés soient entendus ».

En ce qui concerne la requalification des accusations dont semblent être victimes les militaires, Me Christophe a estimé que « si le tribunal, nonobstant les déclarations claires et pertinentes de Madi, n’est toujours pas convaincu qu’il y a un complot qui est organisé contre les accusés, il veut donc définitivement les cuisiner » parce que, révèle-t-il que cette infraction prévu à l’article 190 du Code de justice militaire prévoit un emprisonnement à perpétuité.

Mais le conseil se dit profondément à l’aise parce que selon lui, les mêmes éléments qu’il faut pour constituer l’association de malfaiteurs doivent aussi être réunis pour constituer les éléments de complot militaire. Et à l’en croire, pour qu’il y ait complot aux termes de l’article 190 du code de la justice militaire, « il faut une résolution concertée et arrêter en vue d’attenter à la vie du commandant de formation militaire ». Cependant, même si au moment du procès il est ressorti qu’il y a eu concertation pour attaquer la maison d’arrêt, Me Christophe BIRBA a fait savoir qu’il  n’est pas  ressorti de l’instruction qu’il y a eu une résolution arrêtée. « La loi dit concerter et arrêter », a-t-il insisté. Et vu que, pendant le procès il est ressorti que les militaires ne se sont pas entendus sur ce projet d’attaque de la maison d’arrêt, explique-t-il, la défense se dit être à l’aise sur ce point et dit attendre les réquisitions du commissaire du gouvernement demain matin pour, « nous lancer dans l’assaut final », a-t-il conclu.

Armand Kinda

Infowakat.net

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